LE CAMP DE CÉSAR DEVANT LA VILLE D'ALISE
CÉSAR, LABIÉNUS, CÉSAR seul.
Ce Vercingétorix est un homme important, Ennemi dangereux — je l'ai battu pourtant^ Il est ambitieux, veut jouer un grand rôle,
Souriant.
Fonder un grand pouvoir. Le César de la Gaule... Non, il n'est qu'un César.
Entre Lablénus.
Eh! bien Labiénus, Les travaux...
LABIÉNUS
Terminés. Deux fossés continus, Du fossé principal à la ligne avancée De tes retranchements par toi-même tracée, Sont creusés maintenant ; tous les deux en hauteur Ont quinze pieds, autant de pieds en profondeur.
llil • CKSAR.
D;ins l'un on ;i romluil du lUnivo l'oaii courante
Kl phu'i'' par iU'n-it"'ro un laliis dont la ixMilc
Esl di' doti/.i' piiHls, l'anîrc en avant des travaux,
Muni d'un parapet couronné de créneaux,
Est hérissé de troncs fourchus qui le défendent;
De cent pieds en cent pieds des tours partout s'étendent.
Ainsi tout fut prescrit, fut arrêté par toi.
CÉSAR
C'est bien, cela s'est fait Irès-proinplenicnt, je voi;
Mais ce n'est pas assez : cette ville d'Alise
Par sa position est forte, une surprise
Peut être à craindre et doit, à tout prix, s'empêcher.
Le point essentiel, c'est se bien retrancher.
Que de nouveaux fossés soient creusés, qu'on y place
A petite distance et d'espace en espace
Dos troncs d'arbres aigus par en bas bien liés.
Qu'on en forme cinq rangs éloignés de deux pieds,
Qu'on dispose en avant des fossés, en quinconce.
Et que dans le terrain avec force on enfonce
D'autres troncs moins épais ou des rameaux pointus,
La terre dépassant de cinq doigts tout au plus.
Que, pour cacher l'embûche on rassemble, on entasse
Des broussailles, des joncs, des osiers; que l'on fasse
Huit rangs de ces rameaux de la sorte aiguisés.
LABIÉNUS
Selon ta volonté tous seront disposés.
CÉSAR seul.
Bien commencé. Malgré sa renommée ancienne Celte cavalerie a fui devant la mienne. Puis j'ai des alliés; en aide à mes Romains, J'ai bien fait d'appeler les cavaliers Germains.