‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 10 sur 159 · DRE CE · texte numérisé non relu

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mença sous les auspices de Louis XVI, en 1780. La Révolution interrompit les travaux... Quand on put soriger à en reprendre l’exécution, le régime financier de l’entreprise dut être changé pour qu’elle pût être menée à bonne fin : le canal &e Beaucaire fut l’objet d’une concession temporaire, le 27 floréal an X. Lies travaux se prolongèrent jusqu’à la fin de 1811.

L'amélioration de la Radelle fut confiée à la compagnie concessionnaire au canal de Beaucaire. Il n’y avait enfin qu’à fermer l’hiatus de l’étang de Mauguio dont la navisation devenait de plus en plus difficile: il y fut pourvu en vertu de la loi €u 5 août 1821 par la Compagnie Usquin, qui obtint la concession du canal des Etangs à charge par elle de creuser le « canal latéral à l’étang de Mauguio ». Ce nouveau travail fut livré en 1824*, La ligne d’eau entre Cette et Beaucaire fut alors complète. De tous ces troncons, d’époques et de capacités différentes, on a fait le (eanal du Rhône à Cette » dont après un siècle on a entrepris l’amélioration *.

$ 7. Lies VOIES FERRÈES

Moins de vingt ans après, l’heure des chemins de fer allait sonner, Une compagnie, représentée par MM. Mélet et Henry, établit la ligne de Montpellier à Cette qui, inau-

1 Voir principalement: J. Viguier, Bulletin de la Soc. lang. de géogr., XIT, 281.

2 L'Etat fit aussi creuser par la compagnie Usquin 2 kilomètres de canal pour conduire le canal de Lunel dans celui de la Radelle. Projeté en 1825, ce travail fut fait en 1826. (Arch. des P:et:Ch.)

3 Les Géographes, simplificateurs par métier, mais dont l’information date parfois, continuent de parler d’un canal des Etanigs conduit jusqu’au Rhône et négligent l’appellation officielle qui a le mérite de l'exactitude.

gurée le 8 mars 1839, ne fut ouverte au trafñie des vovageurs que le 9 juin de la même année et à celui des marchandises qu’en 1842, Elle devait se fondre dans le réseau de P.-L.-M. en 1862. Mais les soucis et les rivalités se firent jour dès 1842, quand il fut question d’ouvrir la ligne de Marseille au Rhône: Cette, Nîmes et d’autres centres appuyèrent le tracé par Tarascon (projet T'alabot), contre le tracé direct entre Marseille et Avignon (projet Montricher) qui fut abandonné.

La ligne en direction de l’ouest souleva aussi de nombreuses difficultés. Un premier tracé l’établissait au nord de l’étang de Thau, la rapprochant de Cette au moyen d’un crochet qui devait la relier à la voie de Cette à Montpellier. En 1845, l’opinion locale! redoutait l’exécution de ce projet. Mais ce fut bien autre chose quand, par l’organe de son conseil municipal, Montpellier s’avisa de demander que de Bouzigues la ligne « de l’Océan à la Méditerranée » fut dirigée sur Montpellier directement. Cette proiesta et des pétitions véhémentes furent adressées à la Chambre des Pairs et à celle des Députés ?. Cependant on se montrait ici adroitement modérés: un conseiller municipal cettois ayant proposé de demander le tracé per Agde (c’est-à-dire le tracé actuel), le Conseil rejeta la proposition après explications du maire qui voulait éviter de compliquer le débat, De même, Agde et Pézenas ayant voulu entrer en rivalité pour obtenir d’être placées sur la nouvelle grande ligne, Cette décida de demeurer neutre, Le tracé direct, par Agde et le sud de l’étang de Thau, fut enfin adopté par le Conseil des Ponts et Chaussées, le 5 décembre 1853, et la ligne s’ouvrit le 22 avr 1857 entre Cette et Toulouse, la section Toulouse-

LVoir Daruty: Notice sur Cette, suivie de détails statistiques, Cette, 1845.

2 Délibérations des 22 janvier et 4 février 1846, Archives mun. de Cette,

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Bordeaux étant déjà en service. Bientôt après, les lignes se inultiplièrent dans l’hinterland de Cette.

En résumé, on va par le rail: de Cette à Montpellier, Cepuis le 9 juin 1839; à Nimes, Alais et Beaucaire, depuis le 9 janvier 1845; à Tarascon, Avignon et Marseille, depuis le 17 juillet 1852; à Lyon et Paris (avec transbordement à Lyon), depuis le 16 avril 1855; à Paris (sans quitter le rail), depuis le 10 octobre 1856; à Toulouse et Bordeaux, depuis le 22 avril 1857; à Perpignan, depuis le 12 juillet 1898 ; à Graissessac, depuis le 28 décembre 1858; à Lodève, depuis le 14 août 1863; à Rodez, depuis le 14 mai 1880; à Castres, depuis le 10 novembre 1889.

$ 8 — Les ROUTES

Si la mer, les étangs, puis les canaux et les chemins de fer ont été les voies préférées du commerce de Cette, la voie de terre n’y à pas été totalement négligée. Dès l’époque où 1l commença les travaux du port, Riquet, contre concession d’une pêcherie, établit une peyrade pour faciliter la traversée de l’Efang aux nombreux ouvriers qu'il occupait. Plus tard, une route fut établie et la peyrade primitive, coupée par le canal des Etangs, fut dotée d’un pont peur franchir la nouvelle voie d’eau (1711-12). Par la suite, lors d’une autre amélioration, la peyrade fut enfin remplacée par le pont actuel: ce fut vers 1740, car l’intendant le Nain d’Asfeld écrit, dans un mémoire de 1744 que «le chemin de Cette vient d’être magnifiquement réparé ».

La route sortant de l’île de Cette.se bifurquait au (mas de Blanquet », aujourd’hui partie intégrante du village de la Peyrade. Une direction menait à Montpellier par Frontignan et le bord des étangs; l’autre chemin rejoignait à Fresealy la route de Montpellier à Toulouse, qui servait alors au transport des dépêches du commerce et permettait d'amener à Cette les produits de toute la région formant

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comme un éventail entre Pézenas, Lodève et Montpellier, et trop éloignée des étangs pour bénéficier des transports par eau.

Avant le wagon-poste et le télégraphe électrique, c’est sur ces routes que les négociants cettois des deux derniers : siècles tàchaient de faire rouler, sans tron de retards fâcheux, « la brouette » ! qui leur apportait des commandes.

1On désignait par ce terme désuet la voiture à deux roues faisant le service des postes entre Montpellier et Cette et qui prenait deux voyageurs.

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