‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 100 sur 159 · LEO CRE 3.276.685 HI. 10.830.000 HI · texte numérisé non relu

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On remarque toujours le même parallélisme entre les deux chiffres; tous deux sont, en effet, en fonction des récoltes françaises. Il convient de noter le chiffre de 1891 pour la France, qui constitue une sorte de sursaut. En effet, en prévision du nouveau tarif douanier, le commerce constitua des stocks. Cette particularité ne se retrouve d’ailleurs pas dans le chiffre des importations cettoises à cette même date. |

La moyenne des importations par Cette fut, pour la période 1892 à 1898, de 1.600.000 1, alors qu’elle avait été, pour la période 1882 à 1892, de 2.900.000 h1.

La chute était raide, et l’on conçoit aisément que le Commerce cettois n’ait pas ménagé l’expression de son animosité contre les funestes tarifs de 1892. IT avait donné à prévoir que l’illogique taxation au degré amènerait une importation intense de vins mouillés, et cette prévision se réalisa. Mais c’est surtout le taux des nouveaux droits qui Jui avait porté le coup le plus dur. Le tarif des conventions de 1882 était de 2 francs jusqu’à 15°9; le tarif de 1892 amenait les taxations suivantes, au tarif minimum: 7 fr. pour des vins de 10°; 10 fr. 15 pour des vins de 12°, et 14 fr. 80 pour des vins de 15°. On voit quelle énorme différence de taxation en résultait, principalement pour les vins à fort Gegré qui, malgré que leur importance relative eût baissé, constituaient encore l’essentiel des entrées de vins étrangers.

Pareille chute n’étonna nullement notre commerce local. N’y était-il pas pleinement préparé dès 1890, lorsque la Chambre de commerce écrivait: (€ Il apparaît comme très certain que si, avec la reconstitution de nos vignes et les traitements curatifs de toutes les maladies eryptogamiques, nous arrivons à des productions moyennes plus considérables, avec des qualités meilleures, cette importation est appelée à diminuer d’année en année, par la seule force des faits » ! Sans doute nos commerçants pouvaient estimer que la loi de 1892 était venue trop tôt hâter l’effet de (la seule force des faits ». Mais il fallait se résigner. plus tôt, simplement. Ne savaient-ils pas que c’était encore cette même force des faits qui avait, vers 1876, créé brusquement l’importation exotique? Le phylloxéra avait bien fait la fortune de Cette, suivant la loyale expression de sa Chambre de commerce. Néanmoins notre négoce n’abandonna pas la lutte sur le terrain douanier; il la reprit, heureusement d’ailleurs, dans l’affaire des entrepôts spéciaux que nous étudierons plus loin *.

$ 3. — Vins D’ESPAGNE ET VINS D’ALGÉRIE

Parmi les vins exotiques, les (€ espagnes » contimuaient à tenir la première place. Le tableau suivant permet d’apprécier la brusque décroissance qui résulta de l’application du tarif de 1892. Il fut importé à Cette:

En 1890 d’Espagne 2.879.640 hl., d'Italie » hl. — 1891 LE 2.827.142 — —— D» — HSE CE 1.682.856 — — 8.461 — ==2.,1893 — 763.841 — — 370 — — 1894 — 476.971 — — D —

1 Chambre de com. Réponse au questionnaire..., 1890. 2 Voir même chapitre, $ 6.

En 1895 d’Espagne 894.843 D, d'Italie 32 hl.

De 1891 à 1892, il y eut dans le mouvement d’importation des vins espagnols une chute énorme qui devait encore s’accentuer par la suite, La différence entre les années 1891 et 1892 eñit été encore plus grande, si la France avait continué à appliquer le tarif général aux vins espagnols. Ce fut, en effet, ce tarif qui joua dès le 1° février 1892, puisque le gouvernement français ne renouveläit pas le traité franco-espagnol du 6 février 1882. Or ce tarif général imposait les vins de 12° à 15 fr. 60 et ceux de 15° à 19 fr. 80. C'était une véritable prohibition; le mouvement d'importation des vins de fort degré fut presque absolument arrêté. Mais les négociations en cours entre les gouvernements français et espagnol avant abouti à l’établissement d’un modus vivendi, la France accorda, à dater du 30 juin 1892, le bénéfice de son tarif minimum qui, lui du moins, ne constituait pas une barrière infranchis-

sable !. Néanmoins, répétons-le, l’application du tarif minimum eut des conséquences désastreuses, quant aux entrées des « espagnes » par Cette. La moyenne des importations de vins espagnols par Cette avait été de 2.470.000 hl pour la période 1882 à 1892; elle fut seulement de 1.033.000 pour la période 1892 à 1898: c’était une réduction de plus de 50 %. |

Quant à l’importation des vins d’Italie, elle avait été irrémédiablement ruinée en 1888 par l’application des droits de 20 fr. par hl. En 1892, la France appliqua à l’Italie son tarif général, et les entrées des Citalies » par Cette continuèrent à rester insignifiantes.

Le terrain perdu à Cette par les vins espagnols fut en partie regagné par les Calgéries », dont l’importation continua le mouvement ascendant qu’ils avaient nettement

1 Lourties. Les relations commerciales entre la France et l’Espagne, p. 68 et sqs.

DST

mt) à

marqué avant 1890. Nous ne possédons pas de chiffres pour cette période; néanmoins on peut présumer l’importance

de ce développement en notant que l'importation des vins

d’Algérie en France, qui était de 1.224.628 hl en 1888, passait à 2.821.639 hl en 1892 et à 3.228.000 hl en 1898.

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