‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 105 sur 159 · LA QUESTION DU CHANGE ESPAGNOL · texte numérisé non relu

LA QUESTION DU CHANGE ESPAGNOL

Depuis plusieurs années, la parité entre le france et la peseta était rompue au profit de la France; à tel point au’en 1898 la monnaie franciase gagnait, au change, en moyenne 53,6 %. Les viticulteurs prétendirent que cette rupture d'équilibre permettait aux importateurs d’acheter ies vins espagnols à des prix infimes. Ils déclaraient même que ce bénéfice du change annulait à peu près exactement jes droitsde douane. Et, comme les récoltes de 1897 et 1898

furent déficitaires, la Viticulture annonça que ces diverses contingences lui faisaient craindre une invasion de vins exotiques. Il faut avouer que c'était Ià une vue queique peu simpliste, à supposer même qu’elle eût le mérite de la sincérité. Nombreux furent les organes et les personnes qui s’attachèrent à rectifier pareille interprétation des effets ct incidences du change. Nous ne retiendrons que la rectification de la Chambre de commerce de Cette. Cette ecmpagnie affirmait que le change n’avait pas sur le cours des vins autant d'influence que le prétendaient les viticulteurs. Elle établissait son raisonnement en prenant pour base un vin de 11° valant 12 pesetas à la propriété. Au change de l’époque, le négociant acheteur déboursait 7 francs environ : il bénéficiait donc du change, mais sur cette somme seulement. Comme le vin espagnol rendu en France était coté à 27 francs environ, il y avait 20 francs soit les 3/4 de ja valeur totale qui, payés en France, étaient soustraits à influence du change, Ces 20 francs étaient ainsi décomptés :

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Poterie 20 »

La Chambre faisait de plus justement remarquer que le vendeur espagnol, se tenant comme l’acheteur français au courant du change, tenait compte, dans la fixation de son prix de vente en pesetas, de la perte plus ou moins élevée de la monnaie espagnole !. Néanmoins ce furent encore les srétentions de la Viticulture qni l’emportèrent, et le taux

1 Lettre de la Ch. de Com. au Ministre du 27 août 1898.

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