‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 131 sur 159 · LOCATION DES TRANSPORTS · texte numérisé non relu

LOCATION DES TRANSPORTS

Etroitement unis à la production et au commerce des vins, la Tonnellerie et le commerce des Merrains ont donné naissance à la location des transports, pendant que la métallurgie enfantait les wagons-réservoirs qui devaï nt conduire aux wagons-foudres, Parlons d’abord de la pre- Inière. .

L'industrie de la Location a vu le jour à Cette en 18G8. On s'accorde généralement à la faire naître par hasard dans la maison Deshayes jeune, successeur de Deshayes frères, établis & au Souras », qui loua ses premiers fûts à un propriétaire des environs !. Mais cette clientèle n’au-

1 Voici les circonstances. En 1866, Et. Deshayes faisait des fournitures à J’intendance pour l’armée d’Afrique. Jusqu’alors on vendait généralement « fût perdu », mais cette fois le cahier des charges n’avait prévu cette condition que pour une moitié des transports. De sorte que cette circonstance constituait le soumissionnaire propriétaire d’un nombre assez considérable de fûts en retour. Or, en 1868, un propriétaire de Poussan (mauvais vendeur sans doute) avait encore vers le mois d’août conservé sa précédente récolte; pressé par l’urgence de faire du vide dans sa cave, il eut l’idée de recourir à un prêt de fûts qu'il sollicita de Deshayes contre rémunération (déjà on pratiquait ici la location des sacs). On se mit d’accord sur un prix de location de dix centimes par

vait pas suffi à donner à la Location le développement qu’elle a pris vers 1875.

Celui-ci est dû à deux causes dont l'influence s’est exercée au cours des années suivantes. D’un côté le courant importateur, qui à nécessité l’emploi d’un nombre colossal de transports pour amener de l'Etranger les vins qu’on s’est habitué à lui demander pendant une période de vingt-cinq ans, a obligé le commerçant à disposer au moment voulu d’un lot de futailles à diriger sur tel ou tel pays voisin pour l’exécution d’un marché important 1. D'un autre côté, la transformation du commerce, qui ame-

fût et par Jour, aucun des deux intéressés ne se rendant bien compte de l’opération.…

Bientôt d’autres affaires du même genre furent faites et notamment pour ramener d’Espagne les vins que l’on y achetait alors pour Cette. De sorte que, la maison E. Deshayes n'ayant disposé d’abord que d'environ douze cents fûts, le négociant résolut de doubler, puis de tripler ce nombre, et pour cela établit chez lui la fabrication. De progrès en progrès, il devait arriver à posséder un stock d'environ 30.000 transports, parce que tout d’abord on ne pouvait facilement croire à l’avenir de la location et qu'il y eut dix à douze ans d'’hésitation chez les concurrents possibles, Mais déjà, en 1872, le renouvellement du traité franco-espagnol pour vingt ans avait rendu nécessaire un roulement considérable de transports et assuré l'avenir de cette spécialité. Cependant jusqu’en 1882 la maison Deshayes et Cartayrade (beau-père et gendre) faisait les vins en même temps que la location. À cette date, il y eut séparation des associés, ce qui donna naissance aux firmes J. Cartayrade et Et. Deshayes faisant toutes deux la location. Deshayes associa à sa nouvelle maison son petit-fils, M. Emile Mimard, qui l’a continuée jusqu'à ce jour.

1 Il convient d’ailleurs de signaler qu’à cette époque on ne pouvait trouver beaucoup de fûts sur les lieux de production « car tantôt la fabrication du vin commencait à peine à y être pratiquée comme en Grèce et en Turquie... tantôt l’usage était de loger le vin dans des récipients fixes ou dans des outres ou encore dans des barils d’une capacité trop faible et d’une solidité trop douteuse pour pouvoir voyager au loin ». J. Valéry, Du louage des meubles, in Annales de droit commercial, 1895.

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