‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 132 sur 159 · PARTS · texte numérisé non relu

PARTS

nait une nouvelle couche de négociants, acharnés travailleurs, mais parfois insuffisamment pourvus de capitaux pour faire face à toutes les dépenses nécessitées par des affaires portant de plus en plus sur des grosses quantités, a obligé le négociant à s’adresser pour ses fûts à un « loueur ». D'ailleurs, l’intense fabrication à surveiller, précédée de l’achat des bois; le logement et la répartition, la rentrée et la réparation des transports constituaient une occupation suffisante pour l’activité d’un industriel spécialisé. Ainsi quelques-unes des maisons qui faisaient les vins se transformèrent et ne s’occupèrent que du contenant pour le mettre à la disposition d’une clientèle de plus en plus étendue et exigeante. La concurrence s’en mêla alors; les fabricants étendirent leur fabrication et organisèrent la location et la vente; des marchands de bois s’adjJoignirent des fabricants et, en vendant leurs merrains, donnèrent encore leurs soins à la maison de location.

Ce petit calcul de rien du tout: deux, trois, quatre... centimes par fût et par Jour, selon les circonstances, et pertant sur des lots de cinquante, cent, deux cents transports, devint vite familier aux loueurs et fournit de belles factures qui, d’année en année, donnèrent de magnifiques résultats. Cette eut ses princes de la Location: anciens tonnelers connaissant la fabrication, ou autres rapidement adaptés à leur nouvelle destinée. Tels qui, dans l’âge edulte, ont de leurs mains habiles tourné des tonneaux dont ils tordaient et cerclaient les fortes douves, se sont vus millionnaires avant un demi-siècle d’existence.. Ils ont été là au bon moment; ils ont su s'adapter; on ajoute parfois qu'ils ont été heureux!

De Cette, la location s’est vite répandue dans les environs et. de proche en proche, en France, dans nos colonies voisines et à l’Etranger. Cela permet de comprendre au’elle a eu son âge d’or et aue le déclin a fini par se produire grâce à la concurrence. Mais, au bon moment, c’est par environ trois cent mille transports qu’on chiffrait l’avoir des maisons locales.

On se fait difficilement une idée de ce nombre de fûts.

Alignés l’un contre l’autre, ils occuperaient une ligne de plus de 300 kilomètres. A la valeur moyenne de 50 francs, ils représentaient un capital de quinze millions. Notons, d’autre part, que tous les emplacements offerts au commerce sur les quais du port, prolongés par la place Victor- Hugo et le terre-plein de l’Etang, peuvent contenir 27.000 transports environ.

En 1918, on pouvait estimer pour Cette les existences de transports à 200.000 seulement, soit 25.000 chez les soixante principaux négociants et 175.000 chez les loueurs, au nombre de vingt-cinq !.

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