‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 134 sur 159 · WAGONS-RÉSERVOIRS ET WAGONS-FOUDRES · texte numérisé non relu

WAGONS-RÉSERVOIRS ET WAGONS-FOUDRES

Ces nouveaux et puissants instruments de transport sont venus troubler et réduire les affaires des loueurs de futailles. Leur utilité, contestée au début, répondait si bien à un besoin qu’on peut se demander aujourd’hui comment on parviendrait à assurer les transports de boissonx:, s’1is venaient à manquer.

Presque contemporains des fûts en location, puisque le premier wagon-réservoir en tôle fut construit à Nancy, par l’ingénieur Lepage jeune, en 1875, ils ont d’abord uniquement servi à transporter les alcools du Nord. Peu de temps après, en 1878, la Société Générale des Transports de Liquides était formée à Paris. Mais, dira-t-on, cela se passe hors du cadre cettois. Non pas, car l’idée d’appliauer au transport des vins ce puissant moyen qu'est le “éservoir est partie de Cette. Archbol-Aspold, négociant en alecols, recevant des wagons-réservoirs, eut l’idée d’utiliser le retour des récipients qui se faisait à vide pour transporter les vins du Midi dans le Nord et l’Est. I se rendit à Paris pour soumettre l’idée au conseil de la Société dont il devint l’agent à Cette. Personne n’avait cependant prévu alors le développement pris par cette nouvelle affaire. Il y eut tout d’abord des hésitations à vaincre: les vins voyageant par grandes masses allaient se détériorer, disait-on;la tôle ne les gâterait-elle pas aussi? ete. Archbol- Aspold offrit alors de transporter gratuitement les vins des négociants de sa connaissance et donna même des traites en blanc pour couvrir la dépréciation éventuelle des vins rendus à destination, s’il y avait lieu. L'épreuve fut favorable à son initiative. Depuis, on a toujours perfectionné le matériel, et le système rend de grands services.

L'idée du wagon-foudre n’est qu’une variante de celle qui a créé le wagon-réservoir. On a eu des wagons à un seul foudre, puis à deux foudres pour répondre aux multi-

antitees

ples besoins du commerce. Le premier wagon-foudre a été conçu à Epinal, par Schmid, et immatriculé à la gare de Béziers en 18951

Le nouveau système de transport par wagons prit un développement rapide comme on peut en juger en comparant les existences de 1900 et celles de 1914, que nous donnons ici, par réseaux :

ESLEMOR E EEE en 1900: 650 w.-r., en 1914: 1.616 w.-r. NS LE RE Es — 226 — — 751 — DR M AA — 180 — — 3174 — LG à ATEN TS DRE —— 51 — — 60 — N OPA AT ART ee: — 434 — — ATT — Soit au total.. en 1900 1.547 w.-r., en 1914: 3.278 w.-r.

Aujourd’hui (fin 1918) sont immatriculés, sur les réseaux français, 8.159 wagons-réservoirs:; peut-être même en est-il échappé quelques-uns au recensement fait en vue de la réquisition militaire. Le nombre de ces derniers ne pourrait s’élever à plus de 200, d’après l’estimation d’un homme compétent (M. Léon Gigou). Sur ce nombre, 653 appartiennent à la Société générale des Transports de Liquides.

Les maisons faisant, à Cette, la location des wagons-réservoirs, d’ailleurs de puissance très inégale, ne sont pas toutes essentiellement locales. Quelques-unes sont des sociétés ayant à Cette une agence seulement, Les voici, pour

1901 : + Archbol-Aspold ($. &. tr. 1.). Lempereur et Lamouroux Couder jeune. Mañffre (J.) et Cie.

Martel jeune (Comp. wag. rés.). Mesmer (.Jean). Domere, Estève et Cie. Yruretagoyena et Cie.

Hermann (J.) et Cie. Lempereur (les fils de).

Ce nouveau mode se développe aussi rapidement et, après quelques années, les maisons qui le pratiquent se

1 Conf. Bourdiol. Thèse, Montpellier, 1910,

multiplient et accroissent leurs moyens. Voici celles que nous trouvons en 1914 et qui vont profiter de toutes les circonstances favorables aux opérations les plus lucratives (locations à des prix insoupconnés jusque-là et vente avec

des prix doubles, triples, sextuples du prix d ’établissement amorti d’ailleurs). Ce sont:

Alquié (Alfred) et Cie. Soc. gén. de Transp. de Liquid. Arnaud (M.) et Julien (E.). Leingre (M.) et Guiraudou (P.). -Busck (Axel) et Cie. Lempereur et Lamouroux. Buchel (Charles). Maffre (J.) et Cie.

Cabanes, Taillan et Cie. Mérat (Joseph).

Comp. des wagons-réservoirs. Mitjavile.

Comp. des wagons-réserv. Peloux (Charles).

Félix (A.), Bacquié et Cie. Rogalle et Estève (A.). Hermann (J.) et Cie. Société Mesmer (Jean).

Souchon (César).

Cette adaptation des moyens les plus puissants aux tansports des liquides et des vins en particulier va-t-elle s’arrêter là? N'’est-il pas déjà possible d’entrevotr l’application du batéau-citerne aux transports qui, dans l’avenir, amèneront d’Algérie-Tunisie, d’Italie ou d’Espagne dans lies ports de France et à Cette surtout, les vins des côtes méditerranéennes? Ne construira-t-on jamais des navires avec des cuves à compartiments variés permettant de loger les lots de différents intéressés, Se remplissant bord à quai à Alger, Oran, Philippeville ete, et venant accoster dans les bassins (gares maritimes) du Midi ou du P-L-M, Cette, où ils seront transvasés dans les wagons-réservoirs pour toutes les destinations du continent? Un pompage suffirait au chargement et au déchargement du navire et sans encombrement des quais. Il y aurait là une extension nouvelle à réaliser, et nous pensons qu’on y viendra, grâce à quelqu’une des sociétés pratiquant actuellement les transports par wagons-réservoirs.

Page 1