‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 152 sur 159 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Cette, port du Languedoc, créé de toutes pièces par la volonté royale étayée du génie de Colbert, assura, dès sa naissance et avec succès, la fonction régionale qui lui était dévolue. Porte de sortie des vins et eaux-de-vie de la Province, il sut développer. harmonieusement ce commerce qui constitua, dès lors, l’aliment essentiel de son mouvement maritime et atteignit, à la veille de la Révolution, une prospérité qui faisait à juste titre l’orgueil des contemporains.

Les guerres de la Révolution et de l’Empire vinrent briser cet élan, sans atteindre toutefois profondément la vitalité du commerce des vins, puisque de cette époque troublée et difficile date le développement si heureux de la technique des vins d'imitation. Bref, dès 1818, l’exportation des vins reprenait un mouvement normal à destination de tous les anciens marchés du Monde, auxquels vint heureusement s'ajouter, dès 1830, le magnifique débouché algérien,

L'’oïdium n’affecta ce mouvement que d’une facon infime et c’est vers 1860 que se fixe la période de prospérité maximum pour l’exportation des vins, au temps du libéralisme économique et du développement intense des chemins de fer et de la navigation.

Le phylloxéra vint ruiner cette situation commerciale ou plus exactement opérer à Cette un véritable renversement économique, Cette cessait d’être essentiellement le port exportateur des vins du Languedoc, pour devenir le principal point d'importation des vins étrangers. En fait, depuis ce rude coup et malgré le palliatif d’ailleurs inopé-

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rant des entrepôts spéciaux, le Commerce d'exportation passe dès lors au second plan et ne cesse de décroître. En vérité, à la cause initiale qui réside incontestablement dans la terrible crise phylloxérique, il convient d’ajouter les multiples causes connexes : concurrence étrangère, développement de la viticulture dans des pays autrefois exelusivement consommateurs, insuffisance de notre législation, ‘insuffisance de l'armement local, etc.

Malgré les barrières douanières, toujours plus élevées, qu’un protectionnisme vigilant opposait à la production étrangère, l’Importation des vins exotiques est devenue Ja caractéristique du commerce cettois. Pendant longtemps, Cette fut port espagnol..; plus tard, l’importation des «algéries » vint redonner à son commerce vinicole une couleur plus française.

Un jour, pendant la guerre de 1914-1918, le second port de la Méditerranée, consacré (port suisse » par les hasards de la tactique sous-marine allemande, mit son espoir dans la question du transit suisse, et cet espoir fut déçu !.

Après cette parenthèse, qui sera un moment glorieux dans l’histoire économique de C'ette, le Commerce des vins reste encore un des piliers essentiels de son économie. Ce pilier s’est usé incontestablement, et notre étude a donné la mesure de cette usure; ce pilier s’est usé, il faut le consolider. Sans négliger les espoirs nouveaux, qui naissent d’ailleurs spontanément sur notre terre de soleil et de lumière, il faut que Cette, conscient de son passé et de ses traditions, redonne de la force à ce qui fut jadis sa force exclusive. Nous ne prétendons évidemment pas rétablir l'équilibre rompu par la cerise phylloxérique; les conditions du marché vinicole international sont trop changées,

1 Ces quelques lignes, volontairement imprécises, ne prétendent nullement régler la question de Cette port suisse. Cet important et difficile problème n'entre pas dans notre cadre. Néanmoins, il nous paraît juste et utile de signaler l’activité et l'initiative manifestées dans ce domaine par Je Comité de défense économique du port de Cette. À

pour autoriser un tel espoir. Maïs nous croyons fermement que le Commerce d’exportation des vins, dont la vitalité s’est clairement affirmée à travers tant d’entraves, peut encore revoir de beaux jours et redonner à Notre Port ce vieux cachet de jadis qui le mena à la prospérité en consacrant Cette port du Languedoc.

Vu. Vu.

Le Président de la Thèse, Montpellier, le 30 novembre 1919. Jurgs VALÉRŸ. Le Doyen, BRÉMOND.

Vu ET PERMIS D'IMPRIMER :

Montpellier, le 30 novembre 1919.

Le Recteur.

Juces COULET.

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