DEL) VE
Laurens frères.
Lavabre (J.).
Leenhardt et Bazille.
Lugan et Roux.
Lugan (Joseph). Maliet (Francois).
Marcenac (Louis).
Marigo et Cie.
Marti (Bautista).
Merly (Léon).
Michel, Nègre et Cie.
Moris et Berges.
Noilly Prat et Cie.
Olive (Francois).
Orus (Jules).
Paloc (Louis).
Pascal (Joseph).
Pêcheur (Georges et Julien).
Pioch-Auzuech.
Pi-Suner (Pedro).
Piguet frères.
Pochet (Jules).
Portal (Julien).
Puech.
Quer (Lotus).
Rieunier (Charles).
Rieunier (Pierre).
Rimbaud (Pierre).
Roche (Alexis).
Rodrigo (4].).
Rossignol et Bonnieu.
Roux (Adrien).
Roux (Augustin).
Roustan (Fr.).
Sabatier-Déjean.
Sancho (Thomas).
Sanz (André).
Sarradon (Emile).
Sézary (Charles) et Cie. Schevdt et fils.
Suchard (Claude).
Taiïllan (Pierre) et Cie.
Tous (Barthélemy).
Voisin (Jean).
Wiel (Frédéric).
Wimberg (Oscar).
Ces maisons ont généralement vite évolué et 90 d’entre elles sont disparues en 1919. On ne retrouve alors que les suivantes parmi lesquelles nous indiquons en italique cel-
les qui font l’exportation.
Alby (Ernest).
André (Alfred).
Bisset (Joseph).
Basset (Pierre).
Boggiano fils aîné.
Bühler (Paul et Albert).
Cazalis et Prats.
Chauvain (Maurice) et Cie.
Coste (Gaston).
Courtès (Etienne).
Defarge (Jules).
Dejean (Jules et Etienne).
Dugrip fils de l’aîné.
Euzet (Joseph).
Fabre (Emile). Falgueirette (Jules) et Cie.
Galavielle (Louis).
Gautier (Jules).
Gintrand (Théophile).
Granier (Francois) et Cie.
Guérin fils.
Herber (Adolphe). rs CEe
Hubidos (Pierre).
Klche (Christian).
Julien (Jules), succ. de Koëster.
Laurens (les frères L. et M.).
Marcenac (Louis).
Moris et Berges.
Noilly Prat et Cie.
Olive (Francois) et Cie.
Pascal (Joseph).
Pêcheur (Georges).
Pioch (Etienne).
Pochet (Jules).
Pi, Ferrer-Peset et Viguier.
Roche (les frères Jules et Marius).
Roux-Palloc (Adrien).
Sézary (Adrien) et Cie.
Taillan et Cie (les héritiers de Picrre).
Thau (Joseph).
A cette même époque (1901-19), sont venues s’adjoindre les nouvelles maisons dont les noms suivent:
Amblard (les établissements).
Arnal-Salze (succ. de Franke).
Arvieux et Comolet.
Arroyo-Perez (Pedro).
Barrillon (Charles).
Beaufort (Joseph).
Bonet (José).
Bourdou (Jules).
Cabanis (Emilio).
Cazalis (Lionel).
Constant (Vve).
Coulon (Pierre).
Domerc et Estève,
Dubonnet (Société).
Euzet (Barthélemy).
Folletête (C.).
Galibert (les héritiers de Léon).
Gay, Roustan et Sprécher.
Hayat (Joseph).
Lafargue (Jos.-François).
Lamailloux-Déjean.
Mafftre (Jules) et Cie.
Mainguet, Philippon et Cie. Marmiès (Joseph).
Meyer (Jean). | \ Milhau (Paul).
Parlier et Krüger. Raynaud (Charles). e Pérarnaud (Th.). Redo y Rivero.
Philéas et Souquet. Savignon, Bossard et fils. Pioch (Louis). Souchon (César).
Pla (Lino). Steinmann (Adolphe).
Pons (Hermanos). Tajan-Larrieu (L:.-J.).
Pons (Pierre). Verquière (Louis).
Prat-Pioch. Vilars (Ernest).
Prompt (Jacques-Pierre). Voisin (Urbain).
Warnery (Ch. et G.).
Enfin, nous jugeons équitable de citer les principales maisons de la Région faisant de l’exportation par Cette. Ce sont:
Arnaud et Bessières.......... de Mèze. i APnaTdCAIDer TM gent de Mèze. E
ArnaudaiPierre) Me entr. . de Balaruc-les-Bains.
Baille (Vye Charles)......... de Marseillan.
Boucassert (Francois) ..:..... de Mèze.
Catalan rare Poe er eee Rex de Montpellier.
Dabarthe nine) MERE. de Frontignan. bacombe (mile) Pa enr ee de Mèze.
| $ 6. — Les (€ MONTPELLIÉRAINS ) se
Il serait presque naturel de penser que Cette eût été la file de Montpellier ; il n’en est rien cependant, Autour de Cette, on n’a jamais désiré sa naissance, et les fées n’ont pas entouré son berceau de leur sourire prometteur: ce qui expliquerait l’origine de cet esprit combattif qu’on reconnaît depuis longtemps à ses habitants.
La ville de Montpellier ne fut même pas satisfaite par l’ouverture du havre de Cette. Elle avait été décue de ne point obtenir le port de ses rêves sur la plage de Palavas où, plus tard, on put faire déboucher le Lez canalisé. Cependant la capitale administrative du Languedoc perdait toujours de son ancienne importance commerciale, en déclin très marqué depuis la guerre de Cent Ans. Aucune intervention royale n’avait pu enrayer cette décadence: les
représentants du grand commerce semblaient en retraite dans la direction de Marseille par Avignon, Beaucaire, Arles ete. Aussi, lors de la fondation de la Compagnie des Indes orientales, en 1664, il est répondu aux agents de Colbert que « les habitants de Montpellier ne sont pas habitués à employer leurs fonds à des commerces lointains » £. C'était plutôt un prétexte qui trahissait la prudence, car Montpellier avait longtemps rivalisé avec Marseille, étrangère encore à la France capétienne, pour le commerce méditerranéen. Deux ans plus tard, Cette naquit sans autre agrément que celui du Roi. Arrêtant son travail sur le commerce de Montpellier, dont il avait fait sa ville, et parlant de Cette, l’historien Germain écrit: « Ce port fut loin de profiter à Montpellier autant qu’on l’espérait: il exerça sur notre ville une force d’attraction qui, à l’instar de celle de Marseille, eut plutôt pour effet d’occasionner un nouveau déplacement du commerce. L'influence attractive a grandi progressivement et aujourd’hui notre prospérité commerciale n’existe plus que dans l’histoire: Marseille et Cette s’en sont partagé les débris » ?.
Cette fut trop loin de Montpellier pour en restaurer l’ancienne importance économique. N'’était-ce pas une déri- Sion de lui offrir, pour ses entreprises de négoce en train de se perdre une lande aussi isolée, aussi incommode, aussi dépourvue que la plage de Cette au pied de son aride montagne? C’était bon pour le monde administratif d'admirer, plus ou moins franchement, l’idée du maître, mais le «commerce » ne se laissait pas persuader aussi facilement. Il faut convenir que les commerçants ont assez du souci de leurs affaires pour ne pas s’occuper des détails qui incombent au pouvoir! Mais cette colonie eut le sort de toutes les colonies qui prospèrent: après les aventuriers qui peuplent et frayent la votre, quand le moment fut propice, vinrent les gens entreprenants, partis on ne sait d’où avec l’idée de gain en tête, ne rechignant pas à la besogne, tra-
1 Lavisse, Histoire, t. VII, 1° partie, p. 241. 2 Germain, Hist, du com. de Montp,, t. II, p. 67.
vailleurs énergiques dont les fils et petits-fils furent des commerçants. Et, quand on commença d’avoir un port, Montpellier fut obligé de s’en servir. Son ancien commerce ayant disparu, il s’adonna surtout au nouveau commerce des vins et eaux-de-vie. Ses spéculateurs, qui commencèrent par des acquisitions de terrains et des construction de bâtiments pour le commerce, entraînèrent les négociants qui, tout d’abord, usèrent du port comme d’un simple gra, puis firent de plus en plus des installations commerciales (sortes de factoreries) qu'ils visitaient souvent. Enfin, vers 1685, quand s’ouvrit « Rive-Neuve », et dans le demi-siècle qui suivit, de nombreuses installations furent faites pour le compte des négociants de Montpellier, qui continuèrent d’habiter la grande ville où furent maintenus leurs bureaux, ne venant à Cette que pour leurs affaires d’expéditions. À cela, ils trouvèrent l’avantage de recevoir plus rapidement leurs correspondances, ce qui mit en infériorité leurs concurrents de Cette. Toute la seconde moitié du xvir1° siècle est remplie des doléances des négociants cettois relativement à la question du transport des dépêches. Ils se plaignent amèrement de ne pas obtenir l’amélioration des courriers qu'ils souhaitent et, sans le dire ouvertement, scupconnent les Montpelliérains de n'être pas étranvers au maintien du système attaqué, paree qu'il les favorise. Ceux de Montpellier ont, dans l’après-midi, des dépéches que les Cettois ne reçoivent que le lendemain assez tard et, prenant leurs dispositions pour arriver à Cette en cabriolet, ils opèrent leurs achats et leurs ventes, alors que le commerce local n’est pas encore informé. Il y eut une question de «piéton » (facteur rural) entre Gigean et Cette qui dura plusieurs années et une autre longue affaire relative à la «brouette » (courrier en voiture) entre Montpellier et Cette, qui ont oceupé la direction centrale des postes et même les ministres Necker et Turgot, à qui on en appelait :. Cet état de choses, favorable aux négociants résidant à Montpellier, s’est prolongé pendant la Révolution et
1 Arch. mun. de Cette, HH 18.
même longtemps après. L'ouverture de la voie ferrée entre les deux villes en a été peut-être la conséquence, car il semble bien qu’on eut plutôt l’idée d’une sorte de tramway que d’un véritable chemin de fer. Montpellier essayait vainement de régenter le port, et Cette luttait pour échapper à la tutelle.
Depuis le xvrr° siècle jusqu’en 1872, ce fut la Chambre de Commerce de Montpellier qui eut dans ses attributions la défense des intérêts économiques de la Région et du Port, Les principaux négociants faisant du commerce à Cette furent membres de cette chambre, ce qui n’était pas pour diminuer l’importance du groupe des Montpelliérains. Toutes les questions à eux soumises ne pouvaient être vues autrement que du point de vue qui leur était un peu particulier ; de là leur importance: « Cette est le port de Montpellier, disait au Conseil général le préfet de l’Hérault, en 1845. C’est à Montpellier que sont principalement les capitaux qui alimentent ce mouvement commercial ». Nous avons dit que les Montpelliérains offraient ce caractère d’être souvent, à la fois, propriétaires fonciers et négociants et, si le commerce cettois a pu arrondir leurs fortunes, ils n’en avaient pas moins avec le pays de fortes attaches qui, peut-être, manquaient un peu aux négociants établis à Cette même et venus de tous les points de l’horizon. Nous les supposons d’abord d’une instruction générale plus forte, Montpellier étant une ville d’étude et de très anciennes relations. Ils entretiennent leurs meilleurs rapports avec la Suisse et l'Allemagne, sans doute par suite d’affinités religieuses qui pouvaient les recommander au monde protestant de ces pays. Ils pénétrèrent en Hollande, en Danemark et dans tous les pays baltiques. Ces propriétaires languedociens, qu’on pouvait se représenter comme vendant les produits de leurs propres vignobles (en réalité il n’en était presque jamais ainsi) eurent l’habileté de s’attacher des gens connaissant les langues étrangères et de visiter leur clientèle. À Cette, on voulut les imiter ; de cette facon, des étrangers prirent pied dans le pays et, débutrit par des associations profitables, y fondèrent des maisons souvent prospères.
= ii - :
Les Montpelliérains apportaient dans leurs rapports avec l’Etranger, outre la correction de terriens fortement établis et honorablement connus, un esprit de tradition qui
s’est maintenu longtemps. [Ils semblent avoir évité les aventures, car leurs maisons sont celles qui ont le plus duré: on retrouve souvent les mêmes noms pendant les xvir* et xIx° siècles. [ls ont eu le goût de l’association commerciale et voulu conserver à nos produits leur bon renom par le maïntien de prix convenablement rémunérateurs. La plupart n’ont fermé leurs maisons que lorsqu'il a été démontré qu’on ne pouvait plus travailler à l’ancienne manière. Il faut remarquer que depuis le jour où Cette a eu sa Chambre de Commerce, il a pu et il peut y avoir iei des négociants habitant Montpellier, mais il n’y a plus de Montpelliérains : la {utelle avait disparu et l’égalité était établie.