‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 2 sur 159 · CETTE, PORT DU LANGUEDOC MÉDITERRANÉEN · texte numérisé non relu

CETTE, PORT DU LANGUEDOC MÉDITERRANÉEN

Le port de Cette est le port de la région du Languedoc méditerranéen et du golfe du Lion. Si on considère ce golfe entre le cap de Creus et le cap Couronne, on trouve que le milieu de l’are qu’il décrit tombe entre les deux piliers maritimes qui signalent de loin au navigateur les abords de la côte languedocienne : le mont Saint-Clair ou montagne de Cette (181 m. d’altitude) et le mont Saint-Loup ou montagne d'Agde (115 m.). C’est ainsi que la nature semble avoir balancé à marquer le centre du golfe du Lion et justifié d’avance les hésitations de l’homme à la recherche du point le plus favorable à ses établissements maritimes dans cette région.

RTS

Les premières tentatives pour l'établissement d’un port moderne sur cette côte basse, sablonneuse et difficile, parce que sans profondeur et livrée à tous les vents, ont tourné autour de ces deux piliers maritimes considérés comme points d’appui et abris. A l’époque d'Henri IV, le prévôt général de la province du Languedoc (sieur d’Augier) fut chargé par Sully de choisir le lieu le plus convenable à la fondation d’un port de mer dans ces parages, Ce point fut trouvé au sud de la montagne de Cette, dans l’anse dite aujourd’hui du Lazaret. Après un commencement d’exécution, les Etats de la Province ayant refusé d’étendre leur concours financier, le projet royal fut négligé puis abandonné. |

Mais l’idée devait être bientôt reprise sur de nouvelles bases par un autre grand ministre. Richelieu, ayant visité le Languedoc et fait un assez long séjour dans notre contrée, conseilla au Roi (1630) l’ouverture d’un port et la création d’une rade à l’embouchure de l'Hérault, c’est-àdire à l’abri de la montagne d’Agde dont l’ancien port fluvial était devenu impraticable à la navigation maritime, mais qu’on espéra encore plusieurs fois pouvoir améliorer. De 1634 à 1651, on travailla à construire le môle du cap d’Agde qui devait abriter le port de Brescou, maïs celui-ci à peine esquissé commença à se combler. Il fallait done encore chercher ailleurs l’emplacement favorable au grand dessein du Pouvoir. :

Quinze ans après (29 juillet 1666), en grande cérémonie, eut lieu la pose de la première pierre du port de Cette! On était donc revenu à l’idée d’abriter le nouveau port au pied au pic de Saint-Clair, mais cette fois du côté de l’est, Nous allons dire pourquoi et comment.

Depuis les temps anciens, les relations maritimes avec les pays voisins du bassin occidental de la Méditerranée se faisaient par les petits ports situés sur les étangs littoraux : Aiguesmortes, Lattes, Maguelone, Frontignan, Bouzigues, Mèze, Marseillan, ou par celui d'Agde qui s’abritait à quelque distance de la mer, dans un coude de l'Hérault. L’antique port de Maguelone disparut bientôt

(x1° siècle) par la fermeture de son grau, car cette poussière de ports n’avait pu se développer que grâce aux ouvertures naturelles existant dans l’appareiïl littoral qui sépare de la mer les étangs salés de la contrée.

Enfin, au xvrr° siècle, le trafic mar‘time de notre région s’opérait presque entièrement par le grau de Frontignan, mais ce grau se ferma en 1623. Il est vrai qu'heureusement il s’en ouvrit un autre, la même année, dans l’étang de Palavas (ou de Vic) et devant la pointe des Aresquiès. Mais ce dernier s’obstrua également quarante ans après, à Pâques de 1663, pendant une violente tempête de prin- ÉOHD SN TEA

Si d’autres graus persistaient encore ou s’ouvraient parfois, leur précarité semblait augmenter tandis qu’ils étaient de moins en moins praticables. Cependant les populations ne paraissent pas avoir souhaité, pour leur commerce, autre chose que le rétablissement d’une de ces ouvertures et sa fixation par l'intervention des pouvoirs publics. Mais le gouvernement de Louis XIV, représenté en Languedoc par le chevalier de Clerville, directeur des Fortifications, se préoccupait à cette époque de mettre Ja navigation et les côtes méditerranéennes à l’abri de la piraterie car « des pirates infestaient ces parages et en rendaient la navigation encore plus dangereuse ». Il voulait donc procurer des havres aux navigateurs et particulièrement aux vaisseaux de sa flotte de guerre: le naufrage du chevalier de F'errières qui, dans le golfe du Lion, avait péri corps et biens avec cinq galères royales, quelques années avant, devait hanter le souvenir des conseillers royaux. C’est ainsi de besoins multiples que naquit le « port de Saint-Louis au cap de Sète » comme on disait dans les documents de l’époque. Et la fondation du port entraîna celle d’une ville sur cette plage déserte, éloignée de tout centre habité.

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