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gue affecte également nos exportations en Belgique, mais, suivant notre Chambre de commerce, cette diminution ne serait qu’apparente, car un bonne partie des expéditions prennent de plus en plus la voie ferrée.
Allemagne. — Nos exportations dans ce pays, bien inférieures aux chiffres de la période précédente, restent stationnaires jusqu’en 1885 et baissent ensuite considérablement. Le même mouvement affecta d’ailleurs les sorties générales des vins français, ainsi que le montrent les moyennes suivantes, qui établissent de plus les progrès de l'exportation italienne :
Moyenne des importations en Allemagne *
1876-18S0 1881-1885 1886-1890 Deéhrance.::, 2. 382,999 D]. 919.792 h]. 263.821 h1. Débats re 17.157 — : 54.012 — 99,577 — D'Fspagne : . ::. 1 37.873 — 61:382 = 51.038 — Ttalie. — Le débouché italien se ferme de plus en plus à
nos vins, car l'Italie est désormais un grand pays expor- Lateur et la France est son meilleur client, puisqu’en 1887 elle absorbe les 2/3 de l’exportation italienne. L'équilibre est également rompu à Cette et d’une facon absolue: en 1860, Cette exportait en Italie 35.278 h1l et importait 277 hectos de vins italiens: en 1884, Cette n’envoie en Italie que 5.434 h] et en reçoit 354353 hl. Les raisons de ce renversement seront étudiées lorsque nous traiterons des importations de vins exotiques*.
Suède, Norvège, Danemark. — Les débouchés suédois, norvégien et danois marquent une décroissance sensible, par comparaison avec la période de 1865-1876, et cette décroissance continue. Il n’y a pas lieu d’incriminer ici une ageravation des tarifs douaniers, mais plutôt la cherté
1 D’après Miraglia, in Bulletin de Statistique, 1892. 2 Voir ci-dessous, $ 7.
de nos produits, causée par le phylloxéra, et la concurrence étrangère qui trouvait désormais un terrain plus favorable.
Etats-Unis. — Ce marché, qui avait offert aux vins de Cette un débouché fort important avant le phylloxéra, se fermait graduellement. Nos vins de cargaison, nos sherry, nos madères, nos portos se heurtaient à des droits de douane toujours plus élevés. Aïnsi, en 1883, les droits passèrent de 54 francs à 68; aussi l’exportation de Cette, qui était de 8.000 hl, en 1882, tomba brusquement à 3.658, en 1884. À celà la douane américaine ajoutait de multiples tracasseries. Citons à titre d’exemple le fait suivant arrivé à la Nouvelle-Orléans: « Les boissons, quand on les entre dans les dépôts de douane, sont jaugées à l’arrivée dans le port, et les droits sont perçus à la quantité reconnue à l’entrée, si ces articles sont retirés pour être consommés dans le pays. Il est même arrivé, il n’y a pas longtemps, que pour des eaux-de-vie entreposées en douane et dont le terme de trois ans était expiré, certains consignataires, afin d'éviter de payer des droits additionnels, ont préféré réexpédier les marchandises en Europe. La douane a exigé qu’on payât la différence de jauge établie entre l’entrée et la sortie, quoiqu’ayant eu sous son contrôle ces marchandises pendant leur séjour ici '. En un mot l’évaporation qui s'était produite pendant ce temps a été réclamée par les autorités des Etats-Unis » ?. Il convient enfin de noter
1 En fait ce système est logique au point de vue administratif. La Douane française opère aujourd’hui de même pour toutes marchandises entreposées en France et réexpédiées ultérieurement au pays d'origine. Le service garde les marchandises entreposées pour sauvegarder les droits du Trésor, mais tout déficit est interprété comme une soustraction effectuée malgré sa surveillance; en conséquence la marchandise non représentée est considérée comme consommée : d’où payement des droits.
2 Enquête sur la navigation, l'immigration et le commerce francais à la Nouvelle-Orléans, en 1786, effectuée par M. le Vicomte Paul d’Alzac.
que ces droits excessifs, ces mesures tracassières provenaient de tendances nettement protectionnistes. Les Etats- Unis n’avaient d’autre but, en la circonstance, que de réserver leur marché à leur produetion indigène. Les vins du Texas et de Californie prenaient une importance croissante: la production vinicole américaine qui, en 1878, se chiffrait par 189 mille hectolitres, passait à 567 mille, en 1875, et atteignait le million en 1886. Les Etats-Unis arrivaient facilement, grâce à des tarifs douaniers prohibitifs, à mettre nos vins dans l’impossibilité de concurrencer les vins californiens. Les vins de Cette avaient en effet « à supporter un droit d’entrée égal au moins à la valeur du vin indigène! Le goût de terroir des vins de Californie ne peut donc écarter le consommateur, car nos bons vins de France, comme du reste les vins de coupage d’Espagne, ne peuvent atteindre le marché américain à travers la barrière de douane absolument prohibitive qui en défend l'accès » !,
Cette décadence, due à des causes générales, n’était pas particulière au commerce cettois; malgré la faveur dont jouissaient toujours outre-atlantique les grands crus et les champagnes français, les chiffres de l’exportation française baissent alors considérablement. De 221.799 h! en 1874, ils passent à 84.823 hl en 1880, à 65.944 Dh! en 1885 et tombent à 47.081 hl en 1889.
Amérique du Sud. — Nos exportations à la Plata, au Brésil, en Uruguay ont continué à décroître. La production vinicole de ces pays augmente; parfois même ils fabriquent des vins de raisins secs et des vins de sucre. Les vins espagnols nous concurrencent sérieusement sur ces marchés. Enfin, à partir de 1888, date de la rupture du traité franco-italien, le stock italien désormais privé du débouché français tombe à des prix excessivement bas, qui lui permettront de conquérir les marchés sud-américains, avec l’appoint de frets bien inférieurs aux frets de Cette
1 Chambre de Comm., c. r. 1894.
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et Bordeaux et le précieux appui de la population italienne immigrée.
Angleterre. — Enfin du débouché anglais nous n’avons rien à dire qu’on ne sache déjà. [ ne compte presque plus pour le commerce eettois.
Si l’on veut maintenant avoir une vue d’énsemble du mouvement des exportations et apprécier sa décroissance, il suffit de citer les quelques chiffres suivants. Les chiffres donnés au début de ce paragraphe exprimaient les exportations totales, y compris les sorties à destination de l'Algérie; les chiffres ci-dessous traduisent la. véritable exportation, celle à destination de l’Etranger. Elle était:
En 1871 de 329.419 hl En 1880 de 125.170 hl En 1875 de 210-231 En 1885 de 164.708 hl En 1889 de 75.242 hl
Nous ne craignons pas de répéter que les causes de cette décroissance étaient multiples; nous les avons relevées en étudiant sommairement les divers débouchés offerts au commerce cettois. Ce sont: la crise phylloxérique avec, comme corollaire, l'élévation des prix; la concurrence étrangère, les barrières douanières; enfin, dans certains pays, la concurrence de la viticulture indigène. En vérité, il faut reconnaître que, pendant cette période, des circonstances terriblement adverses vinrent frapper le commerce cettois. Aussi convient-il de protester hautement contre certaines accusations d’inertie dirigées, à l’époque même, contre notre commerce local, Un certain Leprince, dans une brochure de 1880, n’hésitait pas à lancer pareille accusation et ajoutait: € La vérité est que ce commerce sait se contenter de peu: l'Algérie et la France lui suffisent. Son syndicat aurait ici cependant une féconde initiative à prendre; pourquoi n’entretiendrait-il pas à l’Etranger, en Extrême-Orient principalement, des voyageurs qui, à l'exemple de ceux de Marseille et de Bordeaux, provoqueraient des échanges, Ini assurant ce double profit: profit
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sur les vins exportés, profit sur les marchandises importées » !,
Nous ne nions pas qu ] n’y ait quelque bonne idée dans cette Suggestion, mais il était vraiment injuste de méconnaître les faits indéniables qui avaient, de divers côtés, affecté le commerce de Cette d’une facon aussi grave. Il faut convenir toutefois que, pour un polémiste, il était plus
commode d’accuser les commerçants cettois que le phylioxéra.…