ETUDE DES DÉBOUCHÉS
Russie. — Nos exportations en Russie, comme les exportations de vins français en général, ont baissé constamment et d’un mouvement accéléré. Cette baisse a plusieurs causes. La première est l’aggravation vraiment excessive des droits de douane, et l’obligation de payer ces droits en or, qui, hée à la baisse du rouble, constituaient pour nos vins une barrière très haute. Enfin nos vins, déjà mal placés pour les raisons précédentes, devaient compter chaque jour davantage avec la concurrence des vins indigènes. En effet la culture de la vigne se développait assez rapidement dans la Crimée, le Turkestan, le Caucase; les procédés vinicoles s’y perfectionnaient. Déjà en 1860, A. de Molinari avait parlé dans ses relations de voyage des (éditions imitées de Rivesaltes, de Lunel, ete, qu’il avait savourées dans les cave de Magareff » . Sans doute, malgré les sérieux progrès réalisés dans la vinification, les vins de Bakou ne valaient sûrement pas, en 1885, les produits cettois, mais ceux-@i ne pouvaient désormais s’offrir qu’à des prix bien supérieurs aux produits locaux; et qui ne sait qu'aux yeux de la clientèle la question prix prime souvent la question qualité ?
Hollande, Belgique. — Nos sorties à destination de la Hollande, sensiblement stationnaires de 1876 à 1885, marquent dès lors un fléchissement notable. Une baisse analo-
1 P. Taquet, Les Boissons dans le Monde entier, p. 194.