MIDI
Expéditions 58^.635
Arrivages 200.791
Expéditions Sgi . 706
Arrivages i63.63i
L'activité de la Compagnie du Midi correspond à l'essor industriel de la région de la Garonne. Ces résultats prouvent que c'est la situation sur la route du Lauraguais et à proximité de l'Espagne qui est une des possibilités d'avenir de Cette. Avant la guerre, la gare du Midi expédiait AS trains de marchandises, la gare du P.-L.-M. seulement lo.
Malgré l'activité révélée par tous ces chiffres, ces voies, dans leur état actuel, sont devenues insuffisantes pour dégager le port : les encombrements récents en témoignent.
La voie Cette-Toulouse-Bordeaux a un profil normal ; elle est facilement utilisable et remplirait parfaitement son office, si la bonne volonté die ses dirigeants le permettait.
Par contre, il est certain que la ligne des Causses ne sert et ne servira guère de dégagement au port de
LE PORT DE CETTE gO
Cette. L'exportation du Roquefort, comme l'importation des peaux d'agneau, de mouton et autres en provenance d'Espagne ou d'Algérie, pour les ganteries et tanneries de Millau, se font par Marseille. Cette voie des Causses est difficilement utilisable, car la traction y est coûteuse. A. voie unique, ayant nécessité de multiples travaux d'art, elle n'est pas une ligne de rapport pour la Compagnie du Midi. Son profil est très tourmenté : le point culminant, à i.ioo mètres, est atteint par quatre rampes très fortes. Il en résulte qu'une robuste machine n'y traîne que 200 tonnes de marchandises, alors que de Cette à Narbonne, par exemple, une locomotive de force moyenne en traîne de 600 à 1.200. L'électrification améliorerait les rendements, mais par suite du régime des eaux dans les régions calcsTires des Causses, l'énergie électrique est rare et onéreuse. La ligne des Causses ne peut donc être pour Cette que d'une utilité limitée.
La Compagnie P.-L.-M. dessert Cette sur les trois directions : Genève, Paris, Massif Central. Elle fait passer le trafic cettois de ou pour Paris, sur sa ligne Paris-Lyon-Marseille, à peine suffisante pour desservir Marseille. La distance et le changement de ligne à Tarascon favorise Marseille au détriment de Cette.
Une voie de dégagement vers Paris, à travers le Massif Central, serait favorable à Cette. Cette voie pourrait être celle d'Alais à Clcrmont. L'électrification de son unique rampe, Alais-Langogne, est en projet.
La création de trains de marchandises directs par Montpellier et Alais mettrait Cette, par une voie peu encombrée, à 109 kilomètres d'Alais, 363 kilomètres de Clermont-Ferrand, 783 kilomètres de Paris au lieu de 869, dislance parcourue par Tarascon et Lyon.
Marseille serait alors plus éloigné de Paris que Cette (79 kilomètres en plus). Ce dernier port ne souffrirait plus de l'encombrement du Rhône. Cette ligne permettrait à Cette de profiter de l'activité intense du département de la Loire.
Les intérêts du port, de la région et de la Compagnie P.-L.-M. sont concordants. Espérons que ce point de vue économique sera compris des administrations publiques et privées.
Canaux.
Les prix élevés des transports par route et par fer font de plus en plus désirer une large utilisation de la voie d'eau. C'est par elle que les ports du Sud- Est pourront concurrencer victorieusement leurs rivaux de la Méditerranée ou de l'Atlantique.
Cette est desservi par le Canal du Midi, depuis i68ii, et par le Canal du Rhône à Cette dont l'exécution fut commencée sous l'initiative des Etats du Languedoc, en 1780, puis interrompue par la Révolution et terminée en 1824. Ce canal permet de relier ce port au Rhône et, par là, au réseau fluvial français. Le rôle modeste de ces canaux dans le dégagement du port est le signe manifeste de leur mauvais fonctionnement.