LA SITUATION DU PORT
Si l'excellence des conditions naturelles assurait la prédominance d'un port, Port-Vendres n'occuperait pas le trente-deuxième rang dans le classement de nos établissements maritimes.
Le littoral de l'extrémité méridionale du Sud-Est méditerranéen, par ses formes découpées, par la succession qu'il présente de baies profondes et abritées et de montagnes élevées que rongent les flots, est, comme les côtes provençales, très favorable à la vie maritime. A quelques kilomètres de la frontière espagnole, il succède, brusquement, pour le plus grand profit du marin et du touriste, aux étendues plates et sableuses qu'encadrent la mer et les étangs, tout le long du golfe du Lion. Les eaux deviennent immédiatement plus profondes, leur teintt* est d'un azur plus constant.
Port-Vendres est situé à l'Ouest du premier promontoire saillant que l'on trouve en venant du nord : le cap Béar, que surmonte un phare dont la portée lumineuse permet aux navires de repérer facilement la rade.
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La baie de Port-Vendres est dominée par deux hauteurs abruptes élevées de 700 à 800 mètres, où sont des tours bâties par les Maures qui les utilisèrent comme poste de guet. Une montagne plus élevée encore porte le fort Saint-Elme qui domine, au Sud-Est, Port-Vendres, au Nord-Ouest, la baie de Collioure, petite ville assez active, grâce à ses pêcheries d'anchois et à ses ateliers de salaisons.
Facile à reconnaître, Port-Vendres ne l'est pas moins à fréquenter.
L'avant-port, large de 3oo mètres et profond de g mètres, est à l'abri des courants et des sables. Derrière lui, le Port Neuf ou Bassin de Gastellane, également profond de 9 mètres, est protégé contre tous les vents. Seul, le Vieux Port, ou Bassin de l'Obélisque, est exposé aux assauts furieux de la Tramontane. Elle y pénètre par une trouée qui suit la route de Collioure. Ce vent n'est point un danger pour les navires. En Méditerranée, les vents du Sud provoquent les redoutables tempêtes qui donnèrent un renom sinistre au golfe du Lion. Contre eux, Port-Vendres est naturellement très abrité.
Port-Vendres, situé à l'entrée du golfe, a donc une importance exceptionnelle comme port de refuge. Malgré les efforts humains, cela n'a pas suffi à lui donner une vie commerciale intense.
Dès la plus haute antiquité, les Phéniciens y avaient fondé un port consacré à Astarté, d'oii le nom latin de Port-Veneris. A l'époque moderne, les premiers travaux exécutés à Port-Vendres datent de 1628 et sont dus à l'initiative de Vauban et à la ténacité du Maréchal de Mailly. Ils n'entraînèrent pas d'activité notable. De 1784 à 1784, les habitants du hameau de
LE PORT DE PORT-VENDRES
LE PORT DE PORT-VENDRES
Port-Vendres passèrent de 45 à 88. En 1887, de nouveaux travaux, continués sous le Second Empire, la conquête de l'Algérie ayant attiré l'attention sur cette localité, occasionnèrent une dépense de six millions.
Malheureusement, la voie ferrée passait à une hau-
Fig. 9. — Vue panoramique de Port-Vendres.
teur de 25 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce fut un obstacle à l'essor de Port-Veftdres, auquel il a fallu remédier par la construction de voies ayant accès aux quais du port.
Le trafic.
Si l'activité de Port-Vendres est minime, elle n'est point cependant négligeable. Dans ces six dernières années (191 2-1920), la moyenne annuelle du trafic donnait le chiffre de 89.000 tonnes. Les années les
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meilleures de cette période furent 191 2 et 191 7, le trafic atteignit loi.ooo tonnes. L'année la plus mauvaise fut 1914, avec 5o.ooo tonnes. La guerre n'a pas amélioré la situation de Port-Vendres. En 1907, le trafic fut de 123.000 tonnes. En 192 1, à Port-Vendres comme dans tous les autres ports, les chiffres du trafic seront inférieurs à la moyenne ordinaire. Peutêtre moins de 45 000 tonnes, à cause de la diminution des importations des céréales algériennes de la récolte 1920 et de l'élévation des tarifs douaniers espagnols.
Comme dans tous les ports français, la majeure partie du trafic est assuré par les importations, bien que dans une proportion moindre. Si, pour 191 2- 1920, la moyenne des importations est de 69.000 tonnes, c'est-à-dire égale à un plus des deux tiers du commerce total, il ne faut pas oublier, qu'en 1907, les importations ne figuraient que pour le quart du trafic : 3i.ooo tonnes sur 1 23. 000. Actuellement, la diminution du trafic porte sur les importations et il est à prévoir, qu'en 192 1, elles s'équilibreront presque avec les exportations.
Un fait particulier à Port-Vendres, comparé à son voisin Cette, est l'apport considérable du cabotage dans le mouvement du port, part d'ailleurs en diminution constante :