LÉGENDE
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Fig. 10. — Plan des bassins du port de Nice
teur des marées o m. i5, tandis qu'elle est de o m. ii à Toulon et de o m. i8 à Naples. Mais, sous l'influence des vents et des variations de la pression barométrique, le niveau de l'eau oscille de plus de
un mètre et les basses mers descendent à o m. 5o audessous du nivellement général de la France. Les eaux sont le plus bas en février et croissent jusqu'en décembre pour décroître ensuite. Une période stationnaire a lieu d'avril à juillet. Par suite de ces circonstances, le tirant d'eau des navires peut varier de 7 mètres à 7 m. 00, le premier chiffre convenant à toute saison.
Les pertuis existants permettent le passage de navires de toutes dimensions en longueur et en largeur.
Le premier bassin après l 'avant-port, dénommé Bassin du Commerce, peut recevoir des bateaux de i4o mètres de longueur, les autres bassins peuvent recevoir des bateaux de 100 mètres de longueur.
Le port comprend trois bassins :
1° Le Bassin du Commerce, qui fait suite à Tavantport et en est séparé par la Traversée du Commerce.
2° Le Bassin des Amiraux, qui fait suite au précédent et en est séparé par le môle du quai Rabotty.
3° Le Bassin Lympia, qui fait suite au précédent et en est séparé par les deux môles d'Entrecasteaux et Lunel, se faisant vis-à-vis et laissant une passe de 54 mètres.
La longueur totale des quais est de :
Mouillage de 7 mètres 091 mètres
— 6 mètres avec talus.. 2^3 —
— 6 mètres 10.^ —
Total : 1./187 mètres
La superficie totale des terre-pleins est de 56.63o mètres carrés, soit 5 hectomètres carrés en nombre rond.
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La surface d'eau est de :
Bassin du Commerce 35.i5o mq.
Bassin des Amiraux 28.840
Bassin Lympia 40.280 —
Total .... 104.270 mq.
soit 10 hectares en nombre rond.
L'amélioration du port.
Le creusement du port de Nice a été ordonné en 1760 par Charles-Emmanuel III, duc de Savoie.
Le quartier Lympia fut choisi pour son emplacement.
Les travaux de creusement du bassin et la construction des môles primitifs étaient achevés en 1792, au moment de l'occupation française. De 1862 à i858, le môle extérieur, prolongé, atteignit la longueur totale de i5o mètres, en avant des pilastres d'entrée du promenoir supérieur. Les quais, en dehors de ceux des môles, ont été construits par tronçons successifs entre 1820 et 1860.
Après l'annexion du Comté de Nice à la France, l'ensemble des ouvrages du port fut reconnu insuffisant à donner satisfaction aux besoins du commerce.
L'approfondissement des bassins et de la passe à des cotes variables, du fond à l'entrée, entre 6 et 7 mètres au-dessous du zéro Bourdaloue, fut la première amélioration réalisée par l'Administration française.
Par des travaux plus importants, exécutés entre 1870 et 1880, le môle extérieur fut prolongé à nouveau d'une longueur de 100 mètres.
A la suite des réclamations du commerce maritime, sur l'initiative et avec le concours pécuniaire de la Chambre de Commerce de Nice, un décret du 8 janvier 1807 déclare d'utilité publique un nouveau programme de travaux d'amélioration comprenant notamment : l'aménagement du quai réservé aux navires charbonniers et son avancement en eau profonde, l'amélioration d'autres travaux du port, l'agrandissement d'une cale.
Ces divers travaux ont été exécutés et terminés dans leur ensemble en 1902. Malgré les améliorations que nous venons d'énumérer, les bassins et les quais, ainsi transformés, ne purent suffire au mouvement progressif du port de Nice, essor consécutif au développement exceptionnel de la vie économique du département des Alpes-Maritimes.
Reculant devant les dépenses trop onéreuses qu'auraient nécessitées l'agrandissement des bassins actuels et l'élargissement de leurs quais, l'Administration des Travaux publics entreprit la création d'un avantport, par un empiétement sur la mer, entre le môle extérieur, prolongé par une jetée de 235 mètres et la partie Ouest de la plage du Lazaret.
Le prolongement du môle a été commencé en 1904 et la nouvelle jetée est achevée depuis 1908.
Les travaux d'approfondissement de l 'avant-port, actuellement dénommé Bassin du Commerce ; la démolition du môle du Carénage, devenu inutile par les prolongements successifs du môle extérieur et la construction du Bassin du Lazaret ou du Commerce, furent exécutés de 1908 à i9i3.
Entre temps, une décision ministérielle du 26 mai 1908 avait approuvé le projet d'approfondis-
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sèment du port proprement dit, à la cote uniforme de 6 m. 5o sous basses mers.
La construction d'un mur de quai au môle Lunel, sur une longueur de 58 mètres, fondé à 6 m. 5o sous basses mers, fut déclarée d'utilité publique, par décret du 29 mai 191 1. Les travaux ont été exécutés en 1912-1913. Cette amélioration a eu pour effet d'offrir un quai aux bateaux de longueur réduite qui, auparavant, manquaient de place spéciale et gênaient les mouvements des bateaux ordinaires. Un décret du 12 juillet 191 2 autorisait l'exécution de nouveaux travaux, jusqu'à concurrence de i.444.ooo francs.
Ces mesures ont pour objet d'offrir au commerce une nouvelle longueur de quai de 3i4 mètres, qui est rendue nécessaire par le développement continu du trafic, dû à la prospérité de la région.
La dépense totale faite ou engagée dans les quinze dernières années a été de 5.673.136 fr. 52.
Dans ce chiffre, une somme de 199.500 ifrancs, pour installation des grues électriques et de conduites d'eau a été payée entièrement par la Chambre de Commerce de Nice. Le surplus, soit 5.473.636 fr. 52, a été réparti entre l'Etat, la Chambre de Commerce de Nice et la ville de Nice.
Les travaux projetés sont :
1° Les travaux d'amélioration du quai des Docks et du quai des Caboteurs, dans le bassin intérieur, dit Lympia.
2° Les travaux d'extension de l 'avant-port.
Ces travaux ont pour objet d'atténuer la houle dans le premier bassin dit du Commerce, et d'offrir un quai spécial pour une catégorie intéressante de
bateaux touristes qui affluent en hiver et contribuent à la prospérité du pays.
La dépense est évaluée à 2.3oo.ooo francs.
Ces travaux ont été pris en considération par une décision ministérielle du g novembre 1914, qui a donné des instructions pour la rédaction de Tavantprojet définitif.
L'outillage du port et son avenir.
Le port de Nice ne souffre point de l'indifférence des administrations locales. La Chambre de Commerce de Nice s'est consacrée à son amélioration et à son développement. Ses efforts ont d'ailleurs été récompensés par les accroissements de trafic, de 1887 à igiS.
Au cours de l'année 1887, le trafic du port enregistrait un tonnage de jauge total de 162.808 tonnes.
En igiS, le mouvement du port correspondait à 1. 4/^4-928 tonnes de jauge.
La guerre lui a causé un grand préjudice, comme le montre la statistique du mouvement des navires et des marchandises, de igiS à igi8.
TONAGE DE JALGE
TON:tAGE DES MARCI1A.>DISES
ANNÉES
en tonnes
en tonnes
l48 LE PORT DE NICE
Avant la guerre, le tonnage du port de Nice a enregistré une progression, dont la moyenne a été, au cours de la période décennale igoS-igiS :
Pour le tonnage de jauge, de 47.694 tonnes par an ;
Pour le tonnage de marchandises, 9.040 tonnes par an.
La progression annuelle de 10.000 tonnes environ, pour le tonnage de .marchandises peut être considérée comme constante. Sera-t-elle dépassée dans l'avenir, alors surtout que le port de Nice, agrandi et amélioré par la dotation de quais en eaux profondes, pourra ajouter au trafic maritime actuel celui qui sera la conséquence de la mise en exploitation de la ligne internationale Nice-Coni.
Un facteur du développement du trafic du port de Nice sur lequel on peut compter encore, réside dans la mise en valeur des chutes d'eau des vallées du Var ou de ses affluents et, notamment, de la Haute- Tinée.
Dans sa session d'octobre 1919, le Conseil général des Alpes-Maritimes a décidé que la concession des chutes de la Haute-Tinée entraînerait l'obligation, pour le concessionnaire, d'utiliser la force produite dans le département.
L'application de cette décision ne manquera pas de provoquer dans la région la c'réation d'industries nouvelles qui, pour l'approvisionnement de toutes les matières premières nécessaires à leur fabrication, utiliseront le port de Nice.
Un projet de ligne directe Nice-Grenoble est à l'étude. L'exécution ne manquera pas d'avoir une influence heureuse sur le développement du trafic maritime du port, mais cette exécution est encore trop
lointaine pour que les résultats envisagés puissent trouver place dans l'énumération des causes qui peuvent contribuer à la progression immédiate du tonnage.
L'outillage mécanique du port de Nice est actionné à l'aide de l'énergie électrique fournie par la Société Energie Electique du Littoral Méditerranéen.
Les engins de levage du port de Nice appartiennent à la Chambre de Commerce qui en assure l'exploitation et la mise à la disposition du public. Il n'y a pas d'engins privés pour la manutention et le levage des marchandises.
Ils se composent d'une grue à bras de lo tonnes ; une grue fixe de la force de 3o tonnes installée à l'angle Nord-Est du quai de la douane.
Cette grue électrique peut aussi être manœuvrée à bras.
Huit grues roulantes sur rails de la force de 3 tonnes.
Ces huit appareils sont placés :
Deux sur le quai de la douane;
Deux sur les quais d'Entrecasteaux;
Quatre sur le grand quai du Commerce.
La Chambre de Commerce se préoccupe d'outiller de grues électriques le quai Vmiral-Infernet, en construction, par l'acquisition de quatre ou six grues de 3.000 et 5.000 kilos.
Il n'y a pas de hangar public ni de hangar privé sur les quais des ports. Mais le public dispose de magasins et entrepôts qui appartiennent à une compagnie privée.
Pour la manutention des grains, la Chambre de Commerce possède et met h la disposition du public dix peseurs-ensacheurs automatiques s'adaptant à trois
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caisses, une fixe et deux sur roues, pouvant recevoir chacune quatre peseurs-ensacheurs.
Pour le débarquement des sacs, on peut compter sur une moyenne de loo tonnes par jour et par panneau avec les moyens du bord, et 260 tonnes en se servant des grues, à condition qu'il n'y ait plus de pesage au moment du débarquement ou que celui-ci soit fait par wagons entiers.
Quand la mise en sacs a lieu dans les cales du navire, on peut arriver aux mêmes résultats.
Si l'on fait usage des peseurs-ensacheurs automatiques, le rendement journalier de chacun d'eux peut être évalué à 5o tonnes.
Les ouvriers dockers sont, en temps normal, au nombre de 260 environ et suffisants pour assurer le travail normal du port. Ils sont, pour les trois quarts, de nationalité italienne et en grande partie syndiqués.
Quelques-uns sont spécialisés et groupés pour le débarquement et l'embarquement des navires réguliers, l'embarquement des chaux et des ciments et ne font que ces opérations.
Il n'y a à Nice que deux entrepreneurs de manutention, auxquels il faut ajouter quelques contre-maîtres qui prennent des entreprises, à leur compte personnel ou à la part, avec des ouvriers employés par eux.
Tous les quais et terre-pleins du port sont éclairés à la lumière électrique. Cet éclairage permet les travaux d'embarquement et de débarquement pendant la nuit.
Ainsi, l'outillage de chargement et de déchargement a été perfectionné grâce à la vigilance de la Chambre de Commerce. L'utilisation de l'énergie électrique a facilité ces améliorations.
Par contre, il n'existe pas d'ateliers spécialisés dans
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les travaux maritimes ; les petites réparations peuvent y être exécutées par les ateliers avoisinant le port.
Ainsi, le port de Nice, bien situé, convenablement abrité, est doté de moyens d'action qui lui vaudraient une activité plus grande, s'il desservait une région productrice de marchandises ayant beaucoup de volume.
Mais la nature du sol, les particularités de l'industrie des habitants lui ont ^imposé jusqu'ici un rôle plus actif à l'importation qu'à l'exportation.
En igiS, année normale d'avant-guerre, il recevait des marchandises ayant une valeur de 82 millions 900. 000 francs et en quantités.
A l'importation :
Houilles et agglomérés 118.000 tonnes
Vins 24-000 —
Céréales 20.000 —
Bois de construction 17.000 —
Huiles végétales 8.000 —
A l'exportation :
Chaux et ciments 65. 000 tonnes
Huiles raffinées 9.000 —
Carbure de calcium 2.5oo —
Quel sera son avenir ? Les mouvements du trafic international favoriseront-ils son essor ? Les relations avec la Corse se développeront-elles ? Les Niçois l'espèrent et, en tous cas, le concours des pouvoirs locaux, et surtout de la Chambre de Commerce, peuvent être un facteur de sa prospérité. Mais le véritable agrandissement du port de Nice ne sera-t-il pas l'aménagement de la baie de Villefranche ? C'est
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l'opinion soutenue par M. Glaveille, dans son étude sur les ports français, elle est partagée par les élus du département qui ont fait des démarches pour obtenir une escale des grands paquebots des Compagnies anglaises et américaines.