SA SITUATION. - SON IMPORTANCE
Le port de Saint-Louis a été aménagé afin d'assurer la liaison directe de la Méditerranée au Rhône. Avant la guerre ,il était classé au dix-huitième rang des ports français par l'importance du mouvement des navires. Il est uni au golfe de Fos par un canal de 3.000 mètres de long sur 6 mètres de profondeur. Il offre une superficie de i4 hectares et i.5oo mètres de quai. Il communique avec le Rhône profond par une écluse longue de i5o mètres, large de 22, creusée à 7 m. 4o. Du côté du golfe, il débouche dans un avant-port de 100 hectares, protégé par une jet^e oblique, longue de 1.740 mètres.
Au centre du musoir qui forme l'extrémité Est de la jetée, un phare à feu fixe, placé sur une tour de i3 mètres de hauteur, peut éclairer dans un rayon de II milles.
Les intéressés au développement du port réclament un approfondissement des bassins à 8 mètres. Serontils entendus ? Les autorités marseillaises ne déclarent-elles pas que Saint Louis est un non 6ons ? Elles ne peuvent accepter, sans humeur, l'essor d'une im-
l56 LE PORT DE SAINT-LOUIS DU RHONE
portante minoterie, outillée pour décharger directement un navire de i.ooo tonnes par jour et qui a été créée à Saint-Louis afin d'éviter les frais élevés des déchargements du port de Marseille.
Deux industries d'huiles minérales^ deux usines de produits chimiques ont été installées à Saint-Louis pendant la guerre.
Ce port accumule en stocks certains produits, tels que les chaux et ciments de Lafarge, en provenance de la vallée du Rhône. Avant la guerre, on avait projeté le stockage de phosphates et de minerais africains, destinés aux usines de Lyon et de la vallée du Rhône, ce qui aurait alimenté la navigation du fleuve pendant la morte-saison des transports.
Le tonnage total manutentionné à Saint-Louis-du- Rhône au cours de l'année 1920 est de Sio.ooo tonnes. Ce chiffre comprend des importations pour 260.000 tonnes, dont 125.000 de phosphate se décomposant ainsi : de Sfax, 48.000 tonnes ; de Tunis, 47. 000 tonnes ; de Bône, 20.000 tonnes ; de Bougie, 8.000 tonnes. Les minerais de fer (Benisaf), de chrome ou de manganèse (Espagne) comptent pour 28.000 tonnes. Les vins viennent ensuite avec i5.ooo tonnes. Ce transit tend à s'accroître très notablement. Le reste des importations se compose surtout de blé d'Amérique, huile minérale brute de Batoum ou de Philadelphie, et de pâtes à papier.
A l'exportation, on a compté 5o.ooo tonnes, partie en chaux et ciments, partie en diverses marchandises. Le courant d'exportation le plus notable va vers l'Algérie-Tunisie, desservie par des services réguliers.
Ces chiffres ne comprennent pas les marchandises intéressant la navigation côtière.