hectol
Ces chiffres sont d'une évidence qui supprime tout commentaire.
Le département de l'Hérault fournissait, à lui seul, le cinquième de la production nationale (12.900.000 hectolitres en i865) et c'était le cinquième de notre exportation qui passait par Cette.
Le tonnage total du port variait alors autour de 700.000 tonnes. La moyenne annuelle des entrées et sorties était passée de 3. 060 navires pour la période i84o-i844 à 6.226 pour la période 1870-1874. Ces chiffres ne devaient plus être atteints, car l'augmentation de la capacité des navires allait entraîner la diminution de leur nombre.
La population de Cette, qui était de 11.000 habitants en i836 atteignait 28.000 en 1875.
L'année 1866 nous fournit le chiffre maximum de l'exportation vinicole, chiffre jamais atteint ni avant ni depuis. Cette même année cependant, en pleine prospérité, apparaissent déjà les prodromes de la décadence : la concurrence victorieuse des vins ibériques sur les marelles anglais, allemands et hollandais, la production du vin dans les colonies anglaises, la stagnation du commerce avec la Russie, qui commence à se fournir en Crimée, font ressentir leurs effets dès 1866. La même année, dans l'Italie unifiée, on produit du vin en grande quantité. Jusqu'alors, cette nation offrait un débouché. L'Algérie qui prenait à Cette le 73 % du vin qu'elle consommait (368. 477 hectolitres en 1866), diminue ses achats car, chez elle aussi, la culture de la vigne est également en progrès.
Le commerce des eaux-dc-vie du Languedoc est sérieusement touché par l'apparition, sur le marché, des alcools de betterave.
3o LE PORT DE CETTE
A l'égard de tous les débouchés des vins méridionaux, les concurrences étrangères ou indigènes, développées et favorisées par un état politique général de stabilité, par la construction de voies de communication et par les traités de commerce, menaçaient donc l'exportation cettoise. La crise phylloxérique allait abattre, pendant un demi-siècle, la vie du port déjà transformée par des événements d'ordre économique.
Trafic de Cette dans la période contemporaine.
La crise phylloxérique ruina la viticulture méridionale et par là détruisit toute possibilité d'exportation. Les élémeits d'activité de Cette changèrent complètement : de port d'exportation la ville devint et resta port d'importation.
Pendant quelques années, Cette collabora avec la viticulture régionale, en contribuant à maintenir l'usage du vin dans les pays de consommation, pendant la dure période de la reconstitution du vignoble. C'est alors que les vins espagnols entrent en masse, que les vins italiens apparaissent pour la première fois, ainsi que les vins d'Algérie et les vins d'Orient, mistelles de Grèce et du Levant ; ces dernières nécessaires, à l'industrie des vins de liqueur dont l'exportation ne disparut pas complètement, grâce à la création d'entrepôts de coupage, en 1872.
Le tableau suivant permet de suivre les modifications brusques de ce trafic.