PAR LB MARQUIS DU ROURS
Frère Olivier Maillnrd, moine franciscain , présente une des physionomies les plus remar* quabks de notre XV^ siècle, si riche en figures caractéristiques.
Né en Bretagne, vers 1430, il réunit-, auplus haut degré , les deux traits saillants attribués à ses compatriotes, la franchise et Vinflexibiiitê: Sa foi- n'est pas douteuse; elle respire trop bien dans sa conduite comme dans ses discours. Bisons qu'elle^ fut* absolue pour le fimd et, dans la forme, intraitable et naïve.
Certes, ce n* et ait pas un demi^rétièn qui, menacé par les familiers de Louis XI, pour quelques hardiesses lancées du haut de la chaire.
* Analecta hiblion, Paris, Techener, i836, 2 vol. in-8»; tome I, p. 173 et suivantes.
NOTICB SUR OLIVIER MAILLARD Xm
i*être COUSU dans un sac et jeté à Veau, répondait: « Dites^ui que j'arriverai plus tôt en paradis par eau que lui sur ses chevaux de poste! » qui, pour mieux flétrir V impureté, allait la démasquer jusque dans le sanctuaire, et confondait, dans une censure également mordante, les vices de tous les rangs et de toutes les professions, même de la sienne.
Il est peu df actions plus chrétiennes que celle-ci, rapportée par le Père Niceron. Maillard omit offensé deux magistrats de Toulouse en prêchant, d'&^nt le Parlement de cette ville ^ contre le$ wtamntisjttg'es^ Uarchev^qne V interdit pour avoér la paix. Alors quefait-il ? il court se jeter aux pieds des offensés^ leur demande pardon, mais, M mémetemps^ il leur trace une" si vive peinture dm sort qui attend les pécheurs impénitents, que cm deux hommes se couvertisseat et renoncent à leuf état, que mêine Pvn d^eux^embrusselaviemmias^ tiipie. dans un ordre tfpès^^austire:
li était ifrfatig^ie , se trûm^ait partout , omié tauty et intervenait dons^ toutes^' /ér aflMresy gpTonde^ et petiteersans intrigue, emisdêtvur^r in$i si l'on veui^sans^mesurer. Mid^quelUi impo^ ttdt l'opinion du monde, à lui, dtvûré dU i(èf^ émngélïque?, li m^ eomiuisemt qpfïim lôif, fo
JUV mmtCL SD» OLIflB MAnt^w^
eriamphi Ji ss cause. Soû ^ncf, xvr Tordre dm Part Innocent l'III. il poMrmriî vaâiememt, auprcs au roi Charles VIII ^ Vabolitûm de la fraL^matique df Charles Î7I : soiî que, bami de France pou^' at*otr hautement condanmc la ripw dtation de Jeanne de France par Ijmis XII^ U alla: aussitôt porter ses dures vérités à la cour de r archiduc Philippe de Flandre; ou que, f 'amené dans Parts , il r introduint de force, dans le ^atid comment des Frères Mineurs, la ré forme des Corde/iers de l'Observance, il jr montra toujours éira!, toujours conforme à /i»même, rigide et indomptabU, Cette dernière opération de la réforme des Cordeliers de la capitale, toutefois, le surmonta, mais seulement efi abrégeant ses jours : cesi^à^ire que, de nouveau chassé de Paris , il fut pris de ckagrin^ et s'efj alla mourir prématurément à Toulouse, le j S Juin j5o2 , en odeur de sainteté.
l^s historiens, et not amment Af. de Tlum, qui ic traite de scélérat et de traîtne, lui ont reproché ddf'oir obtenu de Charles VIII, qui voulait S^plcs, la restitution de la Cerdagne et dm Jiou9- SéiJoN, que Louis XI omit achetés à réméré .<««*, «)«)^ é^us. Mais ces asiteurs auraient dû A^«^vr ^ue la probité religieuse mipbts loin que