NOTICE SUR OLIVIER MAILLARD XVII
au goût non encore épuré de son auditoire ; car son esprit ne Vêtait pas, ainsi que le prouvent les ébauches qui nous sont venues sous son nom.
Celles-ci, développées convenablement, sont des germes d'excellents sermons. Elles se suivent, du reste, en si grand nombre, avec une telle richesse de réflexions et de souvenirs, qu'il n'est peut-être pas un point de doctrine, un trait de l'histoire sainte, un article de croyance, de morale ou de discipline qui n'y soit traité et appuyé de textes de l'Écriture, des pères et des docteurs. N'est-ce pas un thème fécond que le suivant, pris au hasard dans un des sermons après la Pentecôte ? D'où vient que les châtiments du pécheur se font d'or-^ dinaire si longtemps attendre? Serait-ce que Dieu ne peut pas punir, ou qu'il ne le veut pas, ou qu'il ignore le péché, ou qu'il ne le hait pas? Négation de ces quatre propositions, fondée sur la puissance de Dieu, sur sa justice, sur sa science, sur sa bonté infinie. Alors, d'où vient cette peine tardive ? elle vient de la miséricorde d'un père qui laisse au pécheur le loisir de se repentir, de l'équité d'un juge qui veut éprouver les justes, etc.
Autre exemple tiré d'un sermon sur la Made^ leine. Cette femme était en péril de trois côtés :