‹ Ceux de VerdunChapitre 1 sur 58 · QUL D'UN EFFORT DE SES REINS VIGOUREUX, LE LANÇA DANS LA GLOIRE · texte numérisé non relu

QUL D'UN EFFORT DE SES REINS VIGOUREUX, LE LANÇA DANS LA GLOIRE

Ce livre est écrit "pour vous, embusqués

{Je mets dans ce mot : embusqués, peu de bienveillance, certes, mais peu de colère. Vous valez mieux que vous ne le pensez vous-mêmes*

J'ai vu à Vœuvre quelques-uns des .

vôtres, de ceux qu'on débusqua bur le tard.

Dans rimpatience qui les crispait de se racheter de leur faiblesse, dans leur violent désir de mériter les suffrages de leurs eamarades, ils dépassaient en vaillance les vieux poilue du début de la campagne 1...)

...Et pour vous, gens de V arrière qu^épouvante la crise du beurre, pour vous pessimistes de toute plume et de tout poil...

a Ecoutez, dites-vous, écoutez eeuœ du front... Comment ils jugent les opéra-

tiens... Comment ils ^parlent de leurs officiers... »

(censuré)

Parbleu !

Quand vous causez avec les combattants, c'est qu'ils sont en ^permission ou au repos. L'air qu'ils respirent a passé par vos poumons. Les verres où ils boivent portent la marque de vos lèvres.

Vous les avez étiolés, blessés, meurtris, et vous triomphez de ce que le cœur leur défaille !

Eh bien, soyez contents ! La première partie de ce livre contient un chapitre intitulé : la grogne. Et la deuxième partie également. Et également la troisième.

Des plaintes, des mécontentements, des colères, je n'ai rien atténué, rien omis...

Vous pourrez vous saouler tout à votre aise du vin empoisonné.

Ce livre est écrit pour vous, pères inquiets, mères tremblantes, veuves éplorées, fiancées misérables. Pour vous aussi.

Français et Françaises qui n'avez sur le

front aucun être cher, mais qui saignez des blessures de la France, Pour vous tous fui ne "pouvant tenir un fusil, marniez la hêche, le marteau, la plume, la résignation, la confiance.

Ecoutez la voiûd d'un combattant qui n'est qu'un pauvre homme mais sincère.

Oui, de la guerre nos soldats

. Oui ils souffrent, oui ils se plaignent, oui ils grognent.

Vous allez les entendre et vous froncerez les sourcils, peut-être...

Mais attendez !

Attendez que le tonnerre de Verdun gronde et roule. A ttendez que nos soldats soient, dans le plus effroyable des cataclysmes, jetés bouillants et rissolante comme les vairons dans la poêle à frire.

Et si vous ne frissonnez pas d'admiration, si vous n'êtes pas transportés par l'enthousiasme, si vous ne pleurez pas d'amour...

Mais vous frissonnerez . et vous pleurerez, je le sais bien d'avance !

Car vos

soldats, mais Us pen.^ent à leurs enfants, même ceuar qui ne sont pas mariés encore ;

ils pensent à leur pays, même ceux qui se disent antipatriotes ; ils savent qu'une paix sans victoire serait la ruine pour le pays, Vesclavage pour les enfants.

Et ils marchent !

Ecoutez encore...

Jusqu'ici — des yeux fermés éteignentils le soleil f — jusqu'ici nos soldats ont été des (CENSURÉ)

Les deux plus grandes victoires de la guerre, celle de la Marne et celle de Verdun, n'ont été que des rétrécissements de

(censuré)

Ils sont des vaincus, eux les fils de Poitiers, de Bouvines, de Marignan, de Denain, d'A usterlitz ! Et ils tiennent ! Et ils endurent les pires souffrances qui aient jamais assailli des corps et des cœurs d'hommes ! Et ils se battent ! Et quand une attaque les porte dans les lignes ennemies, leur impétuosité ne connaît plus de frein, leur témérité ne connaît plus d'obstacles. Et s'ils n'étaient pas tirés en arrière par leurs officiers, ils fonceraient en avant, absurdement, folle-

menty tant qu'un seul d'entre eux demeurerait debout !

Des prodiges qu'ils enfantent^ étant

imaginez les prodiges qu'ils jetteront sur le monde quand l'offensive se déclenchera, quand le succès leur sourira, qtuind ils pourront se mouvoir ^ au grand soleil ces soldats d'Austerlitz, quand ils pourront charger les larges plaines ces soldats de Denain et de Marignan, quand ils pourront se battre coude à coude, la vaillance de chacun électrisant la vaillance de tous, ces soldats de Bouvinés et de Poitiers !

Vous les verrez avaler les balles, jongler avec les obus, sauter à pieds joints par-dessus les fleuves. Les armées ennemies s'abattront comme des châteaux àe cartes. Les villes prises défileront comme, aux portières des express, les poteaux télégraphiques...

Et la Victoire, à les suivre, s'essoufflera !

Enfin, ce livre est écrit pour vous, mes camarades du front.

n Ceiix de Verdun », c'est dans le récit i va suivre les soldats du 95*.

Le premier, aux premiers tonnerres de rdun, le 95" est accouru ; le premier, il Uevé contre l'invasion la digue infran- Issahle. Et il n'est reparti qu'en Sepribre, battant ainsi de loin avec son.

ule, le *, le glorieiix record.

Mais l'ambition ne fut jamais la enne de monopoliser pour mon régint toute la gloire de Verdun.

Si le 95', a connu Douaumont, Fleury, ■nzée, Dicourt, les Eparges, il est, dans ciel de Verdun, d'autres étoiles qu'il n'a s allumées.

H Ceux de Verdun », c'est toute l'armée mçaise, la métropolitaine et la colalie, l'active, la réserve et la territoriale, bleus de la classe 16 et les vétérans de R. A. T.

C'est toute la France.

Toute la France est accourue sous Vern,à l'appel de Castelnau, de Pêtain, de velle. Chaque province de France a nasse là, dans la boue et dans le sang, gerbe de lauriers et s'en est allée, revi- Hée, vers de nouveaux combats.

La Marne avait été le baptême de Varmée nouvelle. Verdun fut sa profession publique d'invincibilité. .

Les éloges que je décerne à înon régimenty prenez-les pour vous, mes camarades. Au lieu de Douaumont lisez Haudremont, VauâOy Côte du Poivre, les Corbeaux, Béthincourt, côte 304, Avocourt, Malancourt, Bois des Caillettes, Thiaumont, Mort-Homme.,, et vous aurez votre propre histoire, histoire la plus mjagnifique qu'ait jamais écrite la bravoure humaine !...

demi-dieux ! 6 ancêtres ! ô soldats de Verdun !

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