‹ Ceux de VerdunChapitre 56 sur 58 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Ils t'aimeront, tes enfants] ils f admireront, ils s'enthousiasmeront à tes exemples, et ils donneront le jour à cette France nouvelle que tu sens s'agiter dans ton

sein.

Et puis, n'oublie pas ta haine. Gardetoi comme d'une flétrissure de l'oubli où t0 porte ta nature généreuse. Pense à ceuœ qui sont tombés près de toi, pense aux assassins qui les ont tués. Pense aux miles incendiées, aux femmes flétries, aux fillettes éventrées. Pense aux Brandebourgeois de Dov/iuniont qui pour entrer da/as le fort se déguisèrent en zouaves. Pense aux mitrailleurs de Dicourt qui pour prendre tes tranchées en enfilade mirent à leurs bras des brassards de brancardiers et transportèrent sur des brancards leurs pièces habillées de capotes. Pense à tes camarades de la Laufée qui, blessés et prisonniers, servirent de paravents à leurs bourreaux et s'abattirent sous tes balles!... Comme il faut au riche jardin une forte haie d* épines acérées, il faudra pour la France de demain — si belle ! — une haie de haute haine.

* Tu auras cassé les reins à la Bête, tu lui

aurds brisé les dentSy et tu seras pour longtemps à Vabri de ses morsures. Mais crains son haleine empestée^ crains Vadeur de ses décompositions !

Et que cette prière^ chaque jour, soit ta prière : « Notre Père qui êtes aux cîeux, élargissez mon cœur afin qu'il puisie contenir plus de haine. »

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