M. GUÉRINEAU
Cette liste est déjà bien longue. Nous pourrions la prolonger longtemps encore, mais je crois que ces. témoignages sont suffisants pour établir la crise de conscience qui travaille notre clergé français et que l’autoritarisme et la politique de nos évêques ne font que rendre plus aiguë. ER
Ceux qui parcourront les huit années du Chrétien Français seront édifiés sur la profondeur et l'étendue de ce mouvement. Nous avons dû laisser de côté quelques-unes de ces démissions et non des moins ins-
D ives. Nous avons négligé également cette catégorie Le 8 de prêtres que l’on appelleles gyrovagues.Mentionnons % encore pour terminer MM. les abbés Ruelle (Nice), Ber- . trand (Tours), Banquart (Beauvais), Mgr Brincat (AI- ger); MM.Bravais ( ), Joye (Versailles), Bauchard . (Bourges), Bessède (Montauban), Eugène Blanc 1 (Bourges), Camper (Vannes), Guillebert des Essarts (Toulouse), Galland(Verdun), Sansot (Toulouse), Laffite (Périgueux), Poncelet (Rouen), Ver (Perpignan), Nardon i E (Angoulême), Nézereaux (La Rochelle), Rousselle (Beau- # vais), Tarroux (Albi), Trupin (Arras), Toanen (Quim- per); MM. Armand Colin (dominicain), Casseville (ora- torien), Besnard (Blois), M. l'abbé Lorthioy Eee) | L. M. l'abbé Noël Loyot (Paris), etc., etc. (1).
(1) Nous pouvons encore ajouter M. l'abbé Mouraux, du diocèse d’Autun, à cause des services qu'il a rendus à notre œuvre.
Cependant il fallait répondre à toutes les demandes qui nous venaient des quatre coins de la France. Le prêtre qui quitte la soutane ne connaît souvent rien de la vie. Il va à l'aventure, sans ressources parfois, sans vêtements civils même, à la merci de ceux qui exploiteront sa naïveté et ses économies.
Nous pensâmes donc qu'il fallait un asile, une sorte de Maison hospitalière où ces naufragés viendraient se reposer, se recueillir, se reconnaître, et faire cette transition si difficile de l'esclavage à la liberté.
Dès l’année 1897, nous pouvions accueillir un certain nombre de ces évadés soit dans mon presbytère à Sèvres, soit dans une maison voisine qu’une chrétienne généreuse avait secrètement mise à notre disposition.
Au mois d’avril 1898, nous ouvrions la Maison Hospitalière de la rue Brancas, n° 4. Elle contenait sept chambres qui, jusqu’à la fin de l’année 1899, ont été presque continuellement occupées.
À cette époque, notre œuvre fut combattue avec
acharnement par quelques adversaires de nos idées et les ressources commencèrent à diminuer. C’est alors que je pris le parti de transformer mon presbytère en Maison Hospitalière au n° 93 de la rue Brancas et je continuai à recevoir mes hôtes chez moi.
En 1901, je fis une grave maladie qui me contraignit à reconnaître que les diverses œuvres que je menais de front : Eglise, Journal, Placement. Maison Hospitalière, étaient au-dessus de mes forces. On se fait difficilement une idée du dérangement qu'occasionnent des prêtres que l’on reçoit comme hôtes, qu’il faut mettre au courant d’une foule de détails, avec lesquels il faut discuter les points les plus divers de la théologie et de l’histoire dans d’interminables veilles. Je compris que je ne pouvais plus continuer ainsi, d'autant plus que les ressources diminuaient toujours (1).
D'ailleurs, à cette époque, quelques-uns de mes paroissiens manifestèrent les craintes que leur inspirait l'existence de cette Maison Hospitalière dans un petit pays où les catholiques sont de beaucoup les plus nombreux et appartiennent aux opinions cléricales les plus avancées. Pour leur donner satisfaction, je dus leur promettre de disperser désormais mes hospitalisés dans des familles chrétiennes, soit à Paris, soit ailleurs. Ainsi finit la Maison Hospitalière qui a fait tant parler dans le monde des sacristies et a fait verser des flots d’encre. Elle fut un moment la terreur du Vatican, qui ne commença à se rassurer que lorsqu'il vit que nous étions si mal compris dans certains milieux protestants et qui avait d’abord souscrit à la parole de Mgr l’'Evêque de
(1) Notre œuvre n’a jamais eu d'agent collecteur attitré. Elle n’a
vécu que des dons spontanés qui lui arrivaient de la part de ses amis. ;
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Nancy dans sa brochure sur les Périls de la foi: « Même en tenant compte des exagérations possibles la situation est absolument effrayante. »
La Maison Hospitalière et le Bureau de Placement ont été souvent visités par des membres de la presse parisienne. Voici d’abord un extrait de l'article publié par le Journal de Versailles et écrit par M. d’Echerac, ancien maire-de Sèvres :
.Personne ne s'intéresse à ces drames effroyables qui se jouent sous un crâne ou sous la mamelle gauche, quand ce crâne et cette mamelle sont le crâne et la mamelle d’un prêtre.
Un homme pourtant a compris cela. Il l’a compris etil ya compati, parce que, ainsi que son ancêtre, Jean Meslier, lui, prêtre, a frémi sous les mêmes révoltes et enduré les mêmes tortures.
Cet homme, c'est le pasteur de Sèvres-Bellevue, c'est le pasteur Bourrier. Et le vrai chrétien, purifié de la gangue romaine, qui est en lui, s’est dit qu’il y aurait lâcheté, sortant de cette géhenne dont il aenduré tous les supplices, à ne point tendre une main de délivrance à ceux qui lui sont en proie.
Et cet homme s'est mis à l’œuvre; et patiemment, silencieusement, il la poursuit depuis des années, accueillant, nourrissant, plaçant, encourageant les infortunés qui viennent à lui brisés, fourbus, n'en pouvant plus de vivre sous une robe jadis chère, qui les étouffe parce qu'elle est devenue pour eux une robe de mensonge.
De ces pauvres prêtres torturés par l'honneur ét la sincérité de leur âme, qui auraient pu vivre tranquilles, respectés et béats dans l'oisive quiétude d’une grasse imposture, mais dont la conscience préfère, au bien-être des prébendes, le pain noir de la vérité, il lui en est venu dix, puis cent, puis mille. Et voici que, maintenant, de tous les coins de la France, montent vers son refuge des voix see et implorantes.
Délivrez-nous du mensonge! clament çes malheureux ;
faites que nous puissions vivre en paix avec notre conscience ; sauyez-nous d’un ministère auquel nous ne croyons plus; faites que nous cessions de rougir de nos actes cultuels !
Mais, que peut faire tout seul, réduit à ses propres forces, le frère libérateur? que peuvent ses faibles ressources pour secourir cette légion pitoyable dont l'effectif, chaque année, dans de fabuleuses proportions, va croissant? La grandeur de l'œuvre et la faiblesse des moyens sont en telle disproportion !..
Après la note amicale il sera peut-être bon aussi d'écouter la voix railleuse et hostile de la presse boulevardière. Voici l'interview du Matin parue sous ce titre : Les Evadés de l'Eglise.
Au numéro 12 de la rue Vivienne, j'ai lu sur une plaque de marbre noir cette mention inquiétante : Le Chrélien français. Œuvre des prêtres évadés.
… Quelle était, au milieu de l'exubérance religieuse d'une ‘époqué qui se prétend sceptique, cette nouvelle forme de christianisme, et de quelle religion cellulaire les ministres s'évadaient-ils donc vers cette maison morne qui avait des allures d'hôpital?
J'ai gravi quelques marches obscures et j'ai pénétré dans un bureau que j'aurais pu confondre, de prime abord, avec la salle de rédaction du journal La Croix. Dans le mobilier conventionnel d’un cabinet de travail ecclésiastique, et sous la lumière confuse des lampes basses, quelques prêtres én soutane travaillaient en silence ; d’autres, dont un costume laïque masquait vainement le sacerdoce, attendaient ou cau- . Saient ; un évêque à longue robe, Mer Miraglia, venu d'Italie pour sauver la France, s'inquiétait de savoir si sa formule trouverait un placement dans le vide des âmes parisiennes ; et, serré dans la raideur d'une redingote pastorale, un personnage, qu'on devinait être le pontife de ce cénacle, les dominait tous de sa figure mystique et douloureuse. On me nomma M. Bourrier, ancien aumônier des Cercles catholi- - ques, ancien premier vicaire de la cathédrale de Marseille, et pasteur, sue hui, de l'église protestante de Sèvres.
C'était bien, comme Je faisait pressentir la tristesse de l'abord, un hôpital que cet homme dirigeait; mais ce n'était pas un docteur, c'était un malade qui soignait ses frères, qui pansait de sa propre souffrance la névrose d’autres êtres aussi lamentables que lui.
La rupture.
C'est en 1895 que le brillant aumônier de la Jeunesse catholique marseïllaise a jeté sa soutane par-dessus les clochers. Il l'a fait, par une lettre à Mer Robert, dont les affirmations quasi-dogmatiques sont peut-être discutables dans la bouche d'un homme qui se soustrait à l’étreinte des dogmes, mais dont les termes éclairent merveilleusement la crise dans laquelle sa foi succomba.
(Suit un extrait de cette lettre.)
A la lecture de ce document, le père, catholique de piété profonde, crut son fils possédé du diable et, l'ayant enfermé dans sa chambre, fit conjointement appeler à son chevet le vicaire général et le médecin.
Mais leur double exorcisme ne prévalut pas contre sa résolution.Il s'esquiva de nuit, et, tout brûlant d’un zèle que n’ont pas encore éteint les amertumes de l'expérience, s’en vint livrer à la capitale l’assaut de son Evangile.
C’est sans doute en mémoire de cette évasion qu'il ouvrit, à Sèvres, avec bureaux de ville rue Vivienne, une clinique de consciences, sous l’enseigne de : Maison des évadés (1). Deux cents prêtres, dont l'esprit, le cœur ou la chair avaient fait éclater la soutane, y trouvèrent un asile provisoire jusqu’à ce qu'une situation, généralement des plus modestes, remplaçät la maigre allocation du budget des cultes.
Quelques-uns, cependant, chez lesquels l'esprit de lucre .
n'avait pas expulsé l’Esprit-Saint, s’agrégèrent, comme M. Bourrier, à l'Eglise protestante — non pas au protestantisme officiel dont l’infaillibilité biblique neconvenaïit pas plus à leurs cerveaux inquiets que l'infaillibilité pontificale — mais à une nouvelle édition de la Réforme, corrigée de toute base
() Ceci est faux. (Nofe de l’auteur.)
traditionnelle, de tout culte extérieur, de tout intermédiaire entre l'homme et Dieu, et dont ils se sont fait, on ne sait trop pourquoi, les ministres superflus.
Ici une série de personnalités arrangées à la façon de l’auteur et pour les besoins de la cause, une cause de sacristie. On a déjà deviné à quelle coterie religieuse appartient l'écrivain.
Malgré les déboires qui s'accumulent et le deuil qui appesantit ses lourdes paupières, Bourrier, abbé, pasteur, gyrovague, chemineau d’un culte imprécis et d’un Dieu indéterminé, ne se tient pas pour battu. Il dresse, dans un effort, toute sa taille humaine contre les affirmations de Rome et rêve d’une religion commune et fraternelle, où tous les credos se confondraient dans la paix du Christ. Mais son rêve et son visage sont tristes, infiniment. Pendant que, sur le seuil de la porte de Sèvres, je lui serrais une dernière fois la main, j'ai lu cette inscription qui m'avait d'abord échappé: Villa des 1fs.
Et je me suis apitoyé sur l’homme qui, de son Midi éclatant, n'avait apporté qu'un arbre funéraire pour pleurer sur le mal de sa pensée et la torture de son cœur.
FE.-I. Mouton.
Enfin l'article ci-dessous, extrait du Szècle, décrit la dernière forme de l'Œuvre, telle qu’elle existe aujourd’hui au presbytère de Sèvres, 9, rue Brongniart, et à Paris, 12, rue Vivienne.
Ceux qui s'en vont, non pas de la vie vers la mort, mais inversement, c'est-à-dire de la claustration ecclésiastique vers l'existence réelle et normale, les prêtres qui, lassés de l'hy- pocrisie et du mensonge, du célibat monstrueux, retirent cetté tunique de Nessus qu'est la soutane, envoient à leur évêque leur démission, avec ou sans tapage, rentrent dans la société civile ; il y en a environ 209 par an qui renoncent ainsi à leurs
fonctions et qui préférent au ratelier facile de l'Eglise les aléas d'une carrière à recommencer. Pendant longtemps, on a prononcé de façon méprisante cette épithète de défroqué ; il est encore certaines gens arriérés ou très snobs qui la lancent comme une injure; ils reprochent ce passé, souvent involontaire, au malheureux, le traitent comme les habitants ” de Digne, au début des Misérables, faisaient pour Jean Valjean.….
La société dont ils furent les victimes les rejette aisément; il fallait donc qu’il leur fût créé un asile, un refuge.
Il en existe deux, un à Courbevoie, un autre à Sèvres. Celui-ci, que nous visitâmes, est installé dans la demeure même où est mort Léon Cladel : sur la terrasse où, les dimanches d'antan, de jeunes écrivains se groupaient dévotieux autour du maître-stylisté parmi les enfants et les chiens, on a élevé une salle de conférences; la maison, améliorée et augmentée, avec une galerie en bois soutenue par des piliers, a été aménagée pour des chambres, en façon d'hôtel. Si l'âme du vieux républicain revient errer parfois en ce décor qui a changé, mais où l’on retrouve encore quelque chose du passé, ce doit être une joie pour elle de constater cette œuvre généreuse et libérale; l’auteur du Bouscassier, d'Ompdrailles et autres chefs-d’œuvre avait appelé son logis la Villa Bon- Accueil;je ne sais si le nom a été conservé, mais la vérité en subsiste. |
M. Bourrier, qui a organisé ce refuge, est un ancien prêtre entré dans le protestantisme et actuellement pasteur de l'Eglise réformée de Versailles, section de Bellevue, laquelle comprend avec Sèvres toute la banlieue située entre Versailles et la Seine, limite du département de Seine-et-Oise; grand, alerte, la face Complètement rasée, le teint hâlé, il parle avec facilité, mène habilement son affaire en même temps qu'il dirige le Chrétien français, organe de la réforme évangélique dans le catholicisme. Son bureau de placement à Paris fonctionne tous les jours, et l'antichambre offre un spectacle curieux; les solliciteurs se reconnaissent tous à un même air de famille; ils ont reçu l'empreinte : ils gardent dans leur attitude cauteleuse, dans leurs gestes onctueux, dans leur regard, dans leur maintien, des stigmates de leur ancienne fonction. Ils arrivent là désemparés, mal à l’aise dans la vie,
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dont'ils ont tout ignoré jusqu'alors, oiseaux de nuit qu'éblouit le grand jour; ils demandent une position et ils n’ont d’aptitude pour aucune; d’avoir dit la messe, d’avoir marmotté leur bréviaire, d’avoir confessé leurs pénitentes, ne les a préparés à rien; la plupart n'ont même pas le premier diplôme; ceux qui sont licenciés ne sont pas d’ailleurs plus faciles à caser.
Quelles sont les professions qu'acceptent les prêtres démissionnaires ? Les uns se font avocats, d’autres imprimeurs et directeurs de journaux en de petites villes de province, d’autres entrent dans des familles protestantes; il y en a même qui prennent des métiers manuels, deviennent ou redeviennent des Ouvriers; ceux qui ont quitté le sacerdoce pour se marier, et ils sont nombreux, qui arrivent dans leur nouvelle existence avec une femme et un enfant sont les plus malheureux, prennent n'importe quoi, se trouvant à la charité.
Et cependant l’action à laquelle ils se sont résolus est louable. Ils n’ont pas voulu continuer de mentir aux autres et à eux-mêmes; leurs lettres de démission témoignent de la sincérité absolue de leur conscience : « ... Je ne me fais point d'illusions. Je sais que j’abandonne une vie matérielle facile, sans secousse et sans inquiétude pour une vie remplie d'incertitudes, dans laquelle le lendemain ne ser peut-être jamais assuré pour moi. Je pars cependant, convaincu que j’accomplis un devoir .. » — « ... Personne ne sait ce qu'il m'a fallu souffrir, dans cette étape de travail, de lutte et de chagrin silencieux. Aujourd'hui, je reprends courage, car la
crise morale touche à son terme définitif. Il est doux de penser
qu'à travers les inévitables vicissitudes l'homme sincère marche vers la joie, l'individu s'émancipe. » Tous ne savent pas traduire ainsi le revirement salutaire et sanitaire qui s’est produit en eux, mais tous obéissent aux mêmes scrupules
très légitimes.
Les nouveaux décrets vont leur ouvrir une carrière à laquelle ils peuvent se préparer. On aura besoin de 12.000'instituteurs. L'enseignement est un sacerdoce aussi, et le plus beau qui existe; le progrès social ne s'obtient pas d’un seul coup, mais par une lente évolution des générations successives ; il ne suffit pas de semer la bonne graine : il faut que le terrain soit préparé à la recevoir et à la faire fructifier. La
FAN EN RPASECAS
vérité qu'on apprend sur les bancs de l’école, dès le bas âge, reste gravée de façon indélébile dans le cerveau, et ceux-là seront aptes à cette instruction qui ont éprouvé par eux-mêmes les dangers de l'erreur, qui ont dû lutter audacieusement pour se débarrasser des fausses impressions, à qui il a fallu raturer la première partie de leur existence, du jour où ils ont eu la révélation saine du véritable devoir.
À l'origine de ce que l’on appelle la vocation, on trouve . beaucoup de contingences imprévues, d’influences étrangères, de circonstances spéciales, mais rarement la foi sincère et raisonnée La prêtrise est une carrière séduisante par quantité d'avantages ; ce métier-là vaut mieux qu'un autre. Le raisonnement est simpliste. Autant la conviction sincère doit être respectée, autant on doit louanger l’ecclésiastique qui se refuse à continuer une œuvre de fausseté et de mercantilisme. C’est pourquoi les prêtres démissionnaires méritent un accueil charitable et il faut soutenir leurs premiers pas dans le vrai chemin.
Maurice GUILLEMOT.
Ce que ces écrivains ne diront jamais ce sont les angoisses de celui qui reçoit chaque jour ces évadés du sanctuaire, qui réclament un travail, un morceau de pain, un moyen de s'affranchir et de vivre honnêtement selon leur conscience. On ne peut pas répondre à tous ces cris de détresse, on ne peut pas tous les placer, on voit le désespoir des uns, la misère des autres, et le cœur se serre, on voudrait détourner la tête pour ne point voir, mais il faut voir, il faut avouer que l'œuvre n'est pas encore comprise et soutenue comme elle devrait l'être.
BAFRACULTE — L'ÉVANGÉLISATION
Un certain nombre de prêtres se sont dirigés vers le protestantisme et ont demandé aux Facultés de théologie protestante le grade de bachelier.
Nos prêtres se sont adressés de préférence à la Faculté de Paris, qui représentait une tendance libérale plus en harmonie avec leur mentalite. Il faut dire que l'influence du doyen Auguste Sabatier a été considérable dans le jeune clergé qui étudie avec indépendance et cherche loyalement à s’éclairer.
Personnellement j'ai toujours entendu mes confrères du clergé déclarer que la gloire du protestantisme ce sont ses Facultés. La théologie protestante, et principalement la science allemande, laisse bien loin derrière elle tout le vieil arsenai de la théologie catholique. Quand des prêtres savants, comme l'abbé Loisy et son écolé, ont voulu frayer à leur théologie des chemins nouveaux, ils n’ont fait que se rapprocher de nos professeurs protestants. C’est là un fait que l’on n'ose pas contester.
La Faculté de Paris nous a fait le plus grand bien.
Tous les prêtres que nous avons adressés à ses dignes professeurs se sont déclarés profondément édifiés par le savoir autant que par la modestie de ces hommes pieux, chez lesquels la science augmente et purifie la foi.
Pour mieux faire pénétrer la science protestante dans le clergé français, nous avions prié deux de ces maîtres de nous faire un tableau des lectures à recommander aux prêtres qui traversent une crise de doute. Voici une liste dressée par MM. les professeurs E. Vaucher et Ehrhardt en 1898 et que nous avons répandue depuis par milliers d'exemplaires dans les presbytères. Ici en-. core, ce tableau pourra être utile à plus d'un prêtre qui cherche.
Encyclopédie des Sciences religieuses, publiée sous la direction de E. LICHTENBERGER. 13 vol., 200 francs.
Reuss (Édouard) : La Bible, nouvellement traduite sur les textes originaux, avec une introduction à chaque livre, des notes explicatives sur l'Ancien Testament et un commentaire complet sur le Nouveau Testament. 13 parties en 17 volumes, 170 francs.
La Bible, annotée par une Société de théologiens et de pasteurs de l’église de Neuchâtel.
— Ancien Testament : Les livres historiques. Tomes I à IF, 24 HT ASO!:
— Ancien Testament : Les prophètes. 3-vol., 17 fr. 50.
(La suite de l'ouvrage est en préparation.)
La Bible des Familles. Explication historique de l'Ancien et du Nouveau Testament, par OorT, Hoykaas et KUENEN, trad. du hollandais par C.-G. CHavanNes et A -G. van HANsEL. 6 vol., 30 francs.
BoxNET (L.): Ze Nouveau Testament, expliqué au moyen d'introductions, d'analyses et de notes exégétiques. 4 vol., 40 francs. k
Goper (K.). : /Zntroduction au Nouveau Testament. Les Epitres de saint Paul. 12 francs. (La suite en préparation.)
Goper (F.) : Commentaire sur l'Évangile de saint Luc. 3e édition. 2 vol., 12 francs.
Goper (F.) : Commentaire sur l'Evangile de saint Jean. 3e édi-
‘tion. 2 vol., 15 francs.
SaBarTiER (Auo.) : L’apôtre Paul. Esquisse d’une histoire de sa pensée. 3° édition. 7 fr. 50 (1).
MéNÉGoz (Eug.): Le péché et la rédemption d'après saint Paul. 6 francs. |
Gopet (F.) : Commentaire sur l'Epitre aux Romains. 2° édition. 2 VOL., 17 fr. 50.
OLrrAmaAREe (Hugues): Commentaire de l’'Epttre aux Romains. 2 VOl., 24 francs. É
Goper (F.): Commentaire sur la r'° Epitre aux Corinthiens. 2 NOL., 13 fr. 50.
OLTRAMARE (Hugues): Commentaire sur les Epîtres de saint Paul aux Colossiens, aux Ephésiens et à Philémon. 3 vol., 20.190.
MéÉNÉGoz (Eug:.): La Théologie de l'Epiître aux Hébreux. ATTS0!
PRrESsENSÉ (Edmond DE) : Jésus-Christ, son temps, sa vie, son œuvre. 7 fr. 50.
Sraprer (Edmond) : Jésus-Christ avant son ministère. 2° édition. 3 francs.
STAPFER (Edmond) : Jésus-Christ pendant son ministère. 3 fr.
SraAPrER (Edmond) : La mort et la résurrection de Jésus- Christ. 3 francs.
* Révizze (Albert) : Jésus de Nazareth. Etudes critiques sur les antécédents de l'histoire évangélique et la vie de Jésus. 2 vol., 15 francs.
NEANDER : Histoire de l'établissement et de la direction de l'Eglise chrétienne par les apôtres, traduite par Ferd. FONTANES. 5 francs.
PRESSENSÉ (Edmond pe). Hisloire des trois premiers siècles de l'ère chrétienne.
À. — L'ancien monde ef le christianisme. Nouvelle: édition refondue. 7 fr. 50.