PACE
la base de toute croyance chrétienne : l’Evangile comme autorilé ; la justification par la foi comme unique vote de salut.
Dieu.srévélé par Jésus-Christ; Jésus-Christ connu par les apôtres, seuls interprètes authentiques de la prédication de Jésus.
J'avais trouvé dès lors la religion intérieure, la religion de l'Évangile saisi par la conscience, ce que Luther a si bien appelé la conscience liée par la parole de Dieu.
C’est alors que je suis véritablement venu à vous. Et je me suis bientôt senti dans une autre patrie. Je n'étais plus un exilé. J'avais une mère, je n'étais plus un orphelin.
L'Eglise réformée de France m'apparaissait, d’ailleurs, avec une légion de martyrs : Avec cette royale couronne et ce riche manteau de pourpre, elle a toujours exercé sur moi une grande puissance de séduction.
J'avais rêvé une Eglise française. Oh ! certes oui, elle est éminemment française, cette Eglise dont les fils savaient servir et aimer une patrie qui les persécutait et les exilait.
Je ne renonçais d’ailleurs à aucune de mes aspirations vers ce catholicisme idéal que tout chrétien porte dans son cœur et dont le triomphe me semble prochain. Large et progressive, la réforme du xvic siècle n’est pas un bloc intangible et inerte. C’est un principe de vie divine, une sève évangélique qui pénètre l'humanité et va se développant à travers les siècles, produisant sans cesse de nouveaux fruits, s’enrichissant de tous les progrès, s'adaptant merveilleusement à toutes les civilisations. Comme l’évangile de la vie éternelle, elle ne dit jamais son dernier mot.
Chers et vénérés collègues, vous m'avez connu, vous m'avez compris, Vous m'avez ouvert les bras et je m'y suis jeté. En
vous j'ai trouvé des frères, des amis, des pasteurs qui ont su, avec une tendre affection et une délicatesse que je ne saurais trop louer, m'initier peu à peu à un autre monde chrétien.
Je suis entré à la Faculté de théologie de Paris. À mon âge, l'étude devait nécessairement être dure et aride. Mes professeurs ont su me la rendre douce et féconde. Dans l'Eglise romaine j'avais connu des chefs; à la Faculté j'ai trouvé HE maîtres.
Et les amis se sont multipliés autour de moi. Je recevais de tous côtés des lettres de sympathie. Elles me venaient de
qui pensaient que j'avais besoin de me sentir entouré, come, pris, aimé. La joie du cœur m'est ainsi revenue avec la joie de la conscience.
J'aurais trop de noms à citer êt d’ailleurs je HAS es modesties trop respectables. Chaque jour m'apporte enco: un nouveau contingent, et il me faut toujours ajouter à liste qui n'est jamais fermée. f
et par a beauté de sa de Et j'ai Hoi re ici des am je ne connaissais pas encore. \ Mes chere et vénérés collègues, et vous surtout, mon
récompense.
Je vous ai dit dans un entretien artnet que timais heureux et fier d'être parmi vous le dernier vel
aimer des traditions, une Us et un esprit, qui point nourri ma jeunesse ecclésiastique. 4e J'irai pe loin et je dirai out hui que j ai au cœt
vous montrer comment “oiyant obéir les élèves de € auto æ
le petit troupeau, mais le troupeau chéri. Oh ! que j ue heureux de vous avoir ici, unis avec moi dans la même} i et la même espérance.
mes sœurs vous qui faites la volonté du Père qui est dans les cieux. Tout ce que mon cœur est capable de donner d'amour et de dévouement est pour vous. N'ayant pas à partager ce cœur, il me semble que je puis vous le donner davantage. Avec vous, au milieu de vous, non, je ne me trouve plus isolé, mon cœur est heureux et satisfait, il me semble que la terre ne peut rien donner de plus.
Et quand je vous vois le dimanche, nombreux au pied de la chaire de vérité; quand je suis au milieu de vos enfants à l'école du jeudi, entouré de votre jeunesse à l'Union chrétienne; quand j'assiste aux séances de votre diaconat et à vos réunions de charité; quand je constate votre piété, votre zèle pour le Seigneur, oh ! je ne connais pas de plus douce joie pour un cœur humain. J’oublie alors toutes les amertumes du passé et il me semble que j'ai déjà trouvé le centuple en cette vie.
C'est d’ailleurs parmi vous que j'ai connu une famille qui mérite d’être bénie entre toutes les autres. Inutile d'en prononcer le nom, tous ici le connaissent, on le retrouve partout dans nos Eglises, partout où il y a une bénédiction qui monte de la terre vers le ciel: Je l’ai connue à l'heure où j'ai versé les larmes les plus amèrés de ma vie et j'ai alors compris que Dieu a toujours pour ses enfants une grande consolation à côté des plus grandes épreuves.
Oh! si ma prière à en ce jour une expression plus solennelle, je veux la faire monter vers lé ciel à cette heure pour mon église de Bellevue et pour la vaillante chrétienne qui en est l'honneur et la bénédiction. | . Mais une autre grave question se pose aujourd’hui pour moi. Par delà les limites de ma paroisse, me sera-t-il permis de regarder plus loin et plus haut et d'entrevoir le jour où la France, désabusée de l'erreur et de la superstition, viendra à l'Evangile ?
Comment pourrais-je oublier désormais ces frères séparés, toujours frères pourtant ? Pourquoi ne me serait-il pas permis . d'espérer ? )
Comment oublier surtout ces prêtres si nombreux, si intéressants, eux qui aujourd'hui, de tous les points de la France, n'écrivent des lettres si touchantes, me font des confidences si douloureuses, m'adressent des appels si pressants ?
Oui, je l’affirme, et je suis à même aujourd'hui de parler, il y a à cette heure, en France, dans le clergé catholique, une lassitude, un dégoût, une aspiration vers une réforme, un christianisme primitif, un rajeunissement dans et par l'Evangile.
Si je puis quelque chose pour les aider à rompre leurs liens et à ouvrir les yeux, comment leur refuser de leurtendre la main ?
Mais vous décidérez vous-même ce qu'il y a à faire. Quelque chose est à faire : voilà ce qu'il fallait dire et j'ai cru que c'était l’occasion de le dire.
La France protestante a une grande et belle mission à remplir. Dépositaire de l'Evangile au milieu de la masse ignorante et païenne, elle est comme ce petit peuple d'Israël chargé de garder l'espérance et la foi jusqu’au jour de la lumière.
L'heure semble venue où de grands devoirs vont être imposés à ce petit peuple. Saura-t-il comprendre sa mission? Oui, j'en suis convaincu et c’est pour cela que je suis venu à vous.
Malheur à moi si je n'évangélise pas ! Telle est la parole |
que j'entends depuis de longues années. Dans l’énervante oisiveté des sacristies et dans la stérile activité du ministère
clérical, cette voix me poursuivait sans cesse et me labouraït.
la conscience.
Je me mis alors à prêcher l'Evangile, rien que l'Evangile, mais je ne pouvais pas tout dire, et ce que j'étais obligé de taire prenait à son tour une voix pour me répéter la menace: Malheur à mot si je n'évangélise pas !
Alors, je suis sorti de l'Eglise romaine, j'ai prêché librement et jai évangélisé. Et pourtant j'ai encore entendu la
même voix : Malheur à moi si je n'évangélise pas! J'ai com-\
pris cette fois que l’on n’est pieinement évangéliste que le jour où l'on est pasteur. J'ai demandé la consécration.
Et maintenant je suis pasteur. J'aurai désormais parmi vous pleine autorité pour parler. Je parlerai.
A l'heure présente je n’ai plus qu'à entonner le Te Deum
de la reconnaissance. Mon cantique, je le prendrai dans le