DE M. LE CURÉ DE PLOMION (AISNE
Accusé et traduit devant une sorte de Tribunal de l’Inquisition, pour avoir exposé à mes confrères les principes du pur Evangile que je prêche à mes paroissiens, j'ai été invité par Mer l'évêque de Soissons à confesser ma foi devant la Conférence ecclésiastique de Vervins. Aujourd'hui, après m'avoir donné la parole, Sa Grandeur me la retire; je me vois donc obligé de porter le débat devant le tribunal de la conscience publique.
Lorsque les martyrs des premiers siècles étaient interrogés sur leur foi devant les juges, ils répondaïent : « Je suis chrétien. » A leur exemple, je fais tenir ma profession de foi tout entière dans ce seul mot : « Je suis chrétien. »
Je suis chrétien, parce que je suis uni à Jésus-Christ par
la foi, et quen Lui et par Lui j'ai le pardon de mes péchés
et la Communion immédiate avec le Père céleste. Je suis
chrétien, parce que les enseignements de Jésus-Christ sont
la loi de mon intelligence, parce que la morale de Jésus- Christ est l'idéal de ma vie, parce que je ne conçois pas de religion plus parfaite que celle de Jésus-Christ. Je mets l’'E-
- vangile de Jésus-Christ au-dessus de toute parole humaine,
et je juge de tout d’après l'Evangile. En matière religieuse, les doctrines et les institutions humaines sont louables si elles s'inspirent de l'esprit de l'Evangile; elles sont mauvaisés si elles vont à l'encontre de l'Evangile e; elles sont indifférentes si elles sont simplement à côté de l'Evangile.
Je crois à la Révélation divine, que je résume ainsi : Jésus-Christ, préparé et annoncé dans l’ Ancien Testament ; Jésus-Christ, dans sa vie terrestre, annonçant aux hommes la bonne nouvelle du salut; Jésus-Christ, dans sa vie glorieuse, communiquant son Esprit aux âmes de bonne volonté.
Je crois au salut éternel, dont les conditions ont été fixées irrévocablement par l'Evangile, de telle sorte que nulle autorité humaine ne peut y rien ajouter, ne peut en rien retrancher. Les conditions du salut se ramènent à une seule, la foi en Jésus-Christ ; mais cette foi n'est pas une simple croyance intellectuelle; c’est une confiance sans restriction, un abandon total de l’âme à la direction de Jésus-Christ. Nous éprouvons cette confiance et cet abandon, quand la révélation qui s’est faite en Jésus-Christ se reproduit en nous, quand nous sentons que, malgré nos péchés, qui sont lavés par le sang de Jésus-Christ, Dieu est notre Père, que nous devenons ses enfants, que nous sommes les frères de Jésus- Christ et les héritiers, avec Lui, de la vie éternelle. Ce sentiment d'union filiale avec Dieu, par Jésus-Christ, est l’essence même du christianisme.
En même temps qu'au Père et au No e crois. au Saint- Esprit, envoyé par le Fils et le Père. Crest l'Esprit-Saint,
suivant une belle parole de Tertullien, et suivant la pro-
messe du Sauveur lui-même, qui est le Vicaire de Jésus- Christ ; c'est par l’Esprit-Saint que Dieu se révèle à nous; c'est dans l'Esprit-Saint que les paroles de Jésus-Christ font tressaillir nos cœurs ; c’est l'E Esprit-Saint qui nous fait crier vers Dieu : « Mon Père ! » et qui nous rend témoignage que nous sommes les enfants de Dieu. Ce témoignage intérieur de l'Esprit-Saint est le fondement inébranlable de ma foi chrétienne et de ma vocation sacerdotale et apostolique.
Je crois à la parole de Dieu contenue dans les Ecritures.
canoniques de l'Ancien et du Nouveau Testament. Les livres de la Bible ne sont pas tombés du ciel; ils n’ont pas été dic-
tés verbalement à leurs auteurs ; c'est à l'âme des patriarches
et-des prophètes, à l’âme du Christ et des apôtres, à l’âme de tous les hommes inspirés que le SACS a communiqué la pensée et la volonté de Dieu.
Je crois à la Parole de Dieu non écrite dans les Livres