SECONDE NUIT
ROMAN BOUFFE Par Paul GîNISTY
AVEC 66 ILIiUSTRATIONS DE HANRIOT
Un beau volume in-8 sur papier vergé
PRIX : 10 Fr.
Chacun connaît le style alerte", vif, enjoué du spirituel écrivain. Le Gil Blas donne de cet ouvrage Tappréciation suivante, que toute la presse française et étrangère a ratifiée.
Nous dôtaclions los passages suivants de l'intéressante préface qu'Armand Silvestro a écrite pour un nouveau volume de Paul Ginist^^ : La Seconde Nuit, un conte très gai que vient de publier avec beaucoupde soin l'éditeur A. Brancart, de Bruxelles :
La première moitié de ce siècle fut égayée par un romancier d'un esprit à la fois très honnête et très
ingénieux, plein d'imagination, de verve et de justesse dans l'observation. La popularité de Paul de Kock fut immense et j'ajoute qu'elle fut méritée. Il est douteux cependant qu'après avoir fait les délices de nos pères et trouvé des admirateurs jusque sur le trône de Saint-Pierre, ce fécond écrivain soit seulement connu de nos neveux. Il a peint cependant les moîurs du petit monde de son temps avec une fidélité qui en fait le successeur direct de Restif de la Bretonne et, naturaliste sans prétentions, il a commencé sous une forme joviale l'œuvre de sincérité que poursuit Yécole zoliste. Plusieurs de ses romans sont presque des chefs-d'œuvre d'intérêt bien conduit. Quelle loi fatale les condamne donc tous à l'oubli ? L'absence absolue du stvle. C'est si vrai et si certain qu'alors même que les délicats en France, se détournaient déjà de lui ; les étrangers continuaient à le considérer comme une des gloires de son temps. Voilà un fait qui, je l'espère, fait le procès des traductions une fois pour toutes. •
Etre artiste avant tout et dans les moindres choses, voilà le vi'ai souci.
... Mais ce n'est pas le lieu des philosopher sur la contingence absolue de toutes nos opinions. Le fait qui me frappe, c'est le soin d'écrire et le souci de la forme qu'apportent dans leurs récits plusieurs des jeunes conteurs dont je veux parler... Par là, du moins, ils se rapprochent des romanciers dont on ne saurait nier la haute valeur littéraire, la conscience et
l'immense talent. Voilà qui est donc bien prouvé aujourd'hui : le style seul fait ^•ivre les œuvres. Aussi me suis je intéressé tout de suite au livre dont mon ami Paul Ginistj a bien voulu me confier les épreuves, en me demandant quelques lignes d'introduction dont il n'avait aucun besoin, mais que mon affection n'a pu lui refuser. Plein de détails amusants, de descriptions bouffonnes, de dialogues invraisemblables — si toutefois quelque chose est invraisemblable ici-bas, ce dont je ne suis pas convaincu, — c'est avant tout un livre écrit et fait pour les délicats, les seuls qui vaillent qu'on s'en préoccupe. Je n'ai donc point à le recommander au lecteur, celui-ci lui sera fidèle, ni à lui souhaiter bonne chance, car la chance vient tout naturellement aux ouvrages aimables ayant, pour surcroît, de solides qualités.
Armand SILVESTRE.
Uni vers! tas" BIBLIOTHECA Ottaviens»8