Prologue
L'AMOUR est infatigable !
Il est ardent comme un diable, Comme un ange il est aimable.
L'amant est impitoyable,
Il est méchant comme un diable,
Comme un ange, redoutable,
Il va rôdant comme un loup Autour du cœur de beaucoup Kt s'élance tout à coup
Poussant un sombre hou>hou !
Soudain le voilà roucou- Lant ramier gonflant son cou.
Puis que de métamorphoses !
Lèvres rouges, joues roses, Moues gaies, ris moroses,
Et, pour finir, moulte chose Blanche et noire, effet et cause ; Le droit, la rose éclose..
Chanson pour Elles
Ils me disent que tu es blonde Et que toute blonde est perfide, Même ils ajoutent, « comme l'onde. » .
Je me ris de leur discours vide î Tes yeux sont les plus beaux du inonde Et de ton sein je suis avide.
Ils me disent que tu es brune, Qu'une brune a des yeux de braise Et qu'un cœur qui cherche fortune S'y brûle... O la bonne foutaise l Ronde et fratche comme la lune, Vive ta goige aux bouts de fraise!
Ils m: disent de toi» châtaine :
Elle est fade, et rousse : trop rose.
J'encague cette turlutaine Et de toi j'aime toute chose De ta chevelure, fontaine D'ébène ou d'or (et dis, ô pose — Les sur mon cœur) tes pieds de reine..
Vk«ar tu vfs en toutes les femmes Et toutes les femmes c'est toi.
Ct tout l'amour qui soit, c'est moi brûlant pour toi de mille flammes.
Ton sourire tendre ou moqueur, 'Tes yeux,' mon Styx ou mon Lignon, Ton sein opulent ou mignon -Sont le« seuls vainqueurs de mon cœur.
Et je mords à ta chevelure Longue ou frisée, en haut, en bas, >Noire ou rouge et sur l'encolure Et là ou là — et quels repas !
Autre
lO
Et je bois à tes lèvres fines
Ou grosses, — à la Lèvre, toute !
Et quelles ivresses en route, Diaboliques et divines !
Car toute la femme est en toi
Et ce nu i que tu multiplies
l 'aime en toute Elie et tu rallies
En toi seule tout l'amour : Moi !
Et Dernière
Car mon cœur, jamais fatigué D'être ou du moins de le paraître, Quoi qu*il en soit, s'efforce d'être Ou de paraître fol et gai.
Mats, mieux que de chercher fortune Il tendi ce cœur, dur comme l'arc
De l'Amour en plâtre du parc, A se détendre en l'autre et Tune
Et les autres ; des cibles qu'on Perçoit aux ventres des nuages Noirs et rosâtres et volages Comme tels désirs en flocon.
V^UAND même tu dirais Que tu me trahirais Si c'était ton caprice, Qu'est'Ce que me ferait Ce terrible secret Si c'était mon caprice ?
De quand môme t'aimer, — Dusses-tu le blâmer, Ou plaindre mon caprice, D'être si bien à toi Qu'il ne m'est dieu ni roi Ni rien que ton caprice P
LOGlQyB
Quand tu me trahirais.
Eh bien donc, j'en mourrais Adorant ton caprice :
Alors que me ferait Un fnalheur qui serait Conforme à mon caprice ?
VV^s^ VVaJI/ VjuCiE^
Assonances •galantes
TTu me dois ta photographie
A 1.1 condition que je
Serai bien sage — et tu t'y fies !
Apprends, ma chère» que je veux Etre, en échange de ce don Précieux, un libertin que
L'on pardonne après sa fredaine Dernière en faveur d'un second Crime et peut-être d'un troisième»
Cette image que tu me dois Et que je ne mérite pas, Moyennant ta condition
Je l'aurais quand même tu me
La refuserais puisque je
•L'ai là, dans mon coeur, nom de Dieu !
Là ! je l'ai, ta photographie Quand t'étais cette galopine Avec, jà, tes yeux de défi,
Tes petits yeux en trous de vrille,.
Avec alors de fiers tétins Promus en fîers seins aujourd'hui.
Sous la longue robe si bien Qu'on portait vers soixante-seize Et sous la traîne et tout son train,.
On devine bien ton manège
D'alors jà, cuisse alors mignonne.
Ce jourd'huy belle et toujours fratche ;
Hanches ardentes et luronnes, Croupe et bas-ventre jamais las, A présent le puissant appât,
f.es appas, mûrs mais durs qu'appètent •
Ma fressure quand tu es là
Ët quand tu n'es pas là, ma tête !
Et puisque ta photographie M'est émouvante et suggestive A ce point et qu'en outre vit
Près de moi, jours et nuîts, lascif F.t toujours prêt, ton corps en chair Et en os et en muscles vifs
Et ton âme amusante, ô chère Méchante, je ne serai « sage »
Plus du tout et zut aux bergères
Autres que toi que je vais sac*
Gager de si belle manière ;
— Il importe que tu le saches —
Que j'en mourrai, de ce plus fier Que de toute gloire qu'on prise Et plus heureux que le bonheur !
Et pour U tombe où mes sens gisent.
Toute belle ainsi que la vie, Mets, dans son cadre de peluche,
Sur mon cœur, ta photographie.
V!U«^ VÔC^s^ \JC'^ V».-^ V.«^N^ \Jt^^^ Vt^N^y
Les méfaits de la lune
Sur mon front, mille fois solitaire, Puisque je dois dormir loin de toi, La lune déjà maligne en soi, Ce soir jette un regard délétère.
Il dit ce regard — pût>il se taire !
Mais il ne prétend pas rester coi, — Qu'il n'est pas sans toi de paix pour moi ; Je le sais bien, pourquoi ce mystère,
Pourquoi ce regard, oui, lui, pourquoi ?
Qu'ont de commun la lune et la terre P Bah, vite reviens, assez de mystère ?
Toi, c'est le soleil, luis clair sur moi !
J\h oui, la question d'argent !
Celle de te voir pleine d'aise Dans une robe qui te plaise, Sans trop de ruse ou d'entregent ;
Celle d'adorer ton caprice Et d'aider, s'il pleut des louis, Aux jeux où tu t'épanouis, Toute de vice et de malice.
D'être là, dans ce WaterloO| •La vie à Paris, de réserve.
Vieille garde que rien n'énerve £t qui fait bien dans le tableau ;