‹ ChairChapitre 2 sur 2 · MONEY · texte numérisé non relu

MONEY

De me priver de toute joie En faveur de toi, dusses tu Tromper encor ce moi têtu yui m'obstine à rester ta proie !

Me ront>îls assez reprochée I Ceux qui ne te comprennent pas, Grande mattresse que d'en l>as J'adore, sur mon cœur penchée,

Amis de Job aux conspîls vils, Ne s'étant jamais senti battre Un cœur amoureux comme quatre A travers misère et périls î

lis n'auront jamais la fortune Ni l'honneur de mourir d'amour Et de verser tout leur sang pour

L'amour seul de toi, blonde ou brune h

La bonne Crainte

Lb dfable de Papefiguière Cut torti d'accord, d'être effrayé De quoi, bons dieux !

Mais que veutH>n que je requière J\ son encontre^ moi qui ai Peur encor mieux ?

Et quoi, cette grâce infinie Délice, délire, harmonie Dâ cette chair,

O Femme, ô femmes, qu'est la vôtre Dont le mol péché qui s'y vautre M'est si cher

Aboutissant, c'est vrai, par quelles Ombreuses gentiment venelles Ou richement.

Légère toison qui ondoie, Toute de jour, toute de joie Innocemment,

Or frisotté comme eau qui vire Où du soieil tiùde se mire Et qui sent fin,

Lourds ccpeaux si tiiinces ! d'ébène Tordus, sans nombre, sous l'haleine D'étés sans fin

Aboutissant à cet abîme Douloureux et gai, vil, sublime.

Mais effrayant

On dirait de sauvagerie, De structure mal équarrie.

Clos et béant.

Oh ! oui, j'ai peur, non pas de l'antre Ni de la façon qu'on y entre Ni de i'entour,

Mais, dès l'entrée effectuée Dans l'âpre caverne d'amour.

Qu'habituée

Pourtant à l'horreur fraîche et chaude Ma tête en larmes et en feu, Jamais en fraude,

N'y reste un jour, tant vaut le lieu !-

Minuit

Et je t'attends en ce café Comme je le fis en tant d'autres, «Comme je le ferais, en outre.

Pour tout le bien que tu me fais.

Tu sais, parbleu ! que cela m'est Egal nussi bien que possible :

"Car mon cœur il n'est telles cibles...

Témoin les belles que j'aimais...

Et ce ne m'est ptus un lapin Que tu me poses, sale rosse, C'est un civet que tu opposes Vers midi à mes goûts sans freins.

janvier i8gS-

Vers en assonances

Les' variations normales De l'esprit autant que du cœur En somme témoignent peu mal En dépit de tel qui s'épeure,

Parlent par contre, contre tel Qui s'effraierait au nom du monde Et déposent pour tel ou telle Qui virent et dansent en rond...

Que vient (aire l'hypocrisie Avec tout son dépit amer Pour nuire au coeur vraiment choisi, A l'âme exquisement sincère

Qui se donne et puis se reprend En toute bonne foi divine, Que d'elle, se vendre et se rendre Plus odieuse, avec son spleen,

•Que la faute qu'elle dénonce, Et qu'au fait, glorifier, Plutôt, en outre, hic et nunCj i^'esprit altier et l'âme fiëre I

Vers sans rimes

Lb bruit de ton aiguille et celui de ma plume Sont le silence d'or dont on parla d'argent.

Ah î cessons de nous plaindre^ insensés que nous fûmes^ Et travaillons tranquillement au ne2 des gens !

Quant à souffrir, quant à mourir, c'est nos affaires . Ou plutôt celles des toc-tocs et des tic-tacs

De la pendule en garni dont la voix sévàre Voudrait persévérer à uouà donner ie trac

De mourir le premier ou le dernier. Qu'importe^ Si Ton doit, ô mon Dieu, se revoir à jamais?

■Qu'importe la pendule et notre vie, ô Mort Ce n'est plus nous que l'ennui de tant vivre effraye t

/allez, enfants de nos entrailles, nos enfants A tous qui souffririons de vous savoir trop braves Ou pas asse?, allez, vaincus ou triomphants Et revenez ou mourez... Tels sont, fiers et graves.

Nos accents, pourtant doux, si doux qu*on va pleurer Puisqu'onvousaîme mieux que soi-môme maisvivre La France encore mieux, puisque, sans plus errer, Il faut mourir ou revenir, proie ou convive !

Revenir ou mourir, cadavre ou revenant, Cadavre saint, revenant pire qu'un cadavre En raison des chers torts et revenant planant Comme des torts sur un cœur tendre que l'on n&vre.

« La Classe »

S'en revenant estropiés ou bien en point Sous le drapeau troué, parbleu ! de miîle balles, Ou, nom de Dieu ! pris et repris à coups de poing !.... O nos enfants, 6 mes enfantsi — car tu t'emballes.

Pauvre vieux cœur pourtant si vieux, si dégoûté De tout, hormis de cette éternelle Patrie.

Liberté l Egalité ! Fraternité ?

Non ! pas possible !... Enfin, enfants de la Patrie,.

Allez, — et tâchez donc de sauver la Patrie.

Paris, ly novembre iSg4,

V^B brouillard de Paris est fade.

On dirait même qu'il est clair Au prix de cette promenade Que l'on appelle Leicester Square (i)

Mais le brouillard de Londres est Savoureux comme non pas d'autres ; Je vous le dis et fermes et Pires les opinions nôtres I

Fog!

(l) Prononces Leite'Squère. (Note de P. Verlaine).

Pourtant dans ce brouillard hagard Ce qu'il faut retenir quand même C'est, en dépit de tout hasard, Que^je l'adore et (qu'elle m'aime.

IN OTRE Dame de Santa Fé de Bogota, Qui vous apprêtez à faire le tour de ce monde Or, mon émotion serait par trop profonde Dans le chagrin réel dont mon cœur éclatai

A la nouvelle de ce départ déplorable,

Si je n'avais l'orgueil de vous avoir à ta-

Ble d'hôte vue ainsi que tel ou tel rasta, Et de vous devoir ce sonnet point admirable

A Madame*

CHÀlIt

Hélas ! assez, mais que voici de tout mon cœur Tel que je l'ai conçu dans un rêve vainqueur Dont, hclas ! je reviens avec le bruit qui grise

D'un tambourin, bruyant sans doute mais gentil D'être, grâce à votre talent de femme exquise* Ment amttsant, décoré d'un doigt subtil.

VOs^ \JU-^ Èy VC-N^ VI ty V<L>s^

J E VOUS ai promis mon baiser pour ce soir,

En revanche vous m'avez promis la récompense

Certes imméritée, et voici que fy pense t

Et depuis lors je vis en un si doux et vague espoir !

Mais que pour l'avenir serait donc noir Si, pendant que je réve à la bonne bombance Espérée et promise, et voici que je panse La blessure que me ferait de ne pas voir

A M™« Jeannk

De mes yeux, presque enpleurs dans cette incertitude,

Vos yeux sourire avec plus de mansuétude

Que de coutume avec l'œuvre et de plus l'auteur.

Et j'ai fait ces vers-ci, qu'il fallait que je fisse. Ne vous faisant d'ailleurs pas d'autre sacrifice Que de vous plaire un peu, bien qu'un peu radoteur.

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