‹ Chairs profanesChapitre 10 sur 20 · REVEIL · texte numérisé non relu

REVEIL

A Laurent Tailhade

Un rêve que suscite un espoir illusoire

Ainsi qu'un bel été dispense son azur,

Au cœur pauvre que doit élire le Futur

A donné tout ce qu'il pouvait donner de gloire.

On a tenu l'Armide nue aux seins d'ivoire, Dont la lèvre est aussi saignante qu'un vin pur. Alors que vous venaient des lointains, roulés sur Les mers, les cris d'un peuple acclamant la Vidoire.

Hélas ! voici l'instant farouche du réveil,

Les yeux s'ouvrant dans la nuit de notre soleil

Tout effarés de ne voir plus la douce Armide ;

Voici la vie, hélas ! revenue, et la main Tendue encore à l'or fréquent d'un songe vain, Qui se referme avec tristesse sur le vide.

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