‹ Chalon-sur-Saône pittoresque et démoliChapitre 23 sur 89 · VUE DE LA RUE DE L'ÉVÊCHÉ · texte numérisé non relu

VUE DE LA RUE DE L'ÉVÊCHÉ

a place Saint-Vincent ne se recommande guère que par son allure particulièrement antique et pittoresque.

Le marché du matin s'y tient à découvert par tous les temps. C'est chose pitoyable de voir par la pluie, la neige ou la glace, nos pauvres villageoises, immobiles, offrir la crème, le beurre, la volaille et le gibier.

Au fond de la cour du n° j, entre la rue aux Prêtres et la place, se trouve une ancienne maison entièrement construite en briques, aux murs très épais troués de purs rares et étroits ; elle a une hauteur démesurée et porte le nom de maison des Lombards, probablement parce qu'elle fut longtemps occupée par ces étrangers qui, dans un temps, monopolisaient en quelque sorte le commerce de la banque et du change des monnaies, surtout au temps des grandes foires 4 de Chalon.

i. Les foires de Chalon avaient autrefois une très grande importance, que les foires de Beaucaire et de Leipzig seules peuvent rappeler dans les temps modernes. Divisées en deux époques, sous les noms de foire chaude et de foire froide, elles duraient chacune un mois; la première commençait le lendemain de la fête de

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PLACE SAINT- VINCENT

Saint-Barthélémy, la deuxième, le lendemain du premier dimanche de carême; elle s'appelait la foire des Brandons .

On y voyait venir :

Les marchands de soie d'Arras et autres villes ;

Les fabricants de Reims ;

Les fabricants de tapisseries du Nord;

Les fabricants de draperies de tous pays ;

Les marchands d'Ypres, de Gand, de Tournay, de Valenciennes, de Douai ;

Ceux de Troyes et de Châlons (Champagne), ceux de Chimay, de Namur, d'Huy, de Saint-Quentin, d'Avesnes, d'Abbeville, de Malines, de Lyon, de Paris, de Provins, de Rouen, de Châtillon, de Dijon, de Beaune, etc., etc. ; des selliers, des chapeliers, des changeurs de Lyon, de Mâcon, de Dijon, de Beaune, etc., des épiciers etc., etc.

Les Allemands avaient leur quartier dans une maison sur la Saône, les tripiers avaient douze loges, les barbiers étaient relégués dans les prés (et surveillés de près...) — Aujourd'hui, notre foire de la Saint-Jean se borne à des exhibitions de baladins, à des magasins de jouets d'enfants et de pains d'épice de Dijon. Ainsi le veulent le progrès et la logique des choses.

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