LE KEMPAKT DE L'HOPITAL ET LA GENISE
PLACE DU CHATELET
~ÎW$M ' ANCIEN Castrum cabilonense (probablement), devenu plus tard la demeure des rois burgondes, fut en dernier lieu transformé en maison de détention, sous le nom de prison du Châtelet.
C'est au bas de la rue de la Prison, à l'endroit où elle débouche sur la place du Châtelet, que les malheureux condamnés à être marqués recevaient sur l'épaule, au moyen d'un fer rouge appliqué par la main du bourreau, le stigmate indélébile des lettres T F, travaux forcés ; T P, travaux à perpétuité. Jusqu'en 1830, on a pu voir ces tristes condamnés, assis sur une misérable chaise de paille, subir ce supplice sous les yeux indifférents des passants et des curieux groupés pour contempler ce hideux spectacle.
Les choses se passaient du reste sans grande façon et comme en famille.
Un réchaud plein de charbons ardents, attisés par un valet, poussait au rouge le fer à marquer.
Le patient, assis entre Monsieur et son valet, attendait stoïquement que l'épaule fût découverte pour recevoir l'empreinte donnée prestement par la main du bourreau, tandis que le second valet, armé d'un tampon graisseux, appliquait vivement une onctueuse friction sur la plaie ; une petite fumée s'était envolée, suivie d'une légère odeur de roussi, et tout était fini.
Le pauvre diable était reconduit en prison.
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Et pourtant, contraste frappant, c'est sur ce même point et probablement dans
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le palais voisin que, vers 312 ou 314, Constantin, pendant un de ses nombreux
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séjours à Chalon, signait un édit qui défendait de marquer au front les criminels,
« pour ne pas souiller l'image de la Divinité », disait-il 1 .
Un peu plus loin, à l'entrée de la rue au Change, la façade d'une maison est
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décorée de deux médaillons ovales, représentant le Christ et la Vierge en buste, vus de profilet se regardant. Au-dessous, on lit l'inscription : « Hinc et inde tuetur», ce
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qu'un plaisant voisin traduisit ainsi : « l'un tue, l'autre écorche », parce que cette
maison était habitée par un banquier et par un marchand.
Ces deux médaillons sont d'une exécution assez médiocre, dans le goût du
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xvn e siècle. D'après M. Joseph Bard, ils seraient l'œuvre de feu Colasson, auteur des
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stalles de Saint-Marcel 2 .
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