OBÉLISQUE DU CANAL
Je dois saisir cette occasion pour exprimer énergiquement un vœu, à savoir : le rétablissement, une fois pour toujours, des inscriptions qui ont été primitivement gravées sur la base de cet obélisque. A défaut du texte ancien, il ne sera pas difficile de trouver une formule épigraphique rappelant à tous le fait mémorable de la triple jonction des deux mers, « Utriusque maris junctio triplex », fait considérable en l'honneur duquel l'obélisque a été élevé.
Dans le temps où le public aussi bien que la compagnie des chemins de fer, croyaient que la Saône et le Rhône devraient suppléer au rail-way, on eut l'étrange illusion de regarder Chalon comme devant être une tête de ligne.
C'est avec cette pensée, que la compagnie du chemin de fer de Paris-Lyon établit sa gare dans l'intérieur de Chalon, sur les terrains, bassin et promenade que la ville céda gratuitement à cet effet, et à la condition que tous les services y seraient installés ». Ce qui fut ainsi fait et subsiste encore, sauf cependant le service des l rains express, qui fut transporté à Saint-Côme, par suite d'un commun accord entre la ville et la compagnie.
Plus tard, la compagnie revenue de ses illusions, voulut transporter à Saint- Côme tous les services de voyageurs et laisser dans la ville ceux des marchandises. De là conflit : une enquête * exprima le vœu unanime de la ville en faveur du maintien des choses en l'état actuel. C'est ce qui fut ordonné sur la demande de la compagnie par une décision ministérielle, qui mit fin à ce débat.
L'esprit public est mobile, et les municipalités changeantes; qui sait? la compagnie, habile diplomate, réussira probablement à intervertir les rôles en amenant la ville à se faire demanderesse. Elle me paraît avoir beau jeu pour obtenir un jour ce qu'elle a tant ambitionné, ce qui lui a été si énergiquement refusé, c'est-à-dire pour arracher à la ville de Chalon ce que la compagnie elle-même a qualifié, dans son rapport à ce sujet, de privilège exceptionnel.
i. Contrat du 29 décembre i8ji.