LOGEMENT DU COMMANDANT, DU LIEUTENANT DU ROI ET MAJOR
erniers vestiges de cet engin menaçant, élevé sur les restes abandonnés de l'antique abbaye de Saint-Pierre ; en apparence pour tenir tête à l'ennemi, mais en réalité pour tenir la ville en subjection et les habitants en cervelle, suivant la naïve expression de notre historien Saint- Julien de Balleure.
Le fait est qu'en ces temps agités par les passions religieuses, nos rois avaient quelque raison de bâtir ces bastions, qui eurent nom la citadelle. On sait que l'abbaye de Saint-Pierre, ayant été livrée par les échevins au pouvoir des huguenots, fut pillée, saccagée, et les religieux expulsés. Ce fut une belle occasion, pour les agents du roi Charles IX, de se saisir de la place et d'y dresser une citadelle, de sorte que les bons habitants de Chalon, qui n'avaient pu souffrir les moines, furent obligés de supporter les soldats.
Le caractère de ces bons habitants de Chalon, mis en cervelle, devint heureusement pacifique, et ne fit point sentir, apparemment, la nécessité d'entretenir ce formidable appareil de guerre. Aussi le voyons-nous aujourd'hui réduit à ce rôle de simple curiosité pittoresque ou de bibelot archéologique.
i. Suivant le plan dressé pour le procès des moines de Saint-Pierre contre la ville de Chalon.
TOUR DES GOUVERNEURS
Au-dessus de la fenêtre du deuxième étage d'une tourelle qui renferme un escalier en colimaçon, on peut voir l'écu d'un des abbés de Saine-Pierre, « Humbert de Montferrand, 1456-1478 ± , pallé d'argent et de sable, de six pièces au chef de gueules ».
C'était un gentilhomme de la Bresse savoyarde.
1. Communication que je dois à l'amicale obligeance de M. Henri Batault.