LES MOULINS DU PONT DE SAINT-LAURENT
upprimés par voie d'extinction afin de laisser plus hbre et plus facile la circulation sur la rivière, les derniers moulins ont disparu il y a environ un quart de siècle. Ils étaient au nombre de cinq autrefois, tous amarrés en
aval du pont, et le trouble que cet encombrement occasionnait à la navigation se
conçoit aisément.
Le petit bruit des meules, le tintement argentin de la clochette d'avertissement l'effet pittoresque de ces antiques maisons flottantes, le mouvement incessant du va-et-vient des meuniers traversant la Saône dans leurs bardots chargés de lourds sacs enfarinés ; tout contribuait à faire de cet ensemble un sujet habituel de distraction pour les vieux promeneurs du quai.
Sur cette matière d'un intérêt tout rétrospectif, je dois laisser la parole à mon ancien ami et condisciple F. Fertiault, qui, dans un sonnet réussi, a su condenser une triple pensée, par les trois notes du souvenir, de la description et de l'idée philosophique.
L'enfant se charme à cou:; pour lut tout est merveille, Et son esprit naïf s'empreint des moindres lieux. — Eteint, votre tic-tac m'emplit encor l'oreille, O moulins de la Saône et si noirs et si vieux !
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