UN RADEAU SUR LA SAONE
LA SAONE ET LA MARINE
Flumen est Arar quod per fines ^duorum et Sequanorum in Rhodanum influit, incredibiU lenïtate, ita ut oculis in utram partent fiuat judicari non possit.
(Cjesar, De Bdlogallico,X\b. I. Ch. xn).
n peut affirmer que la navigation sur la Saône a existé de tout temps. La
batellerie rudimentaire des temps primitifs se formait de canots monoxyles
creusés dans des troncs de chêne avec des outils de silex et par l'emploi du feu.
Le musée de Saint-Germain conserve une de ces pirogues trouvée à Scey-sur-Saône, une autre fut trouvée à Gray l , une troisième enfin à Chalon-sur- Saône sur la rive gauche en face du chantier du Creusot 2 .
Gette douce et facile rivière fut probablement pendant de longs siècles le seul moyen de communication possible entre le nord et le midi de la Gaule. L'Orient et la Grèce l'employèrent pour leur trafic. Les Gaulois exportaient par la Saône 3 des grains, les salaisons estimées des Séquanes, les chênes et les toisons des Lingons.
i. Finot. Etud. de Géog. hist. sur la Saône, 1878, p. 8*.
2. J'ai reconnu moi-même cet intéressant spécimen de l'industrie primitive, alors qu'il venait d'être trouvé et malheureusement dépecé.