LE PORT GUILLOT, DIT LE PORTO
E port Guillot, dit aussi le Porto, est un but de promenade aimé et préféré par les pêcheurs à la ligne.
Ses antiques murailles se profilent gracieusement sur les horizons lointains et vaporeux d'Épervans, d'Ouroux et du bassin de la Saône.
On se souvient encore aujourd'hui que ce lieu fut en 1841 le théâtre d'un épouvantable accident. Le , 7 janvier, le Cythis, bateau à vapeur construit dans les chantiers du Creusot, essayait un premier voyage ; il était monté par tout l'étatmajor de la grande usine. La machine, surchauffée, éclata, lançant au loin les cadavres mutilés de huit personnes, et les éclats brûlants de sa chaudière jusque sur les toits du port Guillot.
Voici pour le présent; le passé fournit aussi sa part d'intérêt. Ce que nos vieux chroniqueurs racontent a une certaine odeur de légende dont je laisse la responsabilité au père Berthaud que je transcris :
« En 1634 (d'autres disent 1635), sur la fin d'avril, le roi Louis XIII allant porter la guerre en Piémont s'embarqua au port de Saint-Jean-de-Losne; et comme Chalon se ressentait encore de la peste, il passa incognito sous le pont de Saône et prit terre au port Guillot. Où étant ce souverain ne put assez admirer la situation du lieu.
« Il serait sans doute resté plus longtemps dans la contemplation de ces merveilles de la nature, s'il n'eût été interrompu par les criailleries d'une vieille femme, fermière de ce port, qui, s'approchant, demanda, comme en furie, pourquoi on avait mis à bord ces picoreurs de maisons champêtres; et après s'adressant au roi, que sans doute elle ne connaissait pas, elle lui dit tout en colère : Venez et entrez dans
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