‹ Chalon-sur-Saône pittoresque et démoliChapitre 78 sur 89 · LE MONT ABBON · texte numérisé non relu

LE MONT ABBON

ous les habitants de Chalon connaissent la haute montagne granitique bosselée comme le dos d'un dromadaire , noire et boisée comme au temps des druides, derrière laquelle se couche le soleil. C'est le mont Abbon, qui, avec le piton de Châtel-Moron, son voisin, constituent les deux sommets les plus élevés de nos environs.

Aux temps mérovingiens, alors qu'à Chalon fonctionnait l'atelier de monnayage le plus important de cette époque, un orfèvre, faber aurifex probatissimus, maître de saint Éloi, vers l'an 604, l'un des pères de la numismatique française, Abbon, inscrivit son nom, suivant l'usage, sur les nombreux tiers de sol d'or et sur les monnaies d'argent qu'il frappa en raison des fonctions qu'il exerçait, comme gérant de l'atelier où se fabriquait la monnaie du trésor royal. Il signait ainsi ses triens d'or :

Abbone monitario Cabilonno fit.

« Abbon fut un missionnaire de l'art, dit M. le vicomte G. de Ponton d'Amécourt dans son livre sur les monnaies mérovingiennes de Chalon-sur-Saône. On le vit à Chalon réunir sous son administration, à la fin du règne de Gontran, tous ces ateliers qui ont eu pendant un quart de siècle une prodigieuse activité.

« S'il a existé eri Gaule un monétaire jouissant d'une grande notoriété ce fut Abbon de Chalon, qui a centralisé tout le monnayage de la capitale de la Bourgogne, eo tempore. De Chalon partirent des influences artistiques dont on a constaté les effets à Troyes, à Orléans, à Limoges et jusqu'au pied des Pyrénées. »

Notre fonctionnaire Abbon a eu dans un temps une grande et légitime influence,

à cause surtout de son talent d'orfèvre monnayeur ; toutefois il faut reconnaître que

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