VUE GENERALE PE MONTAIGU
MONTAIGU
a plus populaire et la plus connue de toutes les ruines du Chalonnais, celle de Montaigu, fut jusqu'à l'année 1870 constamment occupée par un jljjff^ g) cénobite qui, sous un costume de religieux et avec le titre d'ermite de Montaigu, habitait un réduit adossé sur ce sommet à un haut et menaçant pan de muraille. Cet ermitage se composait d'une chambrette et d'une toute petite chapelle. L'ermite, qui ne payait aucune redevance au propriétaire, cultivait avec soin les minimes parcelles de terrain qu'il avait disputées à l'amoncellement des matériaux dans le vaste périmètre du château; il va sans dire qu'il s'entendait à cultiver la vigne et qu'il récoltait du meilleur vin. Ses ressources étaient sensiblement augmentées par les aumônes que ne manquaient pas de lui laisser les nombreux visiteurs attirés par la beauté du site et par les souvenirs de ces grandes ruines.
L'ermite vivant dans le calme de la solitude, l'âme reposée par la vue continuelle du plus beau panorama des environs de Chalon, jouissait d'une paix profonde, mais fragile, car elle fut troublée par le crime et l'assassinat.
Les habitants d'alentour conservent encore le souvenir ému de la mort d'un des ermites qui, un matin de l'année 1842, fut trouvé gisant dans une mare de sang, assommé à coups de bêche. Ce crime, dont le vol avait été le mobile, fut accompli facilement dans ce lieu solitaire. Ce qui n'empêcha pas la place enviée d'être immédiatement occupée par un successeur.
Le dernier ermite, qui était d'origine allemande, jugea prudent de s'éloigner au moment de l'invasion de 1870. Il ne reparut plus ; depuis cette date, la chapelle et la chambre du cénobite ont été livrées aux flammes par les exaltés du jour.
Dans les temps passés, ce dunum fut sans aucun doute un point fortifié, une