‹ Chalon-sur-Saône pittoresque et démoliChapitre 81 sur 89 · JJ · texte numérisé non relu

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MONTAIGU

tour d'observation destinée à surveiller le chemin et à prélever sur les voyageurs des contributions et des droits de péage. Plus tard, la féodalité développant ce principe groupa autour de ce fort des habitations qu'elle abritait de sa protection.

Montaigu devint ainsi le centre d'un des plus grands fiefs du Chalonnais. C'était une forteresse à double enceinte, avec douze tours, chemins couverts et souterrains '.

Véritable place forte, ce nid d'aigles offrait un abri sûr à des seigneurs entourés de gens peu scrupuleux dont les exactions soulevèrent des plaintes réitérées. Aussi les doléances des magistrats de Chalon amenèrent enfin une juste et sévère répression. Le châteati fut assiégé et pris par le duc de Nemours en juillet 1590 et depuis démantelé par ordre d'Henri IV.

L'ermitage de Montaigu a servi de thème à notre ami et compatriote, au sonnettiste chalonnais F. Fertiault, qui, dans son charmant livre les Petits Drames rustiques, lui a consacré un excellent chapitre terminé par le charmant sonnet que je lui demande la permission de rééditer :

Jadis, ô Montaigu, dans ces vieux murs debout, Tout respirait la vie et l'ardeur et la guerre ; Les pieds de tes soldats résonnaienc sur la terre, Leurs cris se répendaient de l'un à l'autre bout.

Maintenant tu n'es plus, silence et mort partout.

Trois siècles ont broyé, disséminé ta pierre,

Et sur ton sommet chauve, ô mont, un homme austère

A fait son nid d'ermite, où du monde il s'absout.

Riche de ton néant, il monte où Dieu l'appelle; Un lambeau de muraille abrite sa chapelle, La croix sur la ruine étend ses bras bénis.

Tes souterrains comblés sont le champ qu'il remue Et sa calme prière est tout ce que la nue Entend venir de toi, sol aux destins finis.

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