‹ Chalon-sur-Saône pittoresque et démoliChapitre 87 sur 89 · IO · texte numérisé non relu

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parmi les littérateurs, Claude et Nicolas de Pontoux, qui seraient aussi bien placés parmi les savants en leur qualité de médecins; Philibert Guide, l'un des plus anciens fabulistes français; le chanoine Claude Décousu, polyglotte, professeur de grec et d'hébreu, qui publia la première édition des Idylles de Théocrite qui ait paru en France; Saint-Julien de Balleure, digne de cette nouvelle mention pour la diversité et l'importance de ses écrits précieux et attachants malgré leurs imperfections ; Salomon Clerguet, avocat, poète et député aux états de Blois en 1588 ; Claude Perry, poète latin et historien ; —parmi les jurisconsultes, Philippe Robert, célèbre avocat, mais plus connu comme poète grec et latin et par l'amitié qui l'unit à Pontus de Tyard; Celse-Hugues Descousu, qu'un juge compétent, le président Bouîiier, regardait comme l'un des plus laborieux et des plus appliqués « de tous les jurisconsultes » ; Hugues Doneau, qui, avec Cujas et Dumoulin, fut l'un des trois plus grands juristes du xvi e siècle; Job Bourot ; les deux Durand ; Nicolas Canat , —dans la diplomatie, l'ambassadeur Jacques de Germigny ; — dans les sciences médicales et physiques, Toussaint, Ducret, Josias, Machureault, Clément Cyriaque, Mangin, l'un des plus brillants élèves du collège de Chalon, savant mathématicien et habile linguiste ; les deux Morel père et fils, Jean et Jacques Philibert, l'un et l'autre auteurs d'ouvrages de médecine, Jean Prestet, disciple de Malebranche et lui-même habile mathématicien ; Leschenault de La Tour, infatigable voyageur naturaliste ;— parmi les artistes, Jean Bruneau, Joseph Lacombe, les deux Touchemolin, tous musiciens; Guillaume Boichot, dessinateur, peintre, sculpteur et architecte. Enfin Denon, écrivain, diplomate, voyageur et surtout graveur distinguent l'un des savants les plus intrépides, quoique des plus âgés, de l'expédition d'Egypte.

Nous sommes heureux et fier de le constater une fois de plus, la France intelligente, éclairée et libre ne date pas seulement du 14 juillet 1789, comme on a osé l'écrire. Ses nobles origines sont plus anciennes et plus respectables. Longtemps avant cette date, nos cités provinciales étaient autant de petits foyers d'où se répandaient sur la France entière d'inépuisables rayons de lumière et de chaleur, c'est-à-dire de vie ; car il restait toujours dans nos villes le noyau d'une société de choix, qui, à ses heures, aux jours des visiteurs illustres, des nobles hôtes et des grandes fêtes, reprenait les manières élégantes et l'urbanité de la capitale, avec une aisance qui dénotait que le savoir-vivre lui était familier.

Les anciens Chalonnais occupèrent un rang distingué dans ces occasions : leur naturel privilégié les y disposait.

Déjà au xvi= siècle, notre chroniqueur Saint-Julien écrivait : « Ils sont autant gracieux, « de franc et bon cœur, envers ceux qui abordent leur ville, qu'autres habitants du royaume 1 . ,

Deux cents ans plus tard (toujours avant i 7 8 P ), l'historien Courtépée continuait cet éloge en ces termes : « Ils ont conservé cet aimable caractère de politesse et de générosité qui rend le « séjour de leur ville délicieux aux étrangers 2 . »

1. Courtépée, ouv. cité, art. Chalon, t. III, p. 257 (nouv. édition).

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