BUE DE RIVOLI
Paris — Impriineri.» J Voisvfnel, rue du Croissant, Ib.
— Viens faire dire les lettres à Tolo î
— Où est ton livre, ma petite?
— Ze lis dans la carte au restaurant.
— Oui, madame, j'ai cru ((uc vous n'aitniez que moi!
— Pour votre honneur, n\onsieur, taisez-vous ! Vous feriez croire que vous êtes un égoïste.
— Eli bien ! et ton bébé? Que qu»' l'en as fait ?
— Merci! il demandait déjà à manger... .l'en cherche un qui ne soit pas encore sevré.
— Ali ! madame , je vous offre ma vie !
— Tiens ! vous n'avez donc plus la bourse ?
— A bas les pattes! vous n'avez pas de droits làdessus.
— C'est juste, on vient de supprimer les droits sur le coton !
— Deniaiii, chez vous, à minuit! Mais votre portier, madame, que va-t-il penser?
— Bah: je le laisse crier tous les soirs !
LE GROS DOMINO. — Eli bien ! monsieur, que signifie cette plaisanterie? pourquoi me présenter toujours ce bébé ?
~ Mais, dam! c'est un enfant que je présente à la tour.
— Grossier personnage !
— Mais est-il bête, ce portier! il ne sait donc pas que nous sommes en carnaval?
— Le carnaval ne me regarde pas! Je ne connais que les ordres du propriétaire qui ne veut pas d'enfants dans sa maison; voici votre congé!
— Il est joliinenl pingre, ce monsieur ! je lui ai demandé de me payer du sucre de pomme...
— Eli bien?
— Il m'a réi)ondu que les bébés ne devaient sucer que leur pouce.
— Ciel ! mon fils n'a plus soti bourrelet î Sa mère et lui ont changé de coiffure...5 Ma femme est au bal masqué en bébé, J'Qn suis sûr!
— Monsieur, il ne serait pas convenable que j allasse souper toute seule avec vous... Prenez mon ours !
— Quatre-vingt-quinze francs!.. Saprelote, quel sevrage !
- Eh bien, ne te gêne pas, Caroline... Combien t-ce qu il t'en faut donc à toi ?
— Ma chère, le carnaval est si court cette année!
— Dis donc , fais attention! la femme me fait l'efTet d'être joliment membre de la Société protectrice des animaux, ce soir!
ce~bé^bé"^'^"^' ^*^^'^ "'^^^^ P^^ '^ ^^^'^ '^^ démasquer co^na^'tre"*^^' ^'^'^ "^ ^"^^"^ '' ""*' ''"'^" •''' ^'"'"^ ^^'
— Madame, c'est trop fort! il y a des barrières qu une honnête femme ne doit i)as franchir !
— Oui , monsieiir, mais on vient do les reculer, les barrières.
— Pourquoi vous quereller... avec son amant? Faut 3as, vous vous querelleriez avec tout le monde.
— Laissez-moi tranquille ! je ne vous connais... C'est désagréable, ces choses-là !
— Bonjour grand-papa ! Grand-papa qui ne veut pas reconnaître sa petite-nile!... Ohl le vilain grandpapa!
— Amélie, un monsieur la pavé ce sucre de onime ?
— Mon ami, je suis un bébé en nourrice; tu sais, n leur fournit le sucre et...
— Le savon ! tu vas l'avoir aussi, je m'en charge !
— Voilà un petit bourgeois bien gentil! On a beau lui dire des choses désagréables, il n'oserait pas lever la main sur un enfant... pas vrai, mon chéri ?
— Qu'est-ce que tu fais ilonc, Amélie?
— Dam! c'est ma dernière ressource, tous les autres hommes sont retenus!
— Si votre amie voulait me donner une place dans son cœur?
— C'est possible. Mais dam ! vous serez serré ie vous en préviens. '
— Mais, mon ami, vous me faites commencer la musique trop jeune!... Mettre un b-bé au violon! c'est absurde, mon cher...
— ComnieiU! Françoise, j'enjjagc du monde pour prendre le ihé et vous ne leur servez que du chocolat '
— Oui , madame... HÎ! hi! hi ! ca me ferait trop de peine! Le thé, ra me rappelle 1a Chine, où qu'est parti mon cousin du HJz*- de ligne... Hi ! hi ! jii !
— Je vas à la descente de la Gouilille clierclier mon homme.
— Faut bien vous couvrir, ma chère.
— Fait donc bien froid ?
— C'est pasra, mais comme voire mari vous tapera dessus, faut amortir!
— Mais, ma chère, nous sommes en carême?
— Je sais bien, j'attends la mi-carême.
— Allons, bon '..'ne va-t-il pas se mettre a danser aussi, lui, pour nous faire tirer le cordon toute la nuit! C'était pas la peine qu'il vj» mip alor»!
— Madame ne met pas sa crinoline?
— Non , nous sommes en carême , ca fait gras.
- Je n'ai pas dVnfants , mais j'ai des bœufs .iiii me donnent bien de la satisfaction !
La vérilable l^'nélopo normande suivie de ses prétendants messieurs les bouchers de Paris (n'en déplaise à M. Alphonse Karr).
Le laun-ai voulant absolument en)brasser le président qui lui d.'-cerne son prix, ainsi que cela se pratique dans les collèges de l'Université.
RETOUR D'UiN FRUIT SEC DU CONCOURS DE POISSY.
— Con)inent! pas le moindre prix! pas même un accessit! après tous les sacrifices qu'on a faits pour vous!...
^iii'
— Tu le connais donc, le bœuf Solfeiino?
— Mais oui , j'ai eu des démêlés l'année dernière avec son parrain !
Il n'y a pas de plaisir sans peine.
Bo'iCH t r
— Mon chéri , je crains que tu ne sois peut-être pas assez couvert ?
— Je le suis suffisamment, je ne m'enrhume jamais que de la téie.
— :Mais allez dune, cocher! le bœuf gras me prie de vous dire d'avancer.
Le Temps se mettant cette année à la pluie,
— Tiens! c'est rAmour... J'ai cru qu'il avait un carquois avec des flèrhes !
— Autrefois, c'est possible; mais l'amour aujourd'hui, c'est changé.
— Dis donc, Bichette, comment trouves-tu la robe du bœuf gras?
— Mais je la trouve à la mode puisqu'il y a une queue par derrière.
— C'est Solferino, pas vrai, bourgeois? Eh bien, moi, qui s'y ai z'été, je vous dirai que ca vous donne z'une idée très-imparfaite de la chose. '
— Marguerite, que signilie crci? Votre cuisine pleine de militaires!...
— Madame a voulu manger du Solferino , c'e^l c» ux qui z'y étaient qui s'entendent à acconmioder c'tc chose-là. J'y connais rien aux plats militaires.
— Ah ! mon Dieu ! (ju'esl-ce (ju'il a donc mon mari depuis qu'il a mangf'^ du Solferino?
— Cherr ainie , je vais faireun tour en ville; le premier pékin qui a le malheur de me regarder de travers...
— Monsieur Pacot, voulez-vous manger un morceau de Solferino qu'ont eu mes maîtres pour leur dîner ? il est bien tendre.
— Bien tendre! c'est pas du Solferino alors... J'y fêtais, et je sais que c'était joliment dur au contraire!
Le bœuf gras arrivé à sa dernière destination.
— Enfin! je danse ce soir. Jai bien envie df faire un procès avec doin maires el inlérèls pour m'avoir occasionné une incapacité de travail pendant plus de vingt jours.
— Ali ! ma clieie amie! rien n'a donc de l'influence sur vous ? Je vous rencontre à la nii-carème encore dans cet état-là !
— Comment! tu m'avais demandé de te payer un Wton de sucre de pommes?
-- Oui, mais j'ai réfléchi que c'était le dernier bal!
— iii : lii ! je veux aller retrouver ma bonne !
— Eh bien, mon enfant, allons la chercher, où estelle?
— Elle était au bal masqué de l'Opéra de la micarème, nous la trouverons, c'est sûr, au prochain bal ; si monsieur veut me donner son bras?
— Diable ! mon bras jusqu'à fin de décembre prochain... merci !
la ville (Je Paris s»' reculant jusqu'aux fo>s«'S des
fortifications.
— Halle! sapristi! halte!
— Alleisepocliarderàla barrière! j'ai pus le moyen a cle heure.
— T'as donc pas pour une chopine?
— Si; mais pour nn liacre.
Ces pauvres douaniers s'ennuyant à la campagne où les a relégués remplacement du nouvel octroi de Paris.
— Je ne sais pas ce que leur z'y a fait c'te pauvre ville de Paris, qu'on y dresse partout des potences.
— Des potences ?
— Mais certainement; à preuve qu'on va lui faire l'opération de la strangulation.
Profilant du nouveau nioyui anesllusique pour se d('^ barrasser au jour de Tan de son concierge, facteur, porteur d'eau, etc., en les plongennl en catalepsie au moyen du brillant d'une pièce de cinq francs neuve.
— Couche-loi donc, ma chère amie, il est tard!
— C'est inutile, je ne peux pas ferni; r l'œil... Kaut absolument que tu m'achètes un gros diamant, il paraît que ça lait dormir rien qu'en le fixant.
Nouvt-au moyen de se débarrasser d'un voleur : lui faire voir ses diamanb.
— Mais c'est abominable, une découveite comme Celle-là ! —Comment ! le brillant de mes yeux a suffi pour mettre ce monsieur en catalepsie rien qu'à le regarder ! — Mais , monsieur , vous ne pouvez pas rester chez moi !
— ^ladame, tous vos efforts seront inutiles; mettezmoi au lit, c'est la seule chose à faire.
MARGLERITE tlAlTHIKR. — -Ml (.a! (lU'est-Ce (\U\ lui
prend donc? Il nie place sur un pi.doslal et le voila maintenant qui me démolit !
— Ma choie amie, vous n'avez aucune disposition pour le tliéi\tre et vous voulez jouer la comédie!
— Je t'assure que je serai très-bonne dans la pièce de M. Labiche, les Petites »un/js ; je gante 5 3/4.
— Messieurs et mesdames! donnez-vous la peme d entrer, M. Rarey va commencer !
— Merci I j'aime mieux qu'il ait fini iK)ur entrer.
I.e iiudht'ureux Orphée allant d'Ol'fenbach à Carvalho pour ravoir son Eurydice.