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gico-comique qui s'était produit avant la représentation ne fit que resserrer les liens de sympathie et d'amitié qui unissaient Gham et Gillej et, lorsque parut la brochure du Serpent à plumes, Cham envoya un exemplaire à son collaborateur, avec la lettre suivante :
« Mon cher Gille,
« Voici notre serpent. Il vous doit beau- « coup ! A votre charmant esprit revient la « grosse part dans son succès.
« Je serais bien ingrat vis-à-vis de ce rep- « tile si j'oubliais que par lui j'ai fait la cons naissance d'un des hommes les plus splria tuels que j'aie rencontrés. Il restera a toujours mon ami, comme je serai tou- « jours le sien.
« Croyez, mon cher Gille, à mes sentî- « ments les plus affectueux.
a Cham. »
Cette bonne camaraderie ne fit que deve-
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nir plus cordiale avec les années, et lorsque Philippe Gille épousa la fille de Victor Massé, il choisit Cham pour l'un de ses témoins.
C'est à cette occasion que le célèbre caricaturiste se livra à une de ces plaisanteries qu'il affectionnait, et il en fut si content qu'il la renouvela dans une circonstance analogue. Le mariage de Gille avait lieu à la mairie du neuvième arrondissement, et c'était M. Emile Ferry qui^ ensaqualité de maire, venait de procéder aux formalités légales. La cérémonie terminée, Cham s'approcha de M. Ferry et lui dit en te saluant gracieusement : « Mes compliments, monsieur le maire, vous mariez très-bien. Mon ami est très-content, il reviendra ! »
On voit d'ici la stupéfaction du maire!
Quant à l'assistance, elle était composée de personnes qui, pour la plupart, connaissaient Cham et ne s'étonnaient plus de ses boutades.
Le Serpent à plumes fut suivi, deux ans plus tard, du Myosotis, « aliénation mentale et musicale »j dit le livret, due à la collaboration de Cham et de William Busnach.
L'idée de la pièce avait été inspirée ans auteurs par une aventure comique arrivée à Offenbach. Cette joyeuse fantaisie fut le troisième début au théâtre d'un compositeur devenu populaire, M. Charles Lecocq.
Le futur auteur de la Fille de madame Angot avait fait la connaissance de Cham vers i858. Ils habitaient la même maison et sur le même carrée rue Vintimille, 24, et un jour que Charles Lecocq était à son piano, son voisin lui fit demander de qui était le charmant morceau qu'il exécutait. Lorsque Cham, qui adorait la musique, apprit qu'il avait pour voisin un compositeur de talent, il vint le voir, et, à partir de ce moment.
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leurs relations devinrent extrêmement amicales. Par une exception flatteuse, Charles Lecocq était admis, tous les dimanches, dans le cabinet de travail du caricaturiste pendant qu'il enlevait ses croquis avec sa verve habituelle.
A l'époque où Cham et William Busnach travaillaient au scénario du Myosotis, c'està-dire en 1866, Charles Lecocq n'avait pas encore trouvé le moyen, avec ses droits d'auteur, de faire construire un ravissant hôtel à Auteuilj et donnait des leçons pour gagner sa vie et celle de sa mère. Cham, toujours bon et dévoué, s'intéressa à sa situation, et imposa en quelque sorte sa collaboration au directeur des Bouffes, où la pièce fut d'abord reçue et même répétée pendant quelques jours par Désiré et Léonce.
Retiré des Bouffes, le Myosotis passa au théâtre du Palais-Royal, où les deux seuls rôles de la pièce eurent pour interprètes Brasseur et Gil-Pérès. Avons-nous besoin
d'ajouter que les répétitions étaient fort amusantes? Chaque jour, Cham inventait quelque drôlerie nouvelle, et, en comptant tout ce qui s'improvisait aux répétitions, ce petit acte aurait bien pu durer trois heures.
A certains moments, acteurs, directeurs et auteurs éclataient de rire.
La première représentation eut lieu le 2 mai 1 866 dans un spectacle coupé et eut un grand succès. Brasseur, qui s'était fait une tête des plus comiques, fut étourdissant dans le rôle de Schnit{berg, et Gil-Pérès extrêmement original dans celui de Comillon. Ajoutons que les relations cordiales de Cham et de Charles Lecocq ont duré jusqu'à la mort du regretté caricaturiste. Cham s'indignait surtout que le compositeur auquel on doit tant d' œuvres si applaudies et .qui ont fait, on peut le dire, l.e tour du monde, ne fût pas décoré. Lorsque Charles Lecocq iit représenter, en 1878, la Camargo à la Renaissance, Cham donna un dessin représentant la célèbre danseuse de
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l'Opéra décrochant avec son pied la croix d'honneur pour le maestro populaire, et lorsque l'auteur de Giroflé-Gîrofla venait voir son ami, celui-ci ne manquait jamais de lui dire avec son accent intraduisible :
a. Comment, vous n'êtes pas décoré? Voulez-vous bien vous en aller! »
Cham fit encore jouer avec son collaborateur du Myosotis, William Busnach, une parodie du drame de Sardou, Patrie! qui fut représentée au Palaîs-Royal, sous le titre de Poterie, et dans laquelle mademoiselle SiUy imitait Fargueil avec beaucoup de finesse et de verve. C'est aussi M. Busnach qui, après la mort de Cham, donna aux Variétés VŒiIducommodore,une fantaisie extravagante mettant en scène un rêve de Cham dans lequel il lui avait semblé retrouver un de ses oncles passé, grâce à la métempsycose, dans le corps du bœuf gras.
Un vaudeville moins fantastique fut celui que Cham écrivit avec un de ses amis, Albert de Lasalle, collaborateur du Charivari.
Il avait pour titre : Vn malade au mois, pièce en un acte, « avec écurie et remise », ainsi que le portait l'affiche. Cham en avait conçu l'idée alors quUl habitait rue Vîntimille; mais le plan définitif ne fiit arrêté dans son esprit que rueNollet, un jour qu'il causait sous les ombrages de son jardin avec son camarade Albert de Lasalle. La pièce fut proposée sous forme de scénario à MM. Dormeuil et Plunkett , directeurs du Palais-Royal , qui l'acceptèrent séance tenante et la mirent en répétition dès qu'elle fut achevée.
Ces répétitions furent laborieuses et durèrent plus de cinq semaines, parce que la mise en scène était très-compUquée et de-
mandait à être réglée minutieusement. On y remarquait surtout une variété considérable de flacons et d'accessoires de pharmacie. Cham était parti pour Bade aussitôt après la réception de la pièce. 11 n'assistait donc pas aux premières répétitions. Quand il revint frais et dispos,, il sema le dialogue de mots spirituellement extravagants. Il en ajoutait même trop, et l'on dut mettre une digue à sa verve intarissable. Nous n'avons pas besoin de dire que Bijou était de la pièce et assistait aux répétitions avec son maître, qui ne pouvait se séparer de lui, ne fût-ce que quelques heures. Le Malade au mois fut joué et fort applaudi le 21 octobre 1 868, et, ce qui est rare pour les pièces follement fantaisistes de Cham, ce vaudeville a été fréquemment représenté en province.
Voilà à quoi se borne le bagage de Cham comme auteur dramatique! Il est vrai qu'il avait en portefeuille bon nombre de projets de pièces qui n'ont jamais vu le jour, tels
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que : YOrgue et le Pacha, avec WilUam Busnach; la Lipie droite, une comédie en trois actes avec Lafontaine, un de ses meilleurs amis; une autre comédie avec Clairville, qui lui reprochait d'avoir trop d'esprit pour être jamais un auteur dramatique dans le vrai sens du mot.