‹ Cham, sa vie et son œuvreChapitre 20 sur 38 · CARICATURE DE CHAM · texte numérisé non relu

CARICATURE DE CHAM

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SA VIE ET SON ŒUVRE. igî

les attentions les plus délicates. Parfois un coup de fusil se faisait entendre. Alors Bijou sautait à terre et se sauvait. On voyait aussitôt Cham se mettre à la poursuite de son chien et ne s'arrêter qu'après l'avoir rejoint et réinstallé sous son bras.

C'est à Bade que l'un des amis de Cham, Dantan jeune, dessina une caricature bien amusante et bien spirituelle. Cham est représenté sous les traits de son chien; il est parfaitement reconnaissable à son mouvement de tète et surtout à sa moustache effilée et à sa barbiche pointue. Sous sa patte gauche il tient son parapluie^ et sous la patte droite il porte son maître '.

Un matin, Cham avait offert au château de la Favorite un déjeuner à des amis qu'il avait rencontrés à Bade. Tout à coup, il s'aperçoit que son chien est parti. Il plante là ses invités et se met à la poursuite de son cher Bijou. Lorsqu'il revint^ rapportant son

précieux trésor, le repas touchait à sa fin; mais ses amis ne lui gardèrent pas rancune d'avoir si mal rempli ses devoirs d'amphitryon. Ils connaissaient et excusaient sa faiblesse pour son griffon bien-aimé.

Et Cham ne veillait pas seulement sur son chien à lui ; il s'occupait aussi de ceux des autresj comme le prouve le fragment suivant d'une de ses lettres de Bade :

«...J'ai fait la connaissance d'une charmante Anglaise. Imagine-toi que je l'ai trouvée pleurant au bord de la rivière, avec son chien qui ne voulait pas se baigner. Je lui ai demandé la cause de ses larmes, et elle m'a dit que son mari voulait tuer sonchien si elle ne parvenait pas à le débarrasser de ses puces; or, la vilaine bête ne voulait pas entrer dans l'eau. J'ai eu compassion d'elle ; j'ai empoigné le chien, et Je l'ai fait entrer dans l'eau. Depuis ce jour, cette brave dame ne me quitte plus. . . »

Malheureusement survint la guerre de 1870, et les Parisiens choisirent pour but de

leur villégiature d'autres promenades que l'allée de Lichtental. Cham, après avoir pendant quelques années fréquenté la plage du Havre et surtout celle de Boulogne-sur- Mer, se confina dans sa maison des BatignoUes et ne connut guère d'autres ombrages que ceux de son jardin de la rue NoUet.

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