‹ Chambre à part, comédie en trois actesChapitre 107 sur 119 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

FLORISE, évasivement.

De nom !...

ANDRÉ

Il est idiot, vous savez !

FLORISE

Pour sûr! Allons!... Cette petite femme-là ne peut pas l'aimer I...

ANDRÉ

C'est clair ! Tenez, là !... tout à l'heure, quand je la suppliais d'oublier tout !

FLORISE

Ah ! Vous l'avez suppliée ?

ANDRÉ, piteux.

Ouil...

FLORISE

Tiens ! Tu n'es qu'une gourde !

ANDRÉ

Vous dites ?

FLORISE

Je te tutoie, ça ne fait rien! Quand je suis en rage, je tutoierais le pape! Tu n'es qu'une gourde, parce que tu aimes ta femme! Tu l'aimes follement!... Ne dis pas le contraire, j'en mettrais ma main au feu! les ménages ça me connait! j'en ai assez défait pour ça ! Il vient de t' arriver ce qui arrive à tous les polichinelles de ton espèce qui se marient. Tu as pris le mariage en plaisantant, tu as cru que c'était pour rire. Tu as fait des sottises en croyant que ça ne tirerait pas à conséquence. Une maîtresse, on la trompe ? elle reste avec vous parce qu'elle ne peut pas faire autrement ; une femme légitime, elle, vous plaque!

102 i;iIA.MBUE A PART

ANDRÉ

Florise, vous parlez d'or!

FLORISE

Et quand tu as vu que ta femme te plantait là, tu t'es mis à l'aimer, et tu t'es aperçu d'une chose : c'est que le mariage, au fond, c'est aussi sérieux, aussi respectable que le collage !

ANDRÉ

Ahl Florise, je suis bien malheureux!

Tant que ça!...

ANDRÉ

Oui, tant que ça!... Savez-vous ce que je serai dé-, sormais?... Un raté du mariage!... oui... un mari raté !

FLORISE

Espère un peu! l'année n'est pas finie!... Oh! La Ghambotte !

Elle se cache.

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