ACTE PREMIER 2o
ANDRÉ
Oh I Mille pardons I Quelle gaffe! Madame Rousselet, veux-je dire !
MARCELINE
Non plus... Je suis de nouveau madame Bonnin.
ANDRÉ
Ah ! Vous êtes I
MARCELINE
Je suisl
Un temps.
Mes félicitations !
MARCELINE
Il n'y a pas de quoi !
ANDRÉ
Au contraire I Une divorcée ! Vous avez tout le charme libre des veuves, la tristesse en moins. Le divorce;, ce n'est ridicule que pour les maris.
MARCELINE
Merci !... Mais je vous retiens I Vous sortiez.
ANDRÉ
J'ai le temps !... Vraiment, ça vous va bien, la liberté... Vous avez une grâce particulière! Un je ne sais quoi !
MARCELINE
Vous trouvez ? Et avec ça ?
ANDRÉ
Et avec ça, vous avez un sourire unique, un sourire qui vous ferait reconnaître entre mille.
MARCELINE, riant.
Ça y est !
2{j CHAMBRE A PART
ANDRÉ
Quoi •?
Vous êtes parti!... Dans cinq minutes, vous me direz que vous m'aimez I
ANDRÉ
Gomment le savez-vous?
MARCELINE
Des amies à moi, qui vous ont beaucoup connu, m'ont raconté les débuts de leur intimité avec vous. Ça ne varie pas: vous vous approchez des femmes, vous leur dites qu'elles ont une grâce particulière, un je ne sais quoi !
ANDRÉ
Ah î Je me répète tant que ca !
MARCELINE
Ne soyez pas vexé ! Chaque homme fait toujours la cour de la même façon...
ANDRÉ
Et, qu'est-ce que je dis ensuite?
MARCELINE
Vous poussez un soupir... Puis vous dites que vous vous ennuyez dans la vie... que vous êtes bien seul! C'est d'ailleurs très faux, car vous vous amusez beaucoup et vous avez des maîtresses !
ANDRÉ
Si j'en ai? Pour tous mes amis! Et après ?
marci;li ni;.
Après? Vous ajoutez : « Je n'ai jamais parlé ainsi à personne, c'est que j'ai confiance en vous... Il me