‹ Chambre à part, comédie en trois actesChapitre 17 sur 119 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

semble que vous me comprenez... etc.. » Et vous terminez par : « Je vous adore ! »

ANDRÉ

C'est surprenant!

MARCELINE

Vous voyez qu'il n'y a rien à faire, mon brave homme ! Vous êtes brûlé 1

ANDRÉ

Ah I chère madame ! Je vous remercie de m'avoir dit tout cela !

MARCELINE

Tiens, pourquoi?

ANDRÉ

Parce que je n'ai plus à vous raconter toutes ces histoires; puisque vous les connaissez^ je passe tout de suite au moment intéressant : « Je vous aime I »

MARCELINE

Eh bien! Vous en avez du toupet!... « Je vous aime 1 » Gomme ça ! Vlan, v'ian 1

ANDRÉ

Dame ! le train n'attend pas !

MARCELINE

Non! Vous n'êtes pas sérieux! Une de vos victimes avait joliment raison, qui me disait: « Quand j'ai cédé à ce pantin-là, où avais-je la tête ? »

Sur mon oreiller, tiens !

MARCELINE

Et vous me racontez des horreurs par dessus le marché! Allez-vous en!

ANDRÉ

Ça m'est égall Je vous ai fait une déclaration!

MARCELINE

La belle avance!

ANDRÉ

Il y a quelque chose entre nous : je suis désormais pour vous le monsieur cynique et mal élevé qui vous a dit des mots tendres.

MARCELINE

Et qui m'a presque manqué de respect...

ANDRÉ

Justement! Une femme oublie rarement l'homme qui lui a manqué de respect. Laissez-moi croire que vous penserez un peu à moi !

MARCELINE

J'y penserai comme on pense à un enfant gâté qui se croit tout permis.

ANDRÉ

Parfait! Voilà comme je veux que l'on pense à moi ! ça me permet tout !

Il l'approche, MARCELINE.

Monsieur Montrachet ! (vivement.) Gare! Votre tante I

ANDRÉ

Flûte!...

Il cherche à s'esquiver.

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