SCÈNE XIII LA GHAMBOTTE, ANDRÉ
ANDRÉ
Tu vois ce que tu t'attires !
LA GHAMBOTTE.
Tu as des plaisanteries d'un goût déplorable
ANDRÉ
Aussi, est-ce quej'aurais imaginé que toi, LaCiiambotte des grands bars, dit : « L'Enfant gras » tu rentrerais au garage en semant sournoisement les petits camarades !
LA GHAMBOTTE.
Mais ouil... J'en ai assez?... .l'ai besoin d'iine vie ordonnée, j'ai besoin d'une affection sérieuse.
ANDRÉ
Une affection sérieuse!... Brr!... Ça sonne comme une maladie grave!...
Ne ris pas! Je veux me bâtir un foyer! fonder une famille.
ANDRÉ
C'est absurde ! Tu renonces à ta tranquillité, à ton indépendance... Tu ne pourras plus découcher...
LA GHAMBOTTE.
Tant mieux 1 J'ai l'âge de dormir !
ANDRÉ
Tu ne souperas plus ?
LA GHAMBOTTE.
Soit... mais je déjeunerai !
ANDRÉ
Enfin, tu n'aimeras plus qu'une femme... du moins ouvertement.
LA GHAMBOTTE.
Plus qu'une femme... Tiens^ je me marie rien que pour cela!
ANDRÉ
Mon pauvre gros ! à ton aise ; je n'aime pas ça, mais je n'en dégoûte pas les autres I Si tu veux, je serai ton témoin. Contre qui te maries-tu ?
LA GHAMBOTTE.
Eh! là! Pas si vite!
Enfin, tu as quelqu'un en vue ?
LA GHAMBOTTE.
En effet, quelqu'un que tu connais.
ANDRÉ, pensif.
Quelqu'un que je connais !... C'est sûrement une cocotte !
LA GHAMBOTTE.
Non !... quelqu'un de ta famille !
ANDRÉ
Dieu merci!... Il n'y a personne à marier dan'fe ma ' famille !
LA GHAMBOTTE.
Ta cousine Nicolette.
ANDRÉ
Ohl... Cette petite bestiole ! Tu n'y penses pas... Elle n'a pas dix-sept ans ! On t'arrêterait !