‹ Chambre à part, comédie en trois actesChapitre 48 sur 119 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Exactement depuis la nuit du 16 mai dernier, nuit historique!

NIGOLETTE.

Ce soir-là, nous constatâmes que le dernier lien qui nous unissait était rompu !

ANDRÉ, vexé.

Oh! rompu! Mettons détendu...

NIGOLETTE.

Si VOUS voulez!... Depuis ce soir-là, vous n'avez plus passé le seuil de ma chambre.

ANDRÉ

Est-ce un reproche ?

NIGOLETTE.

Dieu ! Non ! Si vous aviez essayé de le passer. J'aurais appelé à l'aide !

ANDRÉ

Je n'ai pas besoin d'aide dans ces cas-là l

NIGOLETTE.

A Paris, je vous supportais encore. Mais a la mer, votre humeur s'aigrit définitivement. Votre sale caractère s'étala au grand jour 1

ANDRÉ

C'est-à-dire que je vous fis quelques observations méritées.

NIGOLETTE.

Méritées?

Par votre coquetterie et vos allures vous étiez la fable de Trouville, qui pourtant n'est pas dur!

NIGOLETTE.

Moi? La fable?

ANDRÉ

Ce n'était plus du laisser-aller, c'était du lâcheztout : vous effarouchiez même les croupiers !

NIGOLETTE.

Ahl Monsieur, prenez garde!

ANDRÉ

Ah I celte fois... nous sommes seuls, je'ne me laisserai plus calotter comme un gosse!

NIGOLETTE.

Vous me le rendriez f Vous oseriez !

ANDRÉ

Essayez, pour voir!

NIGOLETTE.

Au secours! Il me menace! A moi!

ANDRÉ

Quelle vie! Bon Dieu! La classe! La classe!

NIGOLETTE.

Vous en avez assez ?

J'en ai ma claque, oui!

NIGOLETTE.

Moi, j'en ai trop! Ah! Si c'était à refaire !

ANDRÉ

Si c'était à défaire I

NIGOLETTE.

Mais quand vous voudrez!

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