ACTE DEUXIEME
faut 300,000 francs pour routillage... Ma sœur s'en» gage à me les donner...
NIGOLETTE.
Mais... je ne vois pas en quoi cela nous regarde.
MONTRAGHET.
Eh si!... Pendant que vous vous mangiez le nez, moi, pourne pas faire de peine à cette pauvre femme, j'ai menti à tour de bras... je lui ai écrit que vous vous adoriez! qu'il n'y avait pas de meilleur ménage!...
ANDRÉ
Non! Tu as fait ça?
MONTRAGHET.
Ça la disposait bien pour mon emprunt!
NIGOLETTE.
Ah! par exemple!
MONTRAGHET.
Est-ce que je pensais qu'elle viendrait vérifier! Voyons, mes enfants, vous m'aimez bien, moi... Sauvez-moi!
ANDRÉ
Sac à papier, je ne demanderais pas mieux sic'é* tait possible. On te répond que c'est impossible!
MONTRAGHET.
Regarde la dépêche : il ne s'agit que de deux heures!... Une trêve de deux heurçs seulement!
ANDRÉ
Et après, il faudra quand même qu'on lui apprenne la vérité.
MONTRAGHET.
Oh !... une fois l'acte de garantie signé!...
NIGOLETTE.
Vous nous obligeriez à jouer la comédie du bon ménage?
MONTRAGHET.
Oui... pendant deux petites heures!
NIGOLETTE.
Ce serait au-dessus de mes forces !
ANDRÉ
Tout, mais pas ça! Nous vois-tu nous sourire?
NIGOLETTE.
Nous tutoyer!
Nous envoyer des mots tendres !
NIGOLETTE.
Nous embrasser! Pouah!
MONTRAGHET.
Je ne vais pas jusque-là ! Tout ce que je vous demande, c'est de vous parler comme si vous vous aimiez!... Essayez pour voir,
ANDRÉ, se forçant pour être aimable.
Colette, ma chérie... le bleu te va très mal!
NIGOLETTE, même jeu.
André, mon amour ! Tu perds tes cheveux.
MONTRAGHET.
Eh bien! Ça marche comme sur des roulettes! On sent encore un peu l'effort.
ANDRÉ
Je te crois !
MONTRAGHET.
Ça se fera I le plus difficile est de commencer!