‹ Chamfort, étude sur sa vie, son caractère et ses écritsChapitre 135 sur 201 · Ed. AUGns, V · texte numérisé non relu

Ed. AUGns, V

3. Œuvres choisies de Chasifokt publiées par de Lescuhe, I, 31.

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qu'il écrivit vers ce temps, pour leur avoir prêté, en les isolant, une portée trop générale, ont prétendu qu'à son gré l'Iiomme ne pouvait rien attendre des autres ni de lui-même, que l'action était un leurre elle progrès une illusion. Il s'en faut bien pourtant que ce soit là son dernier mot. Si amère, son œuvre est d'une amertume tonique. Certes, dans ces notes qu'il prenait au jour le jour et qui, durant plus de dix années, traduisirent ses impressions, les contradictions ne sauraient manquer ; cependant un accent domine, celuid'une âme virile, pour qui la lutte est un besoin, l'effort un devoir, qui veut être ouvrière de sa propre destinée et avoir sa part dans l'œuvre commune de l'humanité.

En quittant sa retraite, il s'est tracé un plan de conduite ; nous voudrions tenter de le restituer pour mettre en lumière ce que fut au vrai sa sagesse pratique.

C'est en eflet uniquement de sagesse pratique qu'il voulut avoir afî'aire. Les théories morales paraissent lui inspirer la même défiance que les systèmes métaphysiques. « La philosophie, remarque-t-il, a beaucoup de drogues, très peu de bons remèdes et presque point de spécifiques '. )> Or c'est un spécifique qu'il cherche, c'est-à-dire un moJus virendi qui convienne à sa nature propre et au milieu déterminé dans lequel il se trouvait placé.

Homme d'esprit, il devait répugner avant tout à devenir dupe d'un monde qu'il jugeait ridicule ;

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