Ed.Avoms, H
36 CHAJIFORT
Louis de notre étal ». Et, comme il aimait l'esprit, sur ce mot, il devint d'elle amoureux fou. Par surcroît, il était motromane ; ou plutôt, suivant la tradition de Richelieu, il composait des livrets de ballet, des divertissements pour les spectacles de la cour, et les faisait versifier par des auteurs à ses gages. C'est ainsi que Cbamfort, qu'il avait dû rencontrer à l'Opéra, lui servit de teinturier litléniire, comme dit Papillon de la Ferté. pour les deux ballets héroïques de Palmire, et Zénis et Almasie, joués devant le roi en 1765 '. Chamfort. comme il convient, disait très haut qu'il n'était pour rien dans ces ouvrages.» M. de Chamfort, écrit Grimm, s'en défend comme d'un meurtre : il prétend qu'on a assez de ses propres péchés sans se charger des péchés d'autrui '. " Mais il avait beau dire ; on parlait beaucoup de lui à cette heure ; on annonçait qu'il préparait une tragédie de Polyxène et un Pharamond ; ses relations avec le duc de La Vallière engageaient tout le monde à croire qu'il avait pour lui tenu la plume : et la maligne Sophie Arnould ne l'appelait plus que le ■ manteau ducal ». Ces rapides succès dans le monde et dans les lettres grisèrent Chamfort. Assez peu disposé à la modestie, il ne se garda pas de l'iufatuation. Plus tard il l'a confessé lui-même : « M*'* avait montré beaucoup d'insolence et de vanité après une espèce de succès au tbéàlre (c'était son premier ouvrage). In de ses amis lui dit : Mon ami. tu sèmes les ron-
1. Tournai de Papillon de la Ferté (à la date du 30 juin et du 31 juillet 1:60).